Énergie à deux vitesses ?

Agence internationale de l'energie

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Le fait qu’il y ait 1,6 milliards d'habitants privés d’accès à l'électricité, et que 2,4 milliards d’habitants n'utilisent pour toute énergie que de la biomasse brute (bois, déchets agricoles, déjections animales), peut choquer. Mais pire encore en l’absence de politiques radicalement nouvelles, dans trente ans ces données n’auront guère changé. Tel est l'avertissement lancé par la dernière édition du World Energy Outlook de l'Agence internationale de l'énergie, et selon Robert Priddle, Directeur éxecutif de l’AIE, ceci présage « un avenir qui n'a rien de durable ».
Bien qu'en progression, l'accès à l'électricité ne se suit pas l'évolution démographique, et d'après les tendances actuelles, 1,4 milliards de personnes n'auront toujours pas d'électricité en 2030 selon le World Energy Outlook. D'ailleurs, lorsque l'électricité est accessible, ce n'est pas pour autant qu'elle supplante la biomasse, car elle coûte trop cher. Dans les pays en développement, de nombreux foyers s'éclairent à l'électricité, mais cuisinent ou se chauffent avec du bois ou d'autres formes de biomasse. Par conséquent, si les tendances actuelles se maintiennent, le nombre de ceux qui dépendent de la biomasse pour satisfaire leurs besoins énergétiques devrait passer à 2,6 milliards dans les 30 prochaines années, avec des conséquences dramatiques pour la santé et l'environnement : pollution due à la fumée, baisse des stocks de biomasse.Sachant que la biomasse continuera de dominer la demande d'énergie des pays en développement dans un avenir prévisible, le World Energy Outlook estime vital de développer des technologies plus efficaces dans le domaine de la biomasse afin de faire reculer la pauvreté, de créer des emplois et de développer les marchés ruraux. L'AIE, constituée de 26 membres, est une organisation rattachée à l'OCDE, spécialisée dans les questions d'énergie.AIE, World Energy Outlook, AIE, 2002 © L’Observateur de l’OCDE, N°234, Octobre 2002


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