Améliorer la performance des systèmes de santé

L’année dernière, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a consacré son Rapport 2000 sur la santé dans le monde à l’amélioration de la performance des systèmes de santé. En effet, conscients que la bonne santé des nations est cruciale pour le développement humain et la croissance économique, nous avons jugé important d’analyser la performance des systèmes de santé et de partager nos connaissances avec les gouvernements et la communauté internationale.

L’enjeu est de mettre au point des systèmes de santé qui améliorent de façon équitable les résultats sanitaires, répondent aux attentes légitimes de la population et soient financièrement justes. Des études récentes montrent que la façon dont les systèmes de santé sont conçus, gérés et financés a des répercussions considérables sur la vie des gens. Nous savons qu’il est essentiel pour la prospérité mondiale et le bien-être des sociétés d’obtenir des résultats équitables sur le plan de la santé. Nous savons aussi qu’une meilleure santé est déterminante pour réduire la pauvreté, en particulier celle des presque trois milliards d’habitants de la planète qui vivent avec moins de US$ 2 par jour.Nos études montrent que la quasi-totalité des pays pourraient tirer un meilleur parti des moyens dont ils disposent dans le domaine de la santé. En réponse à de nombreuses demandes, l’OMS coopère étroitement avec un certain nombre d’états membres à une initiative de renforcement de l’efficacité des systèmes de santé.Cette efficacité est l’objet d’un vif débat public partout dans le monde. Le Rapport 2000 sur la santé dans le monde a participé à ce débat tout en contribuant à le faire passer du terrain de l’opinion et de l’idéologie à celui des faits et du savoir. Pour la première fois il présente un indice composé de la performance des systèmes de santé. Sur la base de cinq indicateurs distincts, le rapport mesure la portée des améliorations de santé produites par les systèmes de santé et détermine si ces bénéfices sont répartis équitablement. Il examine dans quelle mesure les systèmes de santé répondent aux besoins légitimes des gens, et le degré d’équité de leur financement. Il rapporte ensuite la performance composée aux moyens disponibles, pour créer un indice d’efficience. Ces indicateurs permettent de comparer la performance des systèmes de santé de 191 pays et de déterminer quels sont les types de politiques qui fonctionnent et ceux qui ne fonctionnent pas. Ils aident également les pays à suivre leur propre performance au fil des années.Le rapport montre qu’il est possible d’améliorer sensiblement l’efficacité. La question que nous posons maintenant est celle-ci : quels sont les facteurs susceptibles de jouer un rôle décisif ? Quatre semblent se détacher : les inégalités sociales, les dépenses totales de santé inférieures à un seuil critique d’environ US$ 60 par habitant, l’ampleur de l’épidémie de VIH/SIDA et l’efficacité globale des gouvernements.Nous avons également identifié trois domaines qui nous paraissent mériter d’être approfondis. Premièrement, il faut s’interroger sur ce qui se passerait si tous les pays maximisaient leur performance dans le cadre des moyens existants. Les premières études montrent que l’espérance de vie corrigée de l’incapacité pourrait passer de moins de 57 ans à environ 70 ans. En Afrique subsaharienne, le potentiel d’amélioration pourrait être encore plus spectaculaire – de 37,5 ans à 64 ans de vie sans incapacité – simplement en utilisant mieux les moyens existants.Deuxièmement, l’efficacité globale du gouvernement semble être un facteur particulièrement important de la performance des systèmes de santé. Sur la base des premiers travaux réalisés, il semble possible d’augmenter jusqu’à 50 % l’indice de performance des systèmes de santé des pays les moins bien gouvernés uniquement en améliorant la gouvernance. Troisièmement, les données du Rapport 2000 sur la santé dans le monde donnent à penser qu’une bonne performance est très difficile à réaliser si les dépenses totales de santé d’un pays sont inférieures à US$ 60 par habitant. C’est un argument très fort pour une augmentation de l’aide au développement. En 2000, l’OMS a estimé que 41 pays étaient en dessous de ce seuil en 1997. Porter leurs dépenses de santé à US$ 60 par habitant coûterait environ US$ 6 milliards par an, soit moins d’un quart de 1 % du total des dépenses mondiales de santé. Mais le bénéfice potentiel serait une augmentation d’environ huit ans de l’espérance de vie corrigée de l’incapacité dans ces 41 pays.Poursuivant son action, l’OMS a lancé un processus de consultation sur le cadre, les méthodes et les sources de données utilisées pour évaluer la performance des systèmes de santé. Nous avons instauré un processus d’examen scientifique par les pairs afin d’orienter l’évolution dans ce domaine. Nous avons également organisé sur des sujets importants des consultations techniques qui ont fait appel aux meilleurs spécialistes mondiaux. Enfin, nous avons mis en place un Groupe consultatif pour l’évaluation de la performance des systèmes de santé qui réunit des membres du Conseil exécutif de l’OMS et du Comité consultatif de la recherche en santé.L’OMS peut aider les gouvernements à définir des priorités d’action et pas uniquement sur le plan de meilleurs résultats sanitaires plus équitablement répartis. Le choix des modalités de financement des prestations est capital. Les coûts des soins peuvent faire basculer des gens qui n’ont que le minimum vital dans une véritable pauvreté. Toutefois, fournir des prestations ne suffit pas. Si les gens ne sont pas traités avec dignité et protégés contre l’exploitation financière, ils n’auront pas recours à ces prestations et des ressources précieuses auront été dépensées en pure perte.© L’Observateur de l’OCDE, Nº229, Novembre 2001


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