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Extorsion, corruption, pots de vin, favoritisme – on parle beaucoup de la nécessité de lutter contre la corruption, mais que fait-on concrètement ?
Le Rapport annuel sur les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales : Édition 2003 : Renforcer le rôle des entreprises dans la lutte contre la corruption apporte quelques réponses.Le rapport 2003 sur les célèbres Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales publié en novembre fait le point sur les progrès accomplis dans la promotion de comportements commerciaux convenables chez les grandes entreprises. Même si l’observation de ces principes, publiés en 2000, est facultative pour les sociétés, les gouvernements qui y adhèrent se sont engagés à les promouvoir. Ce rapport annuel, le troisième de la série, décrit ce que les gouvernements ont fait pour honorer cet engagement. Il donne notamment un rapport d’étape précieux sur la participation des entreprises à la lutte contre la corruption.Une façon de mesurer cette participation consiste à étudier ce que disent les entreprises à leurs salariés et au grand public. Comment les grandes entreprises encouragent-elles l’intégrité sur le lieu de travail et en dehors ? Le rapport étudie des déclarations publiques sur la corruption publiées sur les sites web de 100 grandes entreprises multinationales, en soulignant les différences entre les secteurs, les différents types d’engagements anticorruption, les outils de gestion utilisés, et en indiquant si les sociétés rendent publiquement compte de la façon dont elles honorent ou mettent en œuvre ces engagements.L’inconvénient de cette approche est naturellement que les informations communiquées au public ne reflètent pas forcément les pratiques sur le terrain ; néanmoins, le rapport annuel indique que les documents diffusés publiquement donnent une idée de l’importance qu’une société accorde à la question. En outre, la difficulté de formuler des engagements anti-corruption réside principalement dans l’identification et la description des opérations à proscrire. Même si la connotation des termes « pots-de-vin et corruption » recouvre l’idée générale d’un transfert de ressources contraire à l’éthique, le problème de l’élaboration d’une définition opérante de la corruption entraîne les sociétés et leurs salariés dans des zones grises dans lesquelles les frontières entre le bien et le mal ne sont pas tracées de façon nette.Le rapport constate que, sur les 43 entreprises qui publient effectivement des documents anti-corruption sur leur site web, 32 % interdisent d’offrir et/ou de donner des pots-de-vin, tandis que 33 % interdisent les tentatives de sollicitation et/ou de perception de pots-de-vin. En outre, les déclarations publiques varient considérablement dans leur vocabulaire et leur formulation. Par exemple, les mots utilisés pour décrire les ressources susceptibles d’être transférées au cours d’une transaction entachée de corruption comprennent des termes comme don, indemnité, service, remise, pots de vin ou incitation, tandis que pour décrire les versements ou avantages acceptables, on utilise souvent des mots tels que convenables, légitimes, raisonnables, à caractère commercial ou de courtoisie. Prenons l’exemple des « paiements de facilitation ». S’agit-il d’une forme de corruption ou d’une façon acceptable – et parfois la seule – d’obtenir que quelque chose soit fait ? Dix des 100 sociétés étudiées évoquent les paiements de facilitation, mais elles ne sont pas d’accord sur la politique à suivre. Certaines entreprises les interdisent totalement, tandis que d’autres prévoient des mécanismes de transparence imposant l’autorisation et l’enregistrement en bonne due forme de ces paiements.Plus d’un quart des entreprises sous revue évoquent les problèmes liés à des coutumes locales et ce que l’on pourrait qualifier de « corruption endémique » ; nombreuses sont celles qui formulent des orientations relatives à l’acceptation de cadeaux ou d’invitations. L’importance accordée à l’image donne une idée de l’influence que l’opinion publique et les pressions sociales exercent sur les critères d’évaluation de ce qui constitue pour les sociétés des conduites acceptables. Comme l’indique le site web d’une compagnie pétrolière, « Les coutumes et les traditions locales varient d’un endroit à l’autre, et il convient d’en tenir compte. Mais il n’existe aucune culture dans laquelle on critique l’honnêteté. »Les Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales sont des recommandations adressées par les gouvernements aux multinationales opérant dans ou à partir de 38 pays adhérents. Ces principes sont affichés en ligne : www.oecd.org/corporate.© L'Observateur de l'OCDE, N° 240/241, Décembre 2003


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