La fin d’une idylle ?

D’après un sondage paru dans le magazine BusinessWeek, la moitié des Américains pensent que ce qui est bon pour l’économie ne l’est pas nécessairement pour leur pays. Pas étonnant direz-vous – sauf que ce sondage date d’il y a plus de deux ans, soit avant l’éclatement de la bulle technologique et longtemps avant les scandales financiers qui ont récemment ébranlé le monde des affaires. Le fait que cette enquête paraisse dans l’un des principaux magazines américains, réputé pour être plutôt favorable aux milieux économiques, incite à prendre ces propos très au sérieux.

D’après un sondage paru dans le magazine BusinessWeek, la moitié des Américains pensent que ce qui est bon pour l’économie ne l’est pas nécessairement pour leur pays. Pas étonnant direz-vous – sauf que ce sondage date d’il y a plus de deux ans, soit avant l’éclatement de la bulle technologique et longtemps avant les scandales financiers qui ont récemment ébranlé le monde des affaires. Le fait que cette enquête paraisse dans l’un des principaux magazines américains, réputé pour être plutôt favorable aux milieux économiques, incite à prendre ces propos très au sérieux.Les résultats sont surprenants. L’enquête abordant beaucoup de sujets, les sondés étaient invités à dire s’ils approuvaient ou désapprouvaient certaines propositions préétablies. Celle qui a été la plus souvent reprise dans la presse est simple : en général, ce qui est bon pour l’économie est bon pour la plupart des Américains. Si 47 % des personnes interrogées se disaient d’accord avec cette affirmation, 49 % étaient contre. Une position beaucoup plus critique que dans l’enquête précédente, qui remontait à 1996, dans laquelle seulement 28 % des sondés pensaient que leurs intérêts ne coïncidaient pas forcément avec ceux de l’économie. L’enquête de 2000 contenait une autre mise en garde à l’égard des milieuxéconomiques : pour 72 % des personnes interrogées, l’économie avait une influence excessive sur trop d’aspects de la vie en Amérique.Le tableau n’est pas non plus tout noir pour le monde des affaires américains. Par exemple, 68 % des personnes interrogées estimaient que la prospérité qui a caractérisé une grande partie des années 1990 était due pour une large part aux entreprises américaines. Par contre, une des questions donnerait probablement des résultats moins reluisants si le sondage était conduit aujourd’hui. En effet, en réponse à la question : la direction des grandes entreprises vous inspire-t-elle confiance ?, seulement 19 % disaient avoir pleinement confiance, mais 58 % avaient au moins un peu confiance. Les sondages ont leurs limites, mais celui de BusinessWeek semble au moins indiquer que l’image des entreprises américaines avait commencé à se détériorer bien avant les scandales d’Arthur Andersen et d’Enron, et d’autres encore. Toujours est-il que ce mécontentement semble aujourd’hui s’être mué en une véritable crise de confiance.Serait-ce la fin de l’idylle entre l’opinion américaine et le monde des affaires ? Pas si sûr, mais l’opinion américaine est devenue plus vigilante et la relation ne sera peut-être plus jamais comme avant. Ajoutons à cela une coïncidence : ce sondage plutôt surprenant est paru dans le numéro de BusinessWeek daté du 11 septembre 2000. « Sondage Business Week/Harris: How Business Rates: By the Numbers » BusinessWeek, 11 septembre 2000.


Données économiques

PIB +0,43% T1 2017
Échanges exp +3,0% ; imp +4,0% T1 2017
Inflation annuelle 2,4% avril 2017
Chômage 6,008% mars 2017
Mise à jour: 22 juin 2017

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • Bien que la pauvreté relative n'ait cessé de reculer depuis trente ans, il y a beaucoup plus d'inégalités entre les riches et les moins riches. Ana Llena Nozal, OCDE, participe à la discussion sur la question (RFI).
  • Le logement abordable, un defi pour l'Europe : un article du Monde sur la hausse des inégalités liée au renchérissement de l'immobilier.
  • Les besoins en matière de logement sont souvent insatisfaits : un nombre important de personnes dans l'ensemble de l'OCDE sont sans abri et un grand nombre de ménages font face à des coûts de logement qu'ils ne peuvent pas assumer. Une nouvelle base de données a été conçue par l’OCDE pour aider les pays à évaluer l'accès à des logements abordables.

  • Jean-Christophe Dumont - Forum "Migrants, la... par liberation
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2017