Le gazoduc de la prospérité

Agence internationale de l'energie

La Russie abonde en ressources naturelles. On estime que ses immenses champs gaziers avec les plus modestes gisements avoisinants représentent encore un tiers environ des réserves mondiales de gaz naturel, garantissant donc son approvisionnement futur.

C’est ce que l’on peut lire dans Russia Energy Survey 2002 que l’AIE vient de publier en mars. La Russie peut par ailleurs importer du gaz dans des conditions commerciales avantageuses des pays d’Asie centrale et des pays riverains de la mer Caspienne en l’acheminant par des réseaux de gazoducs déjà installés. L’approvisionnement sera assuré pendant une bonne partie de cette décennie, mais, pour le garantir dans l’avenir, des investissements devront être réalisés dans des sources nationales et étrangères en avance de plusieurs années sur les besoins déjà anticipés. Le rapport souligne que la sécurité d’approvisionnement ne soulèvera pas de problèmes majeurs à moins que ce pays ne parvienne pas à réformer son système des prix et son régime fiscal de la fin des années 1990.La Russie peut toujours approvisionner son marché à l’exportation, actuellement en pleine expansion. Cela reste vrai, en dépit des déclarations de Gazprom et du gouvernement russe qui s’inquiètent de la disponibilité et de la viabilité de nouvelles sources de gaz et de la dépendance importante de la Russie à l’égard du gaz naturel (50 %), en particulier de celle du secteur de l’électricité en Russie européenne (plus de 70 %). Selon la nouvelle Stratégie énergétique de la Russie, la part du gaz dans l’offre totale d’énergie primaire sera ramenée de 50 % dans les années 1990 à 42-45 % en 2020. Le charbon et l’énergie nucléaire s’y substitueront en dépit des interrogations sur leur compétitivité et leur sûreté.La production pétrolière, en revanche, restera stable, après son rétablissement à la fin des années 1990. En 1998, la Russie a augmenté sa production de près d’un million de barils par jour. Les exportations de pétrole et de produits pétroliers de l’ex-Union soviétique – en provenance à 90 % de Russie – ont considérablement progressé, atteignant en 2001 quelque 4,7 mbj, contre 2,8 mbj en 1996. Même si les compagnies russes se sont déjà révélées capables d’augmenter leur production et d’améliorer leur productivité, il n’est pas certain que les améliorations d’efficience et d’efficacité parviendront à soutenir la croissance de la production pétrolière à long terme. En effet, depuis 1994, les nouvelles découvertes n’ont pas réussi à compenser la production. Or, les découvertes de nouveaux gisements sont plus rares. En outre, une portion croissante des réserves restantes tombe dans la catégorie des réserves difficilement récupérables. Clairement des réformes s’imposent. La publication de l’Examen de l’AIE intervient peu de temps après la parution, à l’automne dernier, de la Stratégie énergétique de la fédération de Russie à l’horizon 2020. Il est crucial que le gouvernement russe s’efforce de mettre en oeuvre des réformes économiques s’il veut faire face à la demande d’énergie dans cette période de forte croissance du PIB. La sécurité énergétique du pays et ses marchés à l’exportation sont de plus en plus tributaires de la création d’un environnement stable et compétitif pour les investissements, de la réglementation du secteur de l’énergie et de la réforme des prix, de la transparence des entreprises et d’une amélioration considérable de l’efficacité énergétique. On estime qu’il faudra investir de US$550 à 700 milliards dans le secteur énergétique entre 2001 et 2020.Des apports de capitaux étrangers s’avèreraient donc utiles. Mais, en raison des obstacles aux investissements, le secteur énergétique n’a pas réussi à maintenir la capacité et à remplacer les réserves.


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