Le prix du risque

Assurance et risques environnementaux : Une analyse comparative du rôle de l’assurance dans la gestion des risques liés à l’environnement
L’assurance en matière d’environnement est une activité à hauts risques. Non seulement car on ignore si un client polluera et sous quelle forme, mais aussi car elle expose les assureurs à des coûts de plus en plus élevés de dépollution en cas de déversement d’hydrocarbures, de détoxification en cas de fuite de produits chimiques et de décontamination en cas de pollution des eaux souterraines. Les compagnies d’assurance peuvent-elles se permettre de continuer à couvrir ces risques ? Oui, si l’on en croit l’ouvrage Assurance et risques environnementaux, mais à condition qu’il y ait une coordination entre le secteur de l’assurance et les responsables de l’action gouvernementale.
Beaucoup d’entreprises préfèrent éviter d’avoir à se payer une assurance pollution, ce qui n’est guère surprenant. Comme le montre l’ouvrage Assurance et risques environnementaux, s’il est difficile de vendre des polices de responsabilité civile environnementale, c’est notamment parce que bien trop souvent le risque de pollution graduelle est à la fois peu probable et lourd de conséquences. En règle générale, on estime que ce genre de risque est facilement sous-estimé, voire ignoré. Ceux qui proposent des assurances pollution peuvent être confrontés à un cercle vicieux, car lorsqu’un client potentiel est jugé assurable, il peut y voir la preuve que son entreprise présente un faible risque et renoncer finalement à une police perçue dès lors comme une dépense inutile.À l’inverse, lorsque la souscription d’une assurance pollution fait partie des conditions d’exercice d’une activité, les assureurs peuvent refuser d’assurer certaines entreprises dont ils jugent qu’elles présentent un risque trop élevé et s’arroger ainsi de fait le rôle de « policiers de l’environnement ». Une telle situation n’est pas forcément négative, dans la mesure où elle va dans le sens du principe pollueur-payeur prôné par l’OCDE. En outre, ce livre met en évidence d’autres instruments qui pourraient couvrir financièrement les risques d’atteintes à l’environnement : garantie bancaire, dépôt préalable sur un compte environnemental, ou autre.Les régimes de responsabilité environnementale des pays de l’OCDE visent à la fois à faire en sorte que des assurances idoines soient disponibles et qu’il y ait une indemnisation pour les dégâts causés par la pollution. L’ouvrage Assurance et risques environnementaux signale que jusqu’à une période récente, beaucoup de législations privilégiaient la simple négligence de la part du pollueur. Les nouvelles législations environnementales posent le principe de responsabilité absolue. Les victimes peuvent ainsi être indemnisées rapidement sans avoir à engager des procédures judiciaires longues et coûteuses.


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