La connaissance dans un monde à risque : Créer une citoyenneté d’entreprise « universelle »

Pouvons-nous encourager des pratiques d’entreprise éthiques et responsables tout en bâtissant des sociétés aux résultats financiers satisfaisants ? Oui

A près la débâcle comptable des sociétés Enron et WorldCom, la crédibilité des grandes entreprises est au plus bas. Soucieuses de restaurer la confiance, les autorités des États-Unis exigent maintenant des présidents et des directeurs financiers des grandes entreprises cotées, qu’ils établissent leurs rapports financiers avec sincérité : si l’on découvre que l’un quelconque de ces rapports est falsifié, ils pourront être traduits devant des juridictions civile et pénale.

A près la débâcle comptable des sociétés Enron et WorldCom, la crédibilité des grandes entreprises est au plus bas. Soucieuses de restaurer la confiance, les autorités des États-Unis exigent maintenant des présidents et des directeurs financiers des grandes entreprises cotées, qu’ils établissent leurs rapports financiers avec sincérité : si l’on découvre que l’un quelconque de ces rapports est falsifié, ils pourront être traduits devant des juridictions civile et pénale.Malheureusement, le problème ne se limite pas aux États-Unis. Il s’est retrouvé en Corée, où de récentes fraudes comptables ont été découvertes au sein de sociétés de capital-risque cotées au Kosdaq, l’équivalent coréen du Nasdaq américain, faisant plonger l’indice de 279 au 15 décembre 1999 à 53 le 19 septembre 2002. Les présidents de 810 entreprises cotées au Kosdaq se sont spontanément engagés à garantir la sincérité de leurs comptes. Même si ces engagements n’ont aucun caractère contraignant, ils risquent d’écorner sérieusement l’image des entreprises qui ne les respecteraient pas, car la liste des entreprises y ayant souscrit sera publiée.Tous ces événements démontrent qu’avec la rapide mondialisation que nous connaissons, les entreprises de pays différents sont jugées à l’aune d’un ensemble de règles et de principes directeurs identiques. Pour survivre, peu importe désormais le périmètre d’action, national ou international, de l’entreprise : ce qui compte, c’est qu’elle se mette en conformité avec les « bons » principes d’éthique et de gouvernement d’entreprise acceptés au plan international.Les entreprises sont appelées à se comporter en citoyennes responsables de cette société mondialisée, et les sanctions – du marché, mais aussi du législateur – pourraient être sévères si elles se dérobaient au devoir qu’elles ont, vis-à-vis des actionnaires, d’engranger des bénéfices en toute probité et de tenir des comptes clairs, précis et ouverts à l’appui de ces résultats.Comment pouvons-nous faire prévaloir des pratiques de gestion éthiques et responsables tout en contribuant, au passage, à l’obtention de résultats financiers satisfaisants ? Et en quoi les concepts d’éthique et de responsabilité sociale des entreprises de la société de la connaissance du XXIe siècle doivent-ils différer de ceux de l’ère industrielle du XXe siècle ? Si l’on veut mettre en oeuvre une citoyenneté d’entreprise à l’échelle planétaire, il est essentiel de s’en tenir à une norme mondiale unique, en particulier dans le domaine des pratiques de gestion. J’entends par là que nul ne devrait croire qu’il peut jouer sur deux tableaux : en Corée, une société de courtage de renommée mondiale a récemment été sanctionnée par les autorités pour avoir divulgué auprès de ses clients un rapport interne sur Samsung Electronics avant sa publication. Cet « accident » aurait pu être évité si l’entreprise avait respecté les principes essentiels de fonctionnement qu’elle s’impose sur d’autres marchés. Elle pourra toujours se défendre en arguant qu’il s’agit d’une pratique courante chez certains analystes coréens, mais c’est justement ce type de comportement qui risque de freiner le développement d’une norme mondiale en matière de citoyenneté d’entreprise, et qui donne des munitions aux militants anti-mondialisation.Certains chefs d’entreprises multinationales implantées dans des pays en développement peuvent prétendre que l’application d’un code d’éthique strict fixé par leur siège les mettrait dans l’incapacité de se battre contre les concurrents nationaux. Selon eux, les clauses interdisant tout renvoi d’ascenseur,pot-de-vin ou profit indu découlant d’un délit d’initié rendent difficile la survie de leur activité. Pourtant, il existe dans le monde entier des entreprises modèles qui appliquent des normes universelles de gestion. Ainsi, Johnson & Johnson est un laboratoire pharmaceutique qui mène aujourd'hui en Corée une activité extrêmement satisfaisante, tout en appliquant à la lettre le code éthique rigide que lui impose le siège américain. La direction de Johnson & Johnson a écarté toute pratique douteuse, mais n’en rapporte pas moins des résultats très honorables.Une entreprise doit respecter son code d’éthique ou de citoyenneté dans tous les endroits du monde où elle opère. Élément essentiel de cette équation, le gouvernement d’entreprise pourra nous aider à toucher rapidement au but, c'est-à- dire à la citoyenneté universelle des entreprises, synonyme d’un fonctionnement identique des sociétés dans tous leurs lieux d’activité.


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