Il faut sauver Doha !

Direction des échanges

Les rumeurs concernant la mort du processus de Doha sont très exagérées même si celui-ci a quelque peu grise mine. Dans l’intérêt du développement, il faut respecter les délais fixés et faire en sorte que le dispositif fonctionne. Explications de Jean-Marie Metzger, Chef de la Direction des échanges de l’OCDE.

En adoptant la Déclaration dite de Doha au Qatar l’année dernière, les 144 membres de l’OMC ont moins convenu d’œuvrer à la libéralisation des échanges ou l’application de nouvelles règles commerciales que de lancer un nouveau processus, le Programme de Doha pour le développement. Après négociation de tout un éventail de questions, ils sont supposés, au bout du compte, se mettre d’accord – on l’espère pour le 1er janvier 2005 – dans le cadre d’un engagement unique pour une avancée dans la libéralisation des échanges et une amélioration des règles soustendant le système commercial multilatéral.Comme le prévoit le Programme, les membres se sont fixés des « résultats intermédiaires » à atteindre à des dates précises, dont la plupart sont destinés à faire avancer le processus de négociation (modalités, demandes, offres) mais dont certains présentent un caractère plus concret (amélioration de l’accès aux médicaments, par exemple).Aucun des participants aux négociations ne peut se permettre de manquer aux engagements pris, que ce soit sur le calendrier ou sur le fond, comme l’a réaffirmé récemment le Comité des échanges de l’OCDE. Un consensus politique grandissant s’est d’ailleurs dégagé sur ce point à la « mini conférence ministérielle » tenue à Sydney en novembre dernier, où la question de l’accès aux médicaments pour les pays qui ne possèdent pas de capacités de production propres, a mobilisé un soutien particulier.Les membres doivent mettre à profit cet élan politique au lieu de revenir sur les progrès déjà accomplis ou d’anticiper sur les résultats des négociations. Ce genre de tactique ne peut en effet conduire qu’à un durcissement des positions, auquel tout le monde perdrait. Les négociateurs de l’OMC doivent garder présent à l’esprit que le mot clé de la Déclaration de Doha est « développement ». Cela implique une action conjointe des pays riches et des pays pauvres, à laquelle chacun contribue à hauteur de ses ressources. Le processus de Doha est toujours vivant, et bien vivant, ce dont on ne peut que se féliciter, mais il montre quelques signes de faiblesse. Pour en assurer le complet rétablissement, il est impératif que chacun se rallie à une devise simple : solidarité, un pour tous et tous pour un.© L’Observateur de l’OCDE, Nº235, Décembre 2002


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