Une bonne pêche à Johannesbourg

Direction de l'environnement

L’un des premiers accords conclus à Johannesbourg pendant le Sommet mondial sur le développement durable scelle la volonté d’agir pour la sauvegarde des pêcheries et des océans mondiaux dont l’état est critique. Salué par les négociateurs comme un grand pas en avant dans la lutte entreprise pour préserver les ressources halieutiques, cet accord a cependant été vivement critiqué, notamment par les milieux non gouvernementaux.

L’un des premiers accords conclus à Johannesbourg pendant le Sommet mondial sur le développement durable scelle la volonté d’agir pour la sauvegarde des pêcheries et des océans mondiaux dont l’état est critique. Salué par les négociateurs comme un grand pas en avant dans la lutte entreprise pour préserver les ressources halieutiques, cet accord a cependant été vivement critiqué, notamment par les milieux non gouvernementaux.Le Plan d’action pour le développement durable définit plusieurs domaines dans lesquels les communautés internationale ou nationale peuvent prendre des mesures, en souscrivant par exemple aux nombreux accords et instruments internationaux relatifs à la pêche (Convention des Nations unies sur le droit de la mer, UNCLOS, notamment). Rien de très nouveau diront certains. Mais ce Plan a tout de même le mérite de relancer la dynamique politique et d’attirer l’attention sur la gravité croissante de ce problème.L’engagement pris par les pays de reconstituer les stocks et de les ramener à des niveaux écologiquement viables d’ici 2015 est sans doute la décision politique la plus importante. Même si d’aucuns prétendent qu’il est déjà trop tard, les choses doivent changer sans, toutefois, gravement détériorer le tissu social et économique des localités côtières tributaires de la pêche.Les outils qui pourront nous aider à venir à bout de la crise de la pêche existent. Plusieurs scénarios sont envisageables pour réussir la transition vers une pêche responsable et durable, sans omettre les indispensables politiques sociales d’accompagnement. Mais comme d’habitude, ce qui fait défaut ce n’est pas la connaissance des coûts et des avantages, mais le courage politique d’agir. À cet égard, le Sommet mondial sur le développement durable a confié aux organisations internationales et aux ONG une mission fondamentale pour les 10 à 15 années à venir : faire respecter aux gouvernements les engagements pris à Johannesbourg. Parmi les très nombreuses actions proposées lors de ce Sommet dans le domaine de la pêche, l’une ressort tout particulièrement : l’élimination des subventions qui contribuent à la surcapacité. La surcapacité est, en effet, la source de tous les maux dans le secteur de la pêche. L’excès de capitaux et d’effectifs immobilisés pour les activités halieutiques risque d’aboutir à une intensification de la pression exercée sur les ressources. Et les subventions n’empêcheront pas les revenus de la pêche de diminuer. En d’autres termes, les subventions se soldent en fin de compte pour le pêcheur par un revenu inférieur, tout en privant les décideurs et les citoyens d’une gestion des ressources efficace. Il faut donc casser cette logique si l’on veut assurer aux collectivités de pêcheurs un avenir décent et leur permettre de vivre durablement de la mer. Le Comité des pêcheries de l’OCDE examinera ces points au cours des deux prochaines années et conseillera les pouvoirs publics en conséquence. Rappelons, une fois encore, qu’aucune nouvelle mesure n’est nécessaire : seuls le courage, la conviction et la volonté sont indispensables pour réduire et finalement éliminer les subventions responsables de la surcapacité et permettre, ainsi, aux pêcheurs et à leurs villages de retrouver un mode d’existence viable. OCDE (2000), Pour des pêcheries responsables — implications économiques et politiques. Schmidt, Carl-Christian « La pêche en crise » dans l’Observateur de l’OCDE, N°233, août 2002.


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