Subventions amicales ?

Surmonter les obstacles à la réforme des politiques : Travaux sur les subventions nuisibles à l’environnement

Tout en déplorant l’effet global sur les pays pauvres des subventions pratiquées dans les pays riches, les environnementalistes s’intéressent de plus près aux conséquences négatives que la suppression de certaines de ces subventions pourrait avoir sur l’environnement.

Les secteurs économiques qui s’arrogent l’essentiel des aides (l’agriculture, la pêche, les transports et l’énergie en reçoivent 81 % à l’échelle mondiale) sont aussi les principaux responsables des émissions de gaz à effet de serre, de la pollution de l’air et de la pollution de l’eau. Cependant l’un des auteurs de cette série de rapports estime qu’il ne suffit pas de citer des chiffres et d’énumérer les atteintes portées à l’environnement. Dans l’intérêt du développement durable, les répercussions sociales et économiques doivent aussi être prises en considération dans les négociations sur les subventions agricoles.D’après l’ouvrage intitulé Surmonter les obstacles à la réforme des politiques : travaux sur les subventions nuisibles à l’environnement, on peut supposer à première vue que les subventions qui stimulent la production sont préjudiciables à l’environnement. Les prix garantis favorisent la surproduction et, donc, les dommages sur l’environnement.Nous n’ignorons pas non plus que beaucoup de subventions contribuent directement ou indirectement à l’appauvrissement du capital naturel, l’un des « piliers » du développement durable. Les exemples sont bien connus : saturation des terres en eau et salinisation du fait des aides en faveur de l’irrigation ; pollution atmosphérique et émissions de gaz à effet de serre provoquées par le subventionnement des carburants et de l’énergie utilisée dans les installations fixes ; surpêche entraînée par les subventions versées aux flottilles de pêche. Pourtant, les subventions à court terme destinées à aider les exploitations agricoles à s’acheter du matériel, comme, par exemple, des remorques ou des bulldozers, peuvent faciliter l’achat et l’utilisation de technologies plus modernes et plus « propres ».Cependant, ce n’est que récemment que le lien a été établi entre les subventions, les dommages environnementaux et la perte de capital humain, par opposition au capital naturel. Par exemple, on a calculé dernièrement le préjudice global que représentent, en termes de maladies et d’accidents, les problèmes sanitaires liés à l’environnement. D’après une estimation, en 2000, la perte de valeur en capital humain s’est établie dans le monde à US$1,75 milliards. Bien que les subventions ne soient pas seules en cause, cela plaide pour la poursuite des recherches destinées à approfondir la description des effets des aides à l’agriculture.© L'Observateur de l'OCDE N°238 Juillet 2003


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