Transports écologiquement viables

Que faire pour mieux maîtriser les problèmes de transport? Les tentatives en ce sens n’ont pas manqué. Qu’il s’agisse de réduire la pollution, de favoriser les transports publics, ou simplement de reconquérir l’espace urbain pour les piétons, les initiatives foisonnent. Et pourtant la voiture règne sans partage. Les taux de motorisation grimpent et les autorités locales sont soumises à d’incessantes pressions pour libérer toujours plus d’espace pour l’automobile. Par ailleurs, si les trains à grande vitesse d’Europe ou d’Asie rivalisent avec l’avion sur les petites distances, les longs courriers continuent de se multiplier.
Aussi est-il indispensable d’aborder les problèmes de transport dans une perspective plus large. C’est précisément l’ambition des Lignes directrices de l’OCDE sur les transports écologiquement viables. Lancé au milieu des années 1990, ce projet a été adopté par les gouvernements de l’OCDE en 2001. De fait, les 30 pays du monde où les transports sont le plus développés ont admis qu’il était temps d’oeuvrer pour des transports plus durables.L’objectif de ces Lignes directrices est de permettre un développement des transports dans les limites compatibles avec le respect de la nature: autrement dit, il s’agit de préserver la santé en réduisant la pollution et le bruit, de tenir compte des limites des ressources naturelles et de ne pas aggraver le changement climatique ou l’appauvrissement de la couche stratosphérique d’ozone. Il a été établi, dans le cadre de ce projet, que les émissions de CO2 imputables aux transports devraient baisser de 50% au niveau mondial (et de 80% dans la zone de l’OCDE) entre 1990 et 2030. Mais pour atteindre ce but, il faudrait utiliser principalement de l’énergie sans carbone. Les émissions des principaux polluants atmosphériques, tels les dioxydes d’azote et de soufre devraient baisser dans les mêmes proportions, pour lutter contre l’acidification et le smog photochimique. La limitation des émissions de particules permettrait par ailleurs d’assainir l’atmosphère et de réduire la pollution acoustique. En outre, il faudrait s’employer à optimiser l’utilisation des terres, ce qui contribuerait à préserver la biodiversité et à prévenir l’étalement urbain.Le développement de transports écologiquement viables suppose que l’on conjugue politique de gestion de la mobilité, mesures incitatives et progrès technologiques. Car même avec une diminution du taux de motorisation, la mobilité devrait augmenter de 20% par rapport à son niveau de 1990. Il faudrait utiliser davantage de véhicules à pile ou à combustible au lieu des véhicules à essence, et que les véhicules plus petits ou consommant moins d’énergie se substituent aux autres dans les zones urbaines. La marche ou le vélo devraient être encouragés pour les trajets courts. Concernant le transport de marchandises, il faudrait que les chargements soient gérés plus efficacement et acheminés, en grande partie, par rail ou par des véhicules utilisant de l’hydrogène comme carburant. Il serait également souhaitable que des innovations soient lancées dans les transports publics, associant le développement des transports en commun et des véhicules individuels, notamment des taxis et de la location. Les voyages d’affaires en avion sur de longues distances pourraient être réduits grâce à un recours plus fréquent à la vidéoconférence et à d’autres technologies de l’information.Ces propositions peuvent sembler généreuses, mais elles ont aussi un intérêt économique (voir article ci-contre). Selon les auteurs du projet, les actions envisagées ne s’accompagneront pas seulement d’avantages nets pour l’environnement et la qualité de la vie, elles feront aussi diminuer de quelque 45% les coûts financiers imposés à la collectivité par les transports d’ici à 2030. Toutes ces mutations exigent des politiques cohérentes et ciblées et une réelle volonté de réussir. Limites d’émissions, incitations fiscales, permis négociables, planification, investissements en infrastructures dans des secteurs nouveaux comme les services à large bande ou l’éducation: l’offensive doit se déployer sur tous les fronts.De toute évidence, les transports motorisés utilisant des combustibles fossiles ne sont pas écologiquement viables. Un jour ou l’autre, nos décideurs et dirigeants devront passer aux actes. Dans ce contexte, les Lignes directrices de l’OCDE pourront être un outil précieux.Voir les Lignes directrices: www.oecd.org/env/transport, « documentation, Lignes directrices ».


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