Énergie à l’indienne

Le secteur de l’électricité indien, détenu et exploité pour l’essentiel par le secteur public, se trouve actuellement exposé à un risque croissant de faillite. Bien que l’Inde soit le troisième producteur mondial de charbon après la Chine et les États-Unis, elle importe environ 1,4 million de barils de pétrole par jour, soit 60% de ses besoins. Selon l’Energy Information Administration des États-Unis, ce pays enregistre un déficit d’approvisionnement en électricité de 13 000 mégawatts.
Les difficultés qu’il connaît découlent pour la plupart du système de tarification actuellement en vigueur, et du fait que les usagers sont trop peu nombreux à régler leur facture. Seulement 55% de la production totale d’électricité sont facturés aux clients, et 41% normalement acquittés, en raison de vols, de non-facturation ou d’impayés. Cela équivaut à un subventionnement implicite massif.La sous-tarification pose un problème également, car le prix de l’électricité pour le consommateur final représente actuellement moins de 75% des coûts moyens en termes réels. C’est un obstacle sérieux à l’investissement dans ce secteur, à un moment où l’Inde en a cruellement besoin. Peu avant sa débâcle, Enron était le plus gros investisseur privé américain en Inde. Mais il a renoncé à sa participation de 65% dans la Dabhol Power Company, dans l’état du Maharashtra, après avoir constaté l’impossibilité de se faire payer pour l’électricité produite.Les importations de pétrole brut de l’Inde devraient atteindre 5 millions de barils par jour à l’horizon 2020, ce qui correspond à plus de 60% de la production saoudienne actuelle. L’énergie et l’électricité seront indispensables à une population qui dépassait le milliard d’habitants en 2000, ainsi qu’à une économie qui affichait un taux de croissance moyen annuel de 7% entre 1993 et 1997. La singularité de Electricity in India: Providing power for the millions (L’électricité en Inde: du courant pour tout un peuple) par rapport aux autres publications de l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE), est qu’il préconise une intervention vigoureuse des pouvoirs publics afin de préparer le terrain pour un marché libre de l’électricité s’étendant sur tout le territoire indien. Seule l’administration centrale peut créer les conditions propices à sa mise en place, en incitant les états à réformer leurs réseaux d’électricité au bord de la faillite, en encourageant les échanges entre états et en oeuvrant en faveur d’un environnement qui attire l’investissement national et étranger.


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