« Appellation contrôlée» en Chine

Courrier des lecteurs
J’avoue être perplexe quant aux motivations qui poussent une organisation à vocation internationale comme l’OCDE à continuer de faire référence à Taïwan en parlant du « Taipei chinois ». Si cet état de fait est probablement le fruit d’un accord entre l’Organisation et la Chine continentale, il y a néanmoins une incohérence à s’exprimer de la sorte ; existant en tant que telle depuis 1949, Taïwan est devenue une démocratie moderne et dynamique représentative de celles que l’OCDE appelle de ses vœux.Pour certains, argumenter ainsi autour d’une appellation pourrait sembler un débat purement sémantique, mais à mes yeux, cela dénote plutôt de la part de l’OCDE une réticence à prendre acte de la place de Taïwan dans le monde. Si je ne suis pas sans savoir que l’OCDE cherche à tisser des liens avec la Chine, permettre à la Chine d’imposer ainsi l’appellation de l’île consiste à reconnaître le mépris que la Chine éprouve pour Taïwan, et nier l’existence d’un des exemples les plus emblématiques de libéralisation économique et sociale dans la Chine contemporaine.La crise actuelle du SRAS illustre parfaitement les conséquences que peut avoir un tel raisonnement : si l’Organisation mondiale de la santé achemine de l’aide un peu partout en Asie, et notamment en Chine, son refus de reconnaître Taïwan a de fait privé l’île d’une assistance médicale pourtant bien nécessaire.Que les principaux pays membres de l’OCDE eux-mêmes reconnaissent Taïwan sous cette dénomination (il suffit de visiter leurs sites Internet) rend la position de l’OCDE encore plus illogique. L’appellation de « Taipei chinois » apparaît peut-être comme un compromis pour l’OCDE, mais si l’Organisation souhaite vraiment satisfaire les Chinois, elle pourrait aussi bien qualifier les habitants de Taïwan comme le font certains Chinois, en les traitant de « dissidents contre-révolutionnaires ». Zheng Yan LiToronto, Canada©OCDE L’Observateur Nº237, Mai 2003


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