Leçons à tirer des réunions ministérielles de 1999 : tous ensemble face à l’avenir

OCDE Observateur
Rares sont ceux d’entre nous qui auraient prédit en 1994, c’est-à-dire lorsque le Mexique a adhéré à l’OCDE, que cinq années plus tard seulement, nous aurions l’honneur de présider l’événement annuel le plus important de l’Organisation.
Le Mexique s’est félicité de cette opportunité, et l’a considérée comme un signe de reconnaissance de la fermeté de son engagement à l’égard de l’OCDE et des progrès accomplis sur la voie de la réforme économique et structurelle au cours de ces dernières années. Cela a été pour moi un privilège, en ma qualité de ministre des Finances du Mexique, que de présider le Conseil de l’OCDE réuni au niveau des ministres aux côtés de M. Giuliano Amato, ministre du Trésor de l’Italie et de M. Leszek Balcerowicz, vice-Premier ministre et ministre des Finances de la Pologne.Le dialogue et les consultations qui caractérisent ces rencontres annuelles ont un rôle déterminant pour l’élaboration du programme de travail de l’Organisation. Elles ont aussi offert l’occasion à des ministres très sollicités d’échanger leurs points de vue sur les évolutions actuelles de l’économie mondiale, en particulier, sur les questions de coopération et de développement économique, de manière à renforcer le processus de prise de décisions des pays membres et à encourager une concertation plus étroite.Je ne tiens pas à revenir sur les conclusions et les recommandations pour l’action qui se sont dégagées de notre réunion – elles ont été depuis largement diffusées et sont récapitulées ci-après. Je souhaiterais plutôt souligner deux points qui me semblent représenter des enjeux particuliers pour les travaux de l’OCDE.A mon avis, l’un des plus grands défis auxquels se trouve confrontée notre Organisation découle de l’interdépendance mondiale qui ne cesse de se renforcer. L’époque où les pays membres pouvaient chercher à influer de manière relativement isolée sur les affaires économiques de la planète est aujourd’hui définitivement révolue. Ces dernières années, l’Organisation s’est efforcée de répondre à ce défi de plusieurs ma-nières, notamment en renforçant le dialogue avec les non-membres et l’adhésion à de nouveaux membres comme la Corée, la Hongrie, le Mexique, la Pologne et la République tchèque. L’OCDE évolue comme elle se doit de le faire pour suivre l’évolution de la situation de l’économie mondiale. Les événements intervenus sur le plan économique et financier au cours de ces dernières années ont prouvé que l’interdépendance économique ne concerne pas uniquement les seuls pays membres de l’OCDE. Autrement dit, nous sommes tous dans le même bateau et il nous faut œuvrer ensemble si nous voulons réussir à tenir le cap.C’est pourquoi, l’une des caractéristiques qui a conféré une importance particulière à cette réunion au niveau des ministres a été le dialogue spécial, à l’initiative du Mexique qui s’en félicite, organisé avec les ministres de sept pays non membres : l’Argentine, le Brésil, la Chine, l’Inde, l’Indonésie, la République slovaque et la Russie. Tous ces pays constituent des acteurs importants sur la scène économique mondiale et sont, selon toute vraisemblance, appelés à y jouer un plus grand rôle dans les années à venir. Ce dialogue spécial a permis à tous les participants d’échanger des idées sur les perspectives d’évolution de l’économie mondiale et sur les défis que pose pour l’action au niveau mondial, la nécessité de promouvoir la croissance, le développement durable et la cohésion sociale. En quelque sorte, cette formule novatrice de communication atteste le caractère irréversible de la mondialisation et montre que l’OCDE doit dans ses travaux tenir compte davantage du point de vue des pays non membres. Le second point qui me paraît présenter un intérêt particulier pour nos travaux est la nécessité de considérer la cohésion sociale comme un objectif central de la politique économique. En dépit des progrès économiques et sociaux accomplis par la plupart des pays membres de l’OCDE, il reste nécessaire d’en étendre les bienfaits à des millions de nos concitoyens. Cela suppose de réduire les niveaux élevés de chômage dont souffrent un certain nombre de pays membres tout en assurant des filets de protection sociale efficaces. Mais cela suppose aussi la nécessité de veiller à ce que tous les membres de la société se sentent concernés et retirent une part équitable des fruits de la croissance et du développement. Il est important de nous rappeler que l’objectif ultime de nos politiques n’est pas uniquement de favoriser la croissance économique mais, avant tout, le bien-être social.Pour reprendre les termes de M. Donald Johnston, Secrétaire général de l’OCDE, nous « devons susciter pour le prochain millénaire une nouvelle dynamique de croissance et de progrès social dans le monde » dans laquelle la croissance économique, la bonne gestion des affaires publiques et la cohésion sociale seront indispensables pour enclencher un cercle vertueux. Le dialogue, la coopération et le partage des responsabilités en constitueront les principaux éléments.De cette réunion ministérielle, je retire une grande satisfaction. Je suis fier de la contribution que le Mexique a été en mesure d’y apporter. Nous avons confirmé une fois de plus l’intérêt de cette maison commune qu’est l’OCDE, où nous pouvons tirer des enseignements, des expériences des uns et des autres et grâce à une meilleure compréhension de nos besoins et de nos préoccupations, continuer ensemble à faire face aux grands enjeux du monde actuel. C’est seulement ainsi que nous réussirons à renforcer la capacité de nos économies à s’adapter à un environnement mondial en constante évolution.


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