Embellie de l'économie mondiale

Les perspectives de croissance dans le monde et dans la zone OCDE se sont nettement améliorées ces derniers mois. Dans la zone OCDE, le ralentissement a pris fin et l'on s'attend maintenant à ce que la croissance se rapproche d’une moyenne de 3 % pour 1999 et 2000, avant de se stabiliser aux alentours de 2,6 % en 2001. Les projections y sont plus optimistes qu'en mai dernier, principalement en raison du dynamisme surprenant de l'économie américaine, d’une reprise plus forte de la croissance au Japon et en Corée et de perspectives un peu plus enthousiastes pour l'Union européenne. L'inflation devrait légèrement augmenter tout en restant, sauf dans les pays à forte inflation, inférieure à 2 % dans les deux années à venir grâce à la rigueur des politiques monétaires. Les restrictions budgétaires devraient également se poursuivre. À cet égard, les propositions de réductions d'impôts aux États-Unis semblent prématurées et la situation budgétaire du Japon est préoccupante. En dehors de la zone OCDE, l'activité économique semble se redresser plus rapidement et plus vigoureusement que prévu dans la plupart des économies dynamiques d'Asie, tandis qu'en Russie et en Amérique du Sud, la situation reste fragile. Pour l'ensemble du monde, on envisage une augmentation de la production de 3 % en 1999, puis une accélération en 2000 et 2001 jusqu'à 3,5 % environ.
Ces perspectives optimistes doivent être relativisées car certains risques persistent. Une appréciation prononcée du yen pourrait faire dérailler la reprise japonaise et mettre en danger les autres économies de la région. Par ailleurs, les écarts de croissance qu'ont enregistrés les trois grandes régions de l'OCDE ont entraîné de graves déséquilibres de balance courante et en particulier un fort déficit aux États-Unis. L'hypothèse d'une surévaluation des cours à Wall Street et d'une remontée soudaine de l'inflation, susceptible de modifier radicalement le comportement des investisseurs, est également préoccupante. L’atterrissage de l’économie américaine pourrait être brutal, ce qui serait lourd de conséquences.En Corée et dans les autres économies de marché émergentes d'Asie, où des progrès notables ont été enregistrés, la restructuration du secteur financier et des entreprises est loin d'être achevée. On peut craindre qu'avec le redressement de l'activité, les gouvernements ne retardent le processus de réformes. Si les perspectives régionales venaient à s’assombrir, le mouvement de retour des capitaux que connaissaient ces pays depuis peu s’en trouverait fragilisé.En Amérique du Sud, la situation économique reste précaire et la reprise, dans la plupart des pays de la région, est particulièrement sensible au relèvement des taux d'intérêt dans les pays de l'OCDE.


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