Miser sur l’Ukraine

Courrier des lecteurs

Votre article, « L’Ukraine : Un miracle en devenir ? » (L’Observateur de l’OCDE N° 234) identifie les problèmes qui empêchent l’Ukraine d’atteindre son fort potentiel économique. Il fait également le point sur les changements encourageants opérés par le gouvernement réformiste nommé il y a trois ans et maintenus, au moins en partie, par le gouvernement suivant. L’article n’a toutefois pas suffisamment souligné l’importance du rôle du dysfonctionnement politique dans le ralentissement de la transition en Ukraine.

En fait, le rapport de cause à effet que suggère votre article, à savoir qu’une économie plus solide peut contribuer à renforcer la démocratie, prête à controverse. On peut estimer en effet que c’est l’inverse, la fragilité économique de l’Ukraine étant semble-t-il largement imputable à l’absence de progrès dans les réformes politiques.Votre article fait allusion à ce problème, et recense même assez précisément les défaillances politiques de l’Ukraine, notamment la corruption, le capitalisme de connivence, l’incompétence et l’existence d’une élite au pouvoir davantage intéressée par le contrôle de l’économie que par son ouverture. Toutefois, on ne voit pas comment des taux de croissance économique élevés pourraient accélérer la réforme du système politique, d’autant que ces taux ne pourraient sans doute pas être maintenus à moyen terme. L’expansion économique sans précédent de 2001, par exemple, essentiellement imputable à des facteurs ponctuels, s’est fortement ralentie en 2002, et n’a pas vraiment freiné l’érosion constante de la transparence politique en Ukraine. Ces revers démontrent qu’il convient d’analyser dans quel sens va le rapport de cause à effet entre la croissance économique et les réformes politiques. C’est une des raisons pour lesquelles il nous est difficile de relever la notation de l’Ukraine.


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