Pavillons de nuisance

Y a-t-il un moyen d’empêcher les navires de pêche nationaux “surnuméraires” d’aller pêcher en haute mer, voire même de battre pavillon de pays qui n’exercent pas de réelle surveillance sur les activités de leurs flottilles? En effet, le nombre de navires qui pêchent sous pavillons de complaisance, dont la majorité est originaire de pays de l’OCDE, a augmenté au cours des 10 dernières années.
Certes les bateaux battant pavillon de complaisance ne représentent que 6% de la flotte de pêche mondiale mais, comme ils échappent aux mesures de gestion, leurs coûts sont moindres et ils jouissent donc d’un avantage déloyal par rapport aux pêcheurs qui respectent les règles et adoptent des pratiques favorables à la conservation. Le volume de leur capture n’est peut-être pas énorme, mais les espèces qu’ils pêchent - thon, espadon et légine australe – ont une grande valeur économique. Que des navires ne se soumettent pas aux règles internationales, pour autant qu’elles existent, est un problème en soi mais il en cache un autre: ces poissons auraient pu être capturés à l’intérieur des frontières nationales car ils traversent souvent ces zones lors de leur migration.La pêche illégale a lieu en majorité en haute mer où les structures de gouvernance sont défaillantes et où la pêche est ouverte à tous, à moins qu’une organisation régionale de gestion de la pêche n’ait été créée pour apporter des solutions. Toutefois, les pavillons de complaisance compliquent beaucoup leur mission de contrôle des ressources halieutiques dans les zones placées sous leur juridiction. Les activités de pêche pratiquées sous pavillon de complaisance sapent le travail de comités, comme la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, la Commission for the Conservation of Southern Bluefin Tuna et la Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique, qui ont été créées pour protéger des points névralgiques. Des mesures et des engagement plus fermes sont indispensables au niveau international pour contenir les activités des navires battant pavillon de complaisance. Le sommet de Johannesburg est l’occasion pour les pays qui retirent des navires de leur flottille de pêche et les pays de libre immatriculation de parvenir à un arrangement. Le Plan d’action international pour la lutte contre la pêche illicite, non autorisée et non déclarée de la FAO offre un cadre d’action. Cependant, comme la demande appelle l’offre, les pays devront exercer de fortes pressions diplomatiques, mais aussi imposer des mesures pour empêcher la circulation des poissons capturés de façon illégale. Des restrictions à l’importation visant spécifiquement les navires et les pays qui ne respectent pas les règles et les normes internationales, les systèmes de certification, l’étiquetage, sont autant de mesures qui devraient être étudiées et utilisées. Elles seraient bénéfiques non seulement pour les ressources halieutiques, mais aussi pour les marchés.


Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016