Une aide plus efficace : l'après-Monterrey

Direction de la coopération pour le développement

Il est désormais largement reconnu que l’aide émanant des pays riches est importante pour le développement. Un accroissement de cette aide est nécessaire, mais cela ne suffit pas.

L’aide produit des résultats. Grâce à elle, de nombreux pauvres parviennent à accroître leur revenu, voient s’allonger leur espérance de vie, bénéficient d’une meilleure santé, d’une plus grande sécurité et mènent une vie plus productive. C’est aussi grâce à elle que la variole a pu être éliminée, que la poliomyélite est en voie d’éradication et que l’incidence de l’onchocercose a sensiblement diminué. Même en Afrique subsaharienne, qui affiche les indicateurs de développement les plus médiocres du monde, l’aide a contribué à l’allongement de l’espérance de vie – qui est passée de 42 ans dans les années 1960 à 49 dans les années 1990 – et a permis de multiplier par deux la proportion d’enfants fréquentant l’école primaire (bien que 30 % des filles et 20 % des garçons ne soient toujours pas scolarisés). Bref, l’aide est un catalyseur efficace de croissance économique et de développement social.Un accroissement de l’aide est néanmoins indispensable. D’après les estimations de la Banque mondiale et d’autres instances, la concrétisation des objectifs du millénaire pour le développement (dont un des plus importants est la réduction de moitié, pour 2015, de la proportion des personnes vivant dans l’extrême pauvreté) nécessitera un doublement du volume de l’aide publique au développement (APD) sur le moyen terme. Le Consensus de Monterrey – issu de la Conférence internationale sur le financement du développement tenue en mars 2002 – constitue un premier pas prometteur. Il établit un nouveau partenariat entre pays développés et pays en développement, fondé sur un partage des responsabilités : les pays en développement reconnaissent que c’est à eux qu’il revient au premier chef d’oeuvrer pour leur propre développement économique et social, et les pays développés s’engagent à mettre en oeuvre des moyens financiers et techniques de coopération internationale pour le développement. Les engagements pris par les donateurs à Monterrey sont loin de permettre un doublement de l’APD, mais ils contribueront à inverser la tendance à la baisse des années 1990. En fait, comme le montre le graphique, s’ils sont effectivement remplis, ces engagements porteront la part du revenu national consacrée à l’APD de 0,22 % en 2000 à 0,24 % en 2006 – soit un accroissement en volume de l’ordre de US$13 milliards par rapport aux US$54 milliards que représentait l’APD en 2000.L’efficacité avec laquelle l’aide est utilisée doit en outre être améliorée. Cela implique un report notable de l’aide sur les pays à faible revenu, même s’il faut aussi continuer de prêter assistance à des pays moins pauvres et plus peuplés comptant un grand nombre de déshérités. La mise en oeuvre de politiques saines, la bonne gestion des affaires publiques et la qualité des institutions sont des considérations importantes, mais la pauvreté reste le critère primordial. Les pays qui affichent de bonnes performances recevront une aide accrue.Lorsqu’il a annoncé la création du « Millenium Challenge Account », s’accompagnant d’une augmentation de 50 % de l’aide des États-Unis, le Président Bush a déclaré que celui-ci serait réservé à des projets pour les nations dont les méthodes de gouvernement sont justes et qui investissent dans leur capital humain et encouragent la liberté économique. Le cas de l’Afghanistan vient toutefois indéniablement rappeler la nécessité de maintenir des liens avec les pays fragiles – afin de les aider à régler leurs problèmes de gouvernance et, lorsque cela est possible, à assurer les services sociaux de base. L’efficacité de l’aide doit bien évidemment pouvoir être mesurée. Les objectifs du millénaire pour le développement, adoptés au Sommet du millénaire en 2000, fournissent un cadre pour l’évaluation des avancées obtenues dans les domaines de la réduction de la pauvreté, de l’éducation, de la santé et de l’environnement ainsi que sur les plans du volume de l’aide, de l’accès aux marchés et de l’allégement de la dette. Ces derniers éléments permettent de rendre compte des progrès accomplis par des pays donateurs pour une cohérence des politiques au service du développement – progrès dont un suivi est assuré par les membres du Comité d’aide au développement et les autres membres de l’OCDE dans le cadre de processus d’examens mutuels. Il faut plus encore et le CAD s’emploie, en collaboration avec d’autres instances, à mettre au point des indicateurs de résultat pour lesquels des chiffres pourraient être recueillis chaque année afin de montrer l’efficacité avec laquelle sont utilisées les ressources, qu’elles proviennent de l’aide ou de sources nationales, et de faciliter la répartition future de ces ressources. Cela dit, les chiffres ne disent pas tout et des indicateurs qualitatifs de la gestion des affaires publiques, du respect de l’État de droit et des droits de l’homme seront également utilisés. Parallèlement, dans le cadre de l’initiative PARIS21 (pour plus de précisions, voir www.paris21.org), le CAD soutient activement les efforts de mise en place des capacités statistiques indispensables pour assurer un suivi des progrès accomplis.Enfin, le CAD propose des conseils pour la simplification et l’harmonisation des procédures des donateurs, lesquelles contribueraient à alléger la ponction que la gestion de l’aide exerce sur les capacités des pays partenaires et à réduire les coûts de transaction qui y sont associés.Grâce aux efforts ainsi déployés de toutes parts, une chance sans précédent s’offre à nous de concrétiser les objectifs du millénaire pour le développement, en particulier de faire reculer la pauvreté à l’échelle mondiale, et d’enclencher un développement durable. Nous n’avons pas le choix, cette chance il nous faut la saisir.


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