Télécommunications : Après la bulle

Patrick Lenain, Département des affaires économiques, OCDE, et Sam Paltridge, Direction de la science, de la technologie et de l'industrie, OCDE
Département des affaires économiques

Cliquez pour agrandir

Les opérateurs de télécommunications ont traversé une dure période. Le secteur peut-il rebondir et revenir à l’âge d’or des années 1990 ? C’est fort peu probable, mais avec les restructurations en cours et les innovations attendues, les perspectives ne sont pas trop sombres, à condition que les gouvernements continuent d’agir pour des marchés ouverts.

«Tous les signaux sont au vert : rien ne peut arrêter les entreprises de télécommunications. » Ainsi parlait en 1997 William Moroney, président d’un groupement professionnel américain, Multimedia Telecommunications Association. À l’en croire, on était à l’orée d’une ère nouvelle de croissance annuelle à deux chiffres du trafic de télécommunications grâce à la révolution Internet, au boom du commerce électronique et aux nouvelles technologies sans fil. Avec de telles promesses, tout portait à croire que la progression des chiffres d’affaires et des bénéfices serait fulgurante ; les valorisations boursières ont entamé leur spirale ascendante et la bulle des télécommunications s’est envolée dans l’euphorie générale.Nul n’ignore maintenant que cette bulle a fini par éclater, causant le désespoir de quantité d’actionnaires et d’investisseurs. Aujourd’hui, beaucoup d’opérateurs, parmi lesquels France Telecom, MCI, Deutsche Telekom, KPN et BT, ont les plus grandes difficultés à restaurer leur valeur actionnariale, à redresser leurs bilans et à regagner la confiance des marchés – quand ils n’ont pas tout simplement disparu, comme PSI Net et Ebone.Toutefois, les espoirs d’une croissance ininterrompue des revenus des télécommunications n’étaient pas totalement infondés. Après une vingtaine d’années de bouleversements de plus en plus spectaculaires, le paysage des télécoms se trouvait radicalement transformé. Le principal changement résultait d’un tournant fondamental pris par les politiques réglementaires : l’ouverture à la concurrence des marchés de services de télécommunications avait contraint les monopoles historiques à faire de la place à de nouveaux entrants. C’est ainsi que l’on a vu apparaître de nouveaux opérateurs, tels MCI (anciennement Worldcom), Level 3, SFR, Vodafone, Japon Telecom, Hanaro, alors que des acteurs déjà connus dans leur pays faisaient leur entrée sur de nouveaux marchés. Dans la plupart des pays de l’OCDE, les consommateurs pouvaient enfin choisir leur opérateur – surtout pour les communications longue distance et les services mobiles, puis, de plus en plus pour la téléphonie locale. En outre, les opérateurs publics étaient privatisés et plusieurs autres mesures étaient prises pour favoriser la concurrence dans le secteur.Mais la libéralisation, si l’on ne saurait nier son importance, n’est pas tout. Pour qu’un marché puisse s’étendre, d’autres facteurs sont nécessaires : des produits, des producteurs et des consommateurs, d’abord ; les marchés qui s’appuient sur la technologie ont aussi besoin d’innovation et d’investisseurs prêts à financer des projets qui peuvent être très lourds. Tous ces facteurs étaient au rendez-vous pour les télécommunications.Les innovations prêtes à arriver sur le marché ne manquaient pas. Par exemple les câbles en fibre optique et les innovations logicielles en matière de transmission permettaient d’accroître la capacité d’acheminement des réseaux téléphoniques. La téléphonie cellulaire devenait financièrement plus accessible et plus fiable. Internet cessait de n’être qu’un réseau pour universitaires pour devenir une infrastructure mondiale, à la fois rapide et bon marché et permettant d’accéder de manière transparente aux sources d’information les plus diverses. Les investisseurs étaient légion pour parier sur l’avenir de ce secteur. Les consommateurs, quant à eux, ont réservé un accueil enthousiaste à ces nouvelles possibilités – en particulier à la téléphonie mobile et à Internet – qui répondaient bien à leur désir de communication et de mobilité.Pourtant, après quelques années d’euphorie, le secteur est retombé lourdement sur terre. Que s’est-il passé ? Les anticipations de croissance à deux chiffres ne se sont pas concrétisées. Les opérateurs, qui avaient investi en tablant sur une flambée de la demande de trafic, se sont retrouvés avec des capacités largement sous-utilisées. Alors qu’entre 1996 et 2001, le chiffre d’affaires des télécommunications dans la zone OCDE avait progressé à un rythme annuel moyen de 7,2 %, il ne gagnait plus en 2001 que 1,6 %, plombé par la morosité de l’économie. Selon des indications préliminaires concernant les États-Unis et la France, il semblerait que les recettes ont stagné en 2002.Paradoxalement, l’une des aiguilles qui a percé la bulle, est le rythme même de l’innovation. Alors qu’il devenait possible de communiquer mieux et moins cher – grâce à des avancées comme la quasi généralisation de la couverture des réseaux mobiles de deuxième génération – certains investissements importants et à long terme comme les systèmes à satellites mondiaux de téléphonie mobile, se sont retrouvés en fort mauvaise posture. D’autres innovations, comme le DSL, ne sont pas arrivées à temps au niveau de l’accès local pour acheminer le surcroît de capacité amené par la fibre optique au niveau des réseaux de transport.Les retombées de l’éclatement de la bulle sur l’économie dans son ensemble furent somme toute limitées, ce qui traduit le poids relativement faible des télécommunications dans l’économie puisqu’elles ne représentaient après tout qu’environ 3,3 % du PIB de l’ensemble de l'OCDE. Cela étant, quand un secteur dont le chiffre d’affaires annuel avoisine US$900 milliards est en difficulté, les conséquences peuvent en être graves. En l’espèce, les défauts de paiement se multiplièrent chez les opérateurs de télécommunications. En 2002, dans le monde entier, les défauts de paiement sur les emprunts obligataires se montèrent à US$163 milliards – soit la vague la plus grave depuis les années 1930 – dont 56,4 % dans les télécommunications. D’après Bankruptcy.com, parmi les 15 plus grosses sociétés américaines cotées qui ont fait faillite en 2002, pas moins de huit étaient des opérateurs de télécommunications. Les incidences économiques de cette crise se sont propagées à d’autres domaines : le ralentissement de la croissance a frappé de plein fouet en amont les équipementiers et les entreprises de technologie, et avec la réduction des dépenses de R&D, l’innovation va probablement marquer le pas.Bref, les raisons du gonflement puis de l’éclatement de la bulle tiennent surtout à l’excès d’optimisme, à l’exubérance des marchés d’actions, au surinvestissement dans certaines technologies, à des investissements hors de leur métier de base par certaines entreprises, et à un défaut de gouvernance.Alors de quoi sera fait l’avenir du secteur des télécommunications : poursuite du déclin ou retour à la croissance ? D’après les indications il semble que ce sera la croissance, mais à un rythme beaucoup plus mesuré que précédemment. Il est encore trop tôt pour conclure que le secteur des télécoms est en train de devenir un secteur comme les autres, qui arrive peu à peu à maturité comme l’ont fait jadis l’électricité ou le chemin de fer. En matière de télécommunications, un marché peut en cacher un autre, et en vérité, les télécommunications elles-mêmes n’ont jamais cessé de croître, en dépit de l’éclatement de la bulle. La consommation de télécoms a progressé plus vite que d’autres postes de dépenses comme le loisir, l’éducation ou même la santé (voir Banque de données). Les télécommunications continueront leur expansion car le climat reste favorable à l’innovation et au changement, et la demande de certains services demeure vivace. S’il est peu probable que l’explosion de l’activité des années 1990 se reproduise, les perspectives ne sont pas sombres.Pour l’heure, les opérateurs vont continuer sur leur lancée, équiper leurs réseaux pour Internet haut débit (large bande) et rechercher de nouveaux clients – conscients que ceux-ci voudront toujours communiquer moins cher si les nouvelles technologies le permettent. Par exemple, l’accès sans fil aux réseaux fixes commence à percer, avec des innovations comme la WiFI (wireless fidelity), dont l’impact sur l’accès à des services Internet rapides via des réseaux locaux pourrait bénéficier aux particuliers, aux entreprises (en particulier les PME) et aux voyageurs. La WiFi connaît quelques difficultés de jeunesse qui devront être surmontées pour permettre des applications comme le commerce électronique, par exemple. Reste que c’est dans ces deux domaines, les communications mobiles et Internet, qu’un gisement de développement semble exister ; c’est aussi dans ces domaines que l’industrie des télécommunications devra relever des défis particulièrement difficiles.Tous branchés sans filLe mobile est presque omniprésent dans les pays de l’OCDE : on en viendrait presque à oublier combien ce phénomène est récent. Pourtant, environ 60 % des utilisateurs de mobiles en 2001 n’étaient équipés que depuis 1999. En 2001, la zone OCDE comptait 512 millions d’abonnés, soit la moitié de sa population, et 65 % des utilisateurs de mobiles dans le monde.En 2001, les revenus des services de téléphonie mobile atteignaient US$264,8 milliards, soit dix fois plus que dix ans plus tôt. On peut parler de révolution dans l’accès au sans fil. Ce secteur est apparu comme un eldorado pour les opérateurs : en 2001, le tiers du chiffre d’affaires des télécoms provenait des services mobiles.Malgré cet essor de la téléphonie mobile, son impact sur la croissance globale des télécoms a été décevant par rapport aux attentes de beaucoup d’investisseurs. Cela s’explique par plusieurs raisons. D’abord, comme les prix ont baissé, les nouveaux utilisateurs de mobiles, qui de surcroît utilisent souvent des cartes prépayées, ont généré un revenu moyen plus faible que les utilisateurs plus anciens. Le rythme accéléré de l’innovation dans le secteur des télécommunications s’est aussi traduit par le remplacement de certains anciens services par des nouveaux. Ainsi, le courrier électronique se substitue souvent à la télécopie et une partie des appels passés depuis des mobiles ne font que remplacer des appels qui auraient naguère emprunté le réseau fixe. De plus, le rythme effréné de l’innovation et la flambée de certains titres ont poussé certains investisseurs financiers à surestimer l’engouement suscité et l’utilisation de certaines technologies, comme la fibre optique. Ils ont aussi sous-estimé certains éléments fondamentaux du marché, comme le temps qu’il faudrait aux nouveaux fournisseurs de services pour établir une présence concurrentielle sur les marchés locaux. Poser du câble est une chose, gagner des clients en est une autre. En revanche, certains analystes n’avaient pas prévu que de nouveaux entrants pourraient aussi facilement s’implanter sur le marché du transport avec leurs propres infrastructures, et générer de la concurrence, érodant des tarifs jusqu’alors élevés car monopolistiques.Peu d’épisodes illustrent aussi bien les embûches qui guettent l’industrie des télécommunications que celui de l’attribution aux enchères des fréquences UMTS (Universal Mobile Telephone Service). Ces licences de téléphonie mobile de troisième génération (3G) représentaient la promesse d’un pas de géant vers l’exploitation de l’immense potentiel des communications sans fil. Au Royaume-Uni, le processus d’enchères rapporta US$33 milliards. La même chose s’est passée en Allemagne, pour un montant de près de US$47 milliards. Mais immédiatement après, l’atmosphère du marché se refroidit et les prix commencèrent à retomber. En Italie, les licences furent adjugées pour un total de US$11 milliards en 2000, et aux Pays-Bas elles furent enlevées pour US$2,5 milliards. L’Union européenne avait stipulé fin 1998 que les pays membres devaient allouer leurs licences UMTS avant la fin 2001. Mais pendant la période des enchères, en même temps que faiblissait l’enthousiasme suscité par cette technologie, des restrictions financières ont limité sérieusement le pouvoir d’achat des opérateurs, surtout après l’éclatement de la bulle. L’UMTS a probablement un avenir dans la transmission à large bande, et il est déjà utilisé en télémédecine. Mais la course aux licences a laissé beaucoup d’opérateurs pantelants et il leur faut procéder à des ajustements difficiles, sans parler de la concurrence de technologies d’accès moins chères qui font leur apparition.Des mesures de régulation ont été suggérées pour faciliter la viabilité financière de l’UMTS et accélérer le lancement des services. Une possibilité serait d’autoriser les opérateurs à partager des infrastructures, plutôt que les équipements de commutation ou de transport. Autre solution envisagée : autoriser les opérateurs à revendre leurs licences sur un marché secondaire.Au-delà de la 3G, le marché du mobile poursuit sa croissance et il se peut très bien que de nouvelles innovations créent la surprise comme l’a fait le SMS (short messaging service). Le problème est surtout que personne ne peut prédire quelle sera la prochaine innovation ; aussi, les investisseurs sont prudents – on les comprend – et préfèrent souvent se concentrer sur le développement des marchés existants, notamment en trouvant de nouveaux abonnés au mobile, ce qui est loin d’être évident.L’accès à Internet par liaison mobile est un domaine particulièrement prometteur, et on peut s’attendre à voir arriver des services de meilleure qualité et moins chers dans les années à venir. Jusqu’à une date récente, les connexions à Internet par mobiles cellulaires étaient très lentes par rapport aux connexions classiques sur ligne fixe, ce qui explique le nombre relativement faible d’abonnés à Internet mobile dans l’ensemble de la zone OCDE, à l’exception notable du Japon, qui dès 2001 comptait 40 millions d’abonnés. Mais pour bien comprendre les tendances actuelles en matière d’Internet, les signaux les plus clairs concernent les réseaux fixes. En 2002, le nombre d’abonnements à Internet, toutes plates-formes confondues, était supérieur à 250 millions, ce qui représente peut-être plus d’un demi milliard d’internautes. Pendant la seule année 2001, le nombre d’abonnés a progressé de 22 %, en partie grâce à l’émergence des comptes Internet « gratuits » - en fait payants par l’intermédiaire des factures de téléphone. Ce modèle connaît actuellement une certaine désaffection car les utilisateurs attendent maintenant des services plus rapides, de meilleure qualité et plus fiables, qui sont plus coûteux à fournir.L’essentiel du potentiel de développement d’Internet réside probablement dans l’accès à la technologie du haut débit (bande large). De plus en plus, les internautes qui accèdent au réseau par modem à bas débit sont frustrés de la lenteur des téléchargements, des coupures de connexion et surtout en raison de la facturation à l’utilisation : pour eux la tentation du haut débit se fait de plus en plus forte. Le haut débit coûte plus cher que le bas débit dans la plupart des pays, mais il offre des connexions plus rapides et permet les transmissions de plus gros volumes de données, notamment de vidéo.La principale qualité du haut débit est qu’il pourrait enfin concrétiser les promesses qu’Internet n’a pas pu tenir jusqu’à maintenant avec les technologies plus anciennes. En Australie, des médecins l’utilisent déjà en télémédecine, notamment pour transmettre des radiographies. Les réseaux haut débit fixes et leurs extensions sans fil représentent un véritable espoir pour l’éducation, la recherche, le commerce électronique et l’organisation du travail (avec notamment le télétravail). Les petites entreprises devraient particulièrement apprécier d’avoir des liaisons permanentes à Internet au meilleur prix.Dans de nombreux pays de l’OCDE, le développement des réseaux d’accès à haut débit s’accélère. C’est ainsi qu’en 2002, les pays de l’OCDE ont gagné plus de 20 millions d’abonnés haut débit, portant le total à 55 millions à la fin 2002.Dans la seule année 2002, le nombre d’abonnés au DSL, qui permet des transmissions de haut débit et de volumes importants sur des fils de cuivre classiques déjà en place pour la téléphonie fixe, a presque doublé, passant de 16 à 30 millions. Le nombre d’abonnés au DSL a dépassé le nombre d’abonnés à Internet par câble fin 2001. On comptait 23 millions d’abonnés au câble fin 2002, contre 15 millions fin 2001.Ces chiffres sont à comparer à ceux d’autres technologies d’accès à haut débit dites « alternatives », comme les liaisons directes bidirectionnelles par satellite, la desserte locale en fibre optique, les réseaux locaux ethernet (LAN) et les réseaux fixes sans fil. Certaines de ces techniques permettent les communications les plus rapides existantes, certaines sont plus chères que les plateformes qui dominent le marché, mais d’autres le sont moins. Au Japon, par exemple, la desserte résidentielle en fibre optique permet des débits allant jusqu’à 100 mégabits par seconde, ce qui est plusieurs fois le débit habituel d’une liaison par DSL ou par câble dans les autres pays de l'OCDE. Mais fin 2002, on comptait juste 3 millions d’abonnés par ces autres techniques. Ces plateformes continueront de s’adresser à des besoins particuliers et certaines intéresseront les entreprises et les usagers résidentiels géographiquement isolés, hors de portée des réseaux large bande terrestres. En revanche, avec des systèmes bon marché comme le WiFi, il se pourrait que le DSL et le câble ne restent pas les premiers moteurs de croissance de la large bande.Rôle des gouvernementsClairement, le haut débit, qui connaît déjà l’une des plus fortes croissances jamais réalisées par un service de télécoms, n’est encore qu’aux premiers stades de son développement et des gisements de croissance existent. Mais permettra-t-il au secteur des télécoms de retrouver le chemin de la croissance ?Cela dépend : il se peut que les innovations et l’expansion ne fassent que détourner une demande qui se serait portée sur d’autres marchés. Mais il est aussi possible qu’elle déclenche une reprise soutenue pour les opérateurs qui sauront se libérer de leur endettement et se restructurer, et en particulier devenir assez souples pour exploiter les innovations. Par ailleurs, tous les marchés ne sont pas entièrement développés. C’est là qu’intervient l’action des gouvernements.Incontestablement, les pouvoirs publics ont beaucoup accompli pendant les années 1990, en établissant des agences de régulation indépendantes chargées d’ouvrir les marchés à la concurrence, d’empêcher les opérateurs historiques d’abuser de leurs positions dominantes et d’éviter les pratiques de collusion entre opérateurs. En matière de libéralisation des marchés, l’année 1998 a marqué un tournant : pour la première fois une majorité de pays de l’OCDE avaient libéralisé l’accès au marché du fixe et comptaient au moins trois opérateurs mobiles. Dès lors, plus d’un demi-milliard de connexions fixes et mobiles se sont ajoutées aux réseaux. La concurrence elle aussi s’est intensifiée, même si les privatisations sont plus lentes qu’on ne l’attendait. De plus, la majorité des pays de l’OCDE n’ont plus de restrictions sur les capitaux étrangers. Toutefois, la concurrence peine à s’établir au niveau local dans certains segments du marché. Même aux États-Unis, qui constituent l’un des marchés les plus avancés, la domination d’opérateurs historiques locaux s’est maintenue sur certains services. Là, comme dans d’autres pays, on s’accorde sur la nécessité d’une plus grande ouverture de l’accès aux marchés locaux à la concurrence, mais les moyens de cette ouverture ne font pas l’unanimité : doit-elle passer par un partage des connexions existantes ou par de nouveaux investissements d’infrastructure par les opérateurs entrant sur le marché avec des plateformes « alternatives » ?Le Japon, par exemple, a réalisé des progrès rapides de cette manière. Les autorités de régulation, qui ont imposé le dégroupage de la boucle locale en 2000, n’ont pas cédé à la pression d’opérateurs historiques comme Nippon Telegraph et Telephone Corporation qui souhaitaient que les prix restent élevés et l’accès à la concurrence limité. Fin 2002, les nouveaux entrants fournissaient plus de 60 % des liaisons haut débit et de nouveaux services comme la téléphonie Internet trouvaient rapidement une clientèle.À court terme, la restructuration des télécommunications fera des victimes. Et comme dans les autres secteurs où tous les entrants ne survivent pas, le secteur des télécommunications va se renforcer à mesure que certaines entreprises disparaîtront ou seront absorbées par d’autres. Dans un premier temps, le nombre de concurrents pourrait diminuer et les prix augmenter.Aussi douloureuse que soit la nécessaire restructuration de l’industrie, les gouvernements et les autorités de régulation devront résister à la tentation de soulager les entreprises en assouplissant les règles de la concurrence, voire en leur accordant des aides financières.Message SMS aux gouvernements : la demande de communications va encore augmenter, mais à un rythme plus mesuré que pendant la deuxième moitié des années 1990. Même au plus fort du marasme financier, le secteur n’a cessé de progresser en taille, et les opportunités sont nombreuses dans le domaine de l’accès haut débit fixe et sans fil. Le principal défi pour les pouvoirs publics sera de continuer à œuvrer pour l’ouverture des marchés aux fournisseurs d’infrastructures et de services, tout en réduisant les risques de pratiques douteuses de la part les entreprises. Pour le reste, le secteur lui-même s’en chargera.© L’Observateur de l’OCDE N°238 Juillet 2003RéférencesOCDE (2003) Perspectives des communications,Paris.OCDE (2003) Perspectives économiques de l’OCDE, No 73, Paris.


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016