Créditer la Corée

En 2002, la reprise économique de la Corée, dont le PIB a progressé de 6 % en dépit du fort ralentissement de l’économie mondiale, reflète le succès de son programme de restructuration et du dynamisme sous-jacent de son économie. Mais d’après la dernière Étude économique de l’OCDE, la Corée n’est pas pour autant dispensée de remédier aux défaillances structurelles qui subsistent et de corriger les déséquilibres naissants.

Notamment, la dérive des salaires et la forte augmentation des prix de l’immobilier risquent d’accentuer les pressions inflationnistes, ce qui pourrait contraindre les autorités à durcir progressivement la politique monétaire pour maintenir l’inflation à l’intérieur de la fourchette définie comme objectif à moyen terme pendant les deux années à venir.La reprise économique a été tirée par la forte progression de la consommation privée, qui a atteint 60 % du PIB en 2002 pour la première fois en 20 ans. Elle a été aussi favorisée par des changements structurels majeurs dans le secteur financier, et notamment par une augmentation des crédits à la consommation octroyés par les banques.Autre facteur de redressement, l’utilisation croissante des cartes de crédit, encouragée par des allégements fiscaux introduits en 2000. Le nombre de cartes émises a doublé entre 1999 et 2001, et les achats par cartes ont quadruplé pendant cette même période. Mais l’une des conséquences de la hausse de l’endettement des ménages est notamment une progression de 27 %, entre 2000 et 2002, du nombre de défauts de paiement des particuliers sur leurs prêts, ce qui porte le total à 2,63 millions, soit 8 % de la population active.Dans un chapitre spécial de l’Étude, consacré à la réforme du système des dépenses publiques, il est noté que la Corée a un faible niveau de dette publique, environ 22 % du PIB, un taux bien inférieur à la moyenne de l’OCDE, qui est de 74 %. Elle détient également l’un des ratios de dépenses publiques en proportion du PIB les plus faibles, notamment parce que le système de protection sociale n’est pas parvenu à maturité et que les services publics sont relativement limités. Mais le système est sous pression pour accroître les dépenses, sous l’effet du vieillissement de la population, du développement du filet de sécurité sociale et de la préparation aux coûts de la coopération avec la Corée du Nord. L’Étude consacré à la réforme du système des dépenses publiques, il est noté que la Corée préconise donc des mesures pour corriger les défaillances structurelles du budget et du système de gestion des dépenses.En tout état de cause, la croissance économique devrait rester solide, soit 5,8 % en 2003 et 5,7 % pour 2004.© L’Observateur de l’OCDE, Nº236, Mars 2003


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