La budgétisation a-t-elle un avenir ?

Revue de l’OCDE sur la gestion budgétaire Vol. 2, N° 2

Les administrations publiques produisent chaque année des montagnes de papier. Mais un document peut revendiquer à juste titre d’être plus important que tous les autres : le budget. Dans certains pays de l’OCDE, l’État représente plus de la moitié du PIB. Le budget envoie des signaux économiques essentiels sur l’orientation générale des politiques publiques, exerçant ainsi une influence sur le comportement des marchés.

Les administrations publiques produisent chaque année des montagnes de papier. Mais un document peut revendiquer à juste titre d’être plus important que tous les autres : le budget. Dans certains pays de l’OCDE, l’État représente plus de la moitié du PIB. Le budget envoie des signaux économiques essentiels sur l’orientation générale des politiques publiques, exerçant ainsi une influence sur le comportement des marchés. Il décide si les impôts vont augmenter ou diminuer, et établit des priorités de dépenses au moyen de l’affectation des crédits, agissant ainsi sur la consommation des administrations publiques. Son influence s’exerce sur les aspects opérationnels fondamentaux des ministères et organismes gouvernementaux, y compris leur efficience et leur productivité. Et le budget sert de cadre à la prise de décisions générales et à la responsabilisation.Tous ces rôles sont si importants qu’il paraît surprenant d’apprendre que l’avenir du budget tel que nous le connaissons soit remis en question. « La budgétisation a-t-elle un avenir ? », tel est le titre provocateur d’un rapport contenu dans le dernier numéro de la Revue de l’OCDE sur la gestion budgétaire. Les pratiques et les politiques budgétaires des pays de l’OCDE ont connu des changements importants récemment. La réforme est « le Saint graal des responsables du budget, leur quête sans fin d’un meilleur mode de répartition de l’argent et de planification du travail des pouvoirs publics », conduisant à des innovations telles que les prévisions pluriannuelles et la comptabilité par génération.L’événement, peut-être le plus frappant dans l’évolution de la budgétisation, est la reconnaissance du fait que les hommes politiques doivent prendre des décisions à court terme tout en réalisant des investissements conçus pour profiter à plusieurs générations. Les pays de l’OCDE doivent résoudre un certain nombre de problèmes de dépenses qui peuvent être considérés comme à long terme par nature : le vieillissement de la population, l’adéquation des infrastructures et autres dépenses d’équipement, et les programmes gouvernementaux de prêts et de garanties de prêts. La budgétisation est-elle simplement en train de changer d’objectif ? Les tendances et éventualités que l’on trouve en filigrane dans ces articles suggèrent qu’une transformation plus radicale est en cours. Il est clair que l’avenir de la budgétisation sera déterminé par ce que deviendra l’État, en supposant que lui aussi ait un avenir.


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