La reprise est sur les rails

Mise à jour des prévisions économiques*

Cliquer pour agrandir

La reprise prudente annoncée par l’OCDE en avril dernier se poursuit comme prévu, avec une ou deux bonnes surprises, mais l’augmentation des déficits publics est inquiétante.

La reprise aux États-Unis se poursuit grosso modo comme prévu par les Perspectives économiques de l’OCDE publiées en avril dernier. Au Japon, la croissance est plus soutenue. En zone euro, elle ne s’est pas encore matérialisée. La reprise pourrait s’accélérer dans les derniers mois de 2003, grâce à des mesures de stimulation, notamment aux États-Unis. Toutefois, la vigueur de la reprise ne sera pas la même dans toutes les grandes régions de l’OCDE, la zone euro se trouvant la moins bien placée. Malgré le redressement attendu de la production, il faudra quelque temps pour que le chômage recule et que la production atteigne son potentiel. Des pressions à la baisse devraient donc continuer de s’exercer sur l’inflation pendant quelque temps, mais le risque de déflation paraît aujourd’hui très éloigné.En supposant que les cours du pétrole ne montent pas et que les taux de change restent à peu près inchangés, la reprise mondiale continuera manifestement d’être tirée principalement par les États-Unis, où d’importantes mesures de stimulation monétaire et budgétaire se font sentir. Mais le Japon a aussi contribué à soutenir, plutôt qu’à freiner, l’activité mondiale. La performance dans la zone euro a été décevante jusqu’ici en 2003.D’après les modèles prévisionnels de l’OCDE, cette configuration de la croissance se maintiendra vraisemblablement dans la deuxième moitié de 2003. Ces perspectives sont fondées sur les récents indicateurs de la confiance des entreprises et sur les enquêtes auprès des responsables d’achats ainsi que sur les données de haute fréquence concernant la production, les ventes et le logement.Aux États-Unis, la plupart de ces indicateurs sont à la hausse et les enquêtes permettent de penser que le secteur manufacturier comme le secteur des services seront dynamiques. La confiance des consommateurs s’améliorant depuis la guerre en Irak, les ventes au détail et les commandes de biens durables laissent augurer un renforcement de la demande finale. En outre, une reconstitution des stocks est probable après un déstockage récent.Au Japon, pour lequel nous n’avons pas encore de modèle d’indicateurs, la confiance des entreprises s’est récemment améliorée grâce au redressement des bénéfices et au progrès dans la restructuration des sociétés. À cela s’ajoutent de meilleures perspectives de croissance aux États-Unis et en Asie et une réduction de l’incertitude mondiale, alors que la confiance des ménages se raffermit. Dans la zone euro, en revanche, seuls les premiers signes d’un redémarrage de l’activité sont perceptibles. L’amélioration de la confiance des entreprises, lorsqu’elle est présente, tient essentiellement aux anticipations de leur propre production, alors que l’appréciation de l’environnement immédiat reste peu optimiste face à une contraction des commandes et à des stocks jugés trop lourds.Le Département des affaires économiques de l’OCDE n’a pas réalisé une nouvelle série complète de prévisions. Cependant, en rapprochant les données sur la croissance du premier semestre de 2003 et les estimations de la croissance probable du PIB aux troisième et quatrième trimestres, il semblerait que la croissance du PIB réel aux États-Unis pourrait s’approcher de 2,5 % pour l’ensemble de 2003. En revanche, les chiffres font ressortir une croissance annuelle dans la zone euro de seulement 0,5 % environ. Pour le Japon, si la croissance au deuxième semestre de 2003 est identique à celle du premier, la croissance en année pleine devrait dépasser les 2 %.Les perspectives d’inflation à court terme divergent aussi dans la zone de l’OCDE. Aux États-Unis, l’inflation sous-jacente (qui exclut les denrées alimentaires et l’énergie) continuera à diminuer progressivement car, même avec un redressement rapide de la croissance, il faudra quelque temps pour résorber la sous-utilisation actuelle des ressources dans l’économie. Compte tenu de la dynamique de la reprise, il semble que le risque de déflation soit désormais très éloigné. Au Japon, l’inflation sous-jacente est négative depuis cinq ans, mais elle devrait se rapprocher progressivement de zéro, sous l’effet du renforcement de l’activité et d’une politique monétaire plus active. Du fait d’un creusement de l’écart de production et d’une aggravation du chômage, l’inflation sous-jacente est maintenant sensiblement inférieure à 2 % en zone euro. Mais le processus de désinflation pourrait se ralentir. Jusqu’ici en 2003, la hausse des prix à la consommation a continué de fluctuer autour du seuil de 2 % de la Banque centrale européenne, en partie en raison de la hausse récente des prix de l’énergie et des produits alimentaires.La détente de la politique monétaire devrait être maintenue dans l’ensemble de la zone OCDE jusqu’à ce que la reprise soit fermement établie. Aux États-Unis, avec une inflation sous-jacente encore en baisse, l’orientation expansionniste de la politique monétaire peut être conservée. Au Japon, la politique monétaire non conventionnelle commence à porter ses fruits et devrait être poursuivie avec vigueur tant que la déflation ne sera pas éliminée. Dans la zone euro, un assouplissement monétaire plus marqué sera toutefois requis si les signes clairs d’une reprise ne se matérialisent pas dans un avenir proche.Par ailleurs, un effort déterminé doit être fait pour endiguer le dérapage actuel des finances publiques. Beaucoup de grandes économies de l’OCDE voient aujourd’hui leur déficit public, déjà important, se creuser de plus en plus, alors que les stratégies à moyen terme qu’exige une telle situation sont soit inexistantes soit soumises à rude épreuve. Cette tendance inquiétante appelle une action correctrice vigoureuse dès que la reprise aura acquis un certain rythme.* Cette mise à jour est fondée sur un point de presse tenu par l’Économiste en chef de l’OCDE, M. Jean-Philippe Cotis, à Paris le 3 septembre 2003 et pourrait faire l’objet de révisions en fonction de nouveaux éléments intervenus depuis cette date. Le prochain numéro des Perspectives économiques de l’OCDE (N° 74) sera publié en décembre, avec une version préliminaire en ligne fin novembre.© L’Observateur de l’OCDE, N°239, Septembre 2003


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016