Partenariat contre les maladies infectieuses

Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et la préoccupation qu’il suscite actuellement viennent nous rappeler cruellement les effets que peuvent avoir les maladies infectieuses, montrant qu’aucun pays n’est à l’abri de leurs coûts humains ni de leurs coûts économiques. Depuis le 12 mars, date de la première alerte de l’OMS concernant le SRAS, 29 pays ont été touchés, plus de 500 personnes sont décédées et près de 8 000 ont été infectées. Il faut bien évidemment ajouter à ce bilan les effets indirects sur la vie quotidienne dans les zones touchées par le SRAS, et notamment sur l’économie de Hong Kong, qui sont bien plus larges.

Néanmoins, le SRAS est une maladie toute récente dont les effets en termes de victimes humaines demeurent, du moins jusqu’à présent, relativement faibles. En outre, dans la mesure où les autorités sanitaires dans le monde ont pour la plupart réagi avec célérité à ce nouveau défi – et les réseaux de surveillance de l’OMS y ont largement contribué –, on peut trouver un motif de satisfaction dans le fait que les systèmes de défense mondiaux ont fonctionné. Pourtant, il n’en va pas de même, loin s’en faut, pour l’ensemble des maladies infectieuses. Avec 17 millions de décès par an, celles-ci restent la première cause de mortalité dans le monde. Depuis les années 1970, au moins 30 nouvelles maladies infectieuses sont apparues contre lesquelles il n’existe aucun traitement efficace. Qui plus est, dans le monde qui est le nôtre, les maladies peuvent désormais se propager plus loin et plus vite qu’avant et venir menacer nos vies, nos sociétés et nos économies.La réaction mondiale aux menaces a été surveillée de très près dans le cas de certaines maladies, en particulier le VIH/sida, la tuberculose et la malaria, avec parfois des résultats spectaculaires. Cependant, la majorité des maladies demeurent « négligées ». Une riposte efficace de la communauté internationale exige de faire appel à toutes les armes qu’offre l’arsenal mondial. Il s’agira ainsi de recourir avec savoir-faire aux biotechnologies, à la génomique et à l’informatique, de mettre en place des partenariats de R&D plus efficaces entre les secteurs public et privé, et de surmonter les défaillances du marché en ce qui concerne le développement de nouveaux médicaments et vaccins. Mais une approche plus coordonnée de la part des principales économies sera aussi nécessaire.Réunis à Lisbonne en octobre 2002, les pays de l’OCDE ont débattu des moyens pour mieux œuvrer ensemble et avec les autres organisations internationales pour relever concrètement ces défis. Les principaux messages de cette réunion sont présentés dans le document « Biotechnology and Sustainability – The Fight Against Infectious Disease », disponible sur le site de l'OCDE. Un partenariat international déterminé et durable s’impose pour découpler l’impact des maladies infectieuses et le moteur de la croissance économique. L’exemple de Hong Kong devrait normalement lever les derniers doutes à ce sujet.


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