Agriculture: quelques faits essentiels

Direction de l'alimentation, de l'agriculture et des pêcheries
Les récents événements de Seattle ont montré que le dossier agricole sera très présent dans n’importe quel nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales. Quoi qu’il en soit, il avait été formellement stipulé dans les accords du Cycle de l’Uruguay que les négociations sur l’agriculture doivent débuter le 1er janvier 2000. Le soutien et la protection dont bénéficie l’agriculture donnent lieu à des plaintes suivies de répliques, même à l’échelon politique le plus élevé, qui défrayent souvent la chronique, mais leurs auteurs s’efforcent rarement de fournir des preuves à l’appui de leurs allégations.
Il ne manque pourtant pas d’estimations faisant autorité du niveau du soutien que reçoivent les producteurs agricoles dans les pays de l’OCDE. La plus fréquemment citée est l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) : il s’agit de la somme de toutes les formes d’aide apportées aux producteurs au travers des prix majorés par les consommateurs et du soutien budgétaire versé par les contribuables. Les niveaux du soutien diffèrent d’un pays à l’autre, et d’un produit à l’autre. Ces disparités se sont accentuées ces dernières années du fait que la réforme des politiques agricoles a conduit à diminuer le soutien dans certains secteurs de l’agriculture, notamment celui des céréales, tandis que d’autres secteurs n’ont pratiquement pas été touchés. La persistance de niveaux de soutien très élevés pour le lait, le sucre et le riz est particulièrement frappante.A qui profite le soutien à l’agriculture ?La politique agricole, dont la structure est très élaborée, a été mise en place essentiellement dans le but d’assurer aux exploitants agricoles un niveau de revenu convenable, bien qu’il existe de multiples autres considérations liées à la production, à l’environnement, à l’emploi, au développement rural, etc. Du fait que les aides reposent en grande part sur la production, elles profitent pour l’essentiel aux fournisseurs d’intrants ou aux propriétaires des terres qui n’en sont pas nécessairement les exploitants. Dans la plupart des pays, les exploitations les plus petites fournissent une faible part de la production et perçoivent donc une part tout aussi faible du soutien.Les pouvoirs publics protègent les agriculteurs contre la faiblesse des prix des produits par le biais de l’imposition de droits de douane, l’octroi de subventions à l’exportation, du soutien direct aux revenus et des subventions aux intrants. Les estimations de l’OCDE pour 1998 révèlent que le revenu brut des exploitants a dépassé de 59 % le chiffre auquel il se serait situé sans soutien agricole.Combien cela coûte-t-il aux consommateurs et aux contribuables ? Dans la plupart des pays, ce sont les consommateurs qui financent la plus grosse partie des aides à l’agriculture car le soutien des prix du marché reste la mesure la plus courante. Cette mesure entraîne une hausse du coût des produits alimentaires. Selon les estimations de l’OCDE, les dépenses consacrées par les consommateurs aux produits agricoles locaux ont été supérieures de 34 % au montant qu’elles auraient atteint si les achats avaient été effectués aux prix du marché mondial. Dans la zone OCDE, le total du soutien des consommateurs et des contribuables (EST) à l’agriculture est estimé à 362 milliards de dollars des États-Unis pour 1998. Les niveaux de soutien sont très variables selon les pays : le coût total à la charge des consommateurs et des contribuables varie de quelque 100 dollars à plus de 3 500 dollars pour une famille de quatre personnes en moyenne.Visitez le site du Département de l'Agriculture: http://www.oecd.org/agr/© L’Observateur de l’OCDE, Nº219, Décembre 1999


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