Partager la croissance et le développement

Helen Clark, Premier ministre de la Nouvelle-Zélande, Présidente du Conseil de l’OCDE réuni au niveau des ministres de 2003

L’OCDE est née, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, d’un double sentiment d’interdépendance : entre nations et entre sécurité et développement économique. À certains égards, la situation internationale actuelle nous ramène à ce point de départ. Le Conseil de l’OCDE réuni au niveau des ministres et le Forum qui le précède sont l’occasion pour les ministres et la société civile de dresser le bilan des actions accomplies au cours du demi-siècle qui s’est écoulé et de redéfinir les orientations politiques en vue de favoriser une croissance et un développement partagés.

Au cours de ces 30 derniers mois, plusieurs réunions internationales à haut niveau ont eu lieu à cet effet. Le Sommet du millénaire des Nations unies, la Conférence internationale de Monterrey sur le financement du développement, le Sommet mondial de l’alimentation de la FAO, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, ainsi que le Sommet mondial pour le développement durable ont en effet tous défini des objectifs en termes de croissance et de développement. Je pense que l’engagement direct des dirigeants et des ministres a permis, au fil du temps, d’affirmer une volonté internationale de répondre aux besoins des générations présentes et futures et de mettre au point les instruments adéquats.Nous venons de connaître une phase d’expansion sans précédent de la prospérité qui a permis d’éloigner des centaines de millions de personnes de la pauvreté. Ceci tient aux progrès technologiques, à l’absence de grand conflit international depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à la croissance des échanges et de l’investissement. Des organisations internationales comme l’OCDE ont aussi apporté leur pierre à l’édifice en définissant un ensemble de règles et des approches concertées de l’action publique. La mondialisation a enfin élargi la notion de responsabilité partagée.Cette année, le Conseil de l’OCDE au niveau des ministres étudie la façon dont les gouvernements peuvent favoriser la confiance dans l’économie internationale et surtout les mesures permettant d’assurer une croissance durable et un développement bénéfique à tous pour le long terme. Le processus de l’OCDE, qui réunit les travaux analytiques du Secrétariat de l’Organisation et les perspectives des gouvernements des pays membres, convient tout à fait à de larges échanges de ce type. Je me réjouis de cette occasion donnée à la Nouvelle-Zélande de présider cette réunion.J’imagine que nos discussions porteront sur des sujets, comme la prise en compte des tendances démographiques et les manières de favoriser une plus grande participation de la main-d’œuvre, l’utilisation de la technologie et de l’innovation, la formation de nos populations aux compétences que demande l’économie de la connaissance, les politiques commerciales porteuses pour les pays membres et les pays en développement, la transparence des systèmes financiers et les pratiques de gouvernement d’entreprise qui permettent d’asseoir la croissance sur des bases solides.Il est essentiel que l’OCDE se tourne vers l’extérieur. L’impact de l’action de nos gouvernements sur les pays en développement est d’ailleurs l’un des thèmes de la réunion. Nous nous félicitons que des ministres de grands pays, qui ne sont pas membres de l’OCDE, se joignent à nos discussions sur le partage des fruits de la mondialisation et sur la façon de relancer les négociations au sein de l’OMC sur le Programme de Doha pour le développement, qui en sont à un stade critique. J’aimerais vous faire part de quelques réflexions sur l’approche adoptée par la Nouvelle-Zélande dans les domaines traités par l’OCDE. Pour définir ses orientations, notre gouvernement a bénéficié de l’expérience internationale. Nous avons élaboré un Cadre pour la croissance et l’innovation en vue d’amener notre pays à se doter des compétences, des infrastructures et des liens internationaux permettant de tirer parti de nos propres innovations et d’affirmer la réussite de la Nouvelle-Zélande en tant que société fondée sur la connaissance. À ce Cadre vient s’ajouter le Programme d’action du gouvernement pour le développement durable, qui comprend les dimensions économiques, environnementales et sociales. Tout en apportant une impulsion stratégique, notre gouvernement travaille à nouer des partenariats avec les entreprises et la société civile.Le Forum de l’OCDE qui précède la réunion ministérielle permet à un large éventail de parties intéressées d’échanger des réflexions sur le thème « Croissance, développement, prospérité ». Je me réjouis d’avoir l’occasion de m’exprimer au Forum et de prendre connaissance des autres interventions.Je pense qu’un large consensus se dégagera entre les ministres des pays de l’OCDE sur la nature des défis que nous allons tous devoir relever. Il n’existe pas une seule façon de faire ; les gouvernements devront prendre des décisions qui tiennent compte de leur propre situation et des préférences de leur population. Mais c’est un avantage inestimable que de pouvoir partager nos expériences et de mieux comprendre les problèmes qui nous attendent.©OCDE L’Observateur Nº237, Mai 2003


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