Modestes perspectives de croissance pour l’économie mondiale

OCDE Observateur
La croissance mondiale devrait enregistrer une légère reprise en l’an 2000. L’activité des pays de l’OCDE pourrait se ralentir et, bien que la situation s’améliore pour certaines économies émergentes, les risques de nouvelles crises ne sont pas à écarter.
La situation économique dans le monde et dans la zone de l’OCDE apparaît désormais plus satisfaisante qu’il y a six mois. Le calme est revenu sur les marchés financiers mondiaux, les craintes de ramifications de la crise en Russie ne se sont pas réalisées et la crise brésilienne s’est limitée à la région. La reprise s’installant dans les économies émergentes d’Asie et la situation des autres régions hors OCDE commençant à se stabiliser, la croissance mondiale devrait demeurer modérée en 1999, aux alentours de 2,5 %, avant de grimper à 3 % l’an prochain.Dans ce contexte général et en l’absence de nouvelles tensions sur les marchés financiers, la croissance au sein de la zone de l’OCDE devrait se situer autour de 2,25 % en 1999 et de 2 % en 2000. Cependant, les perspectives diffèrent selon les principales régions. Aux États-Unis, l’activité économique est restée exceptionnellement vigoureuse avec une croissance rapide, un chômage faible et aucun signe de tensions inflationnistes. La question principale est de savoir si l’économie américaine peut continuer d’opérer encore longtemps dans ce cercle vertueux (voir l’article sur les États-Unis page 9). Des ratios de capitalisation boursière historiquement élevés, une épargne des ménages très faible et un déficit grandissant du solde des opérations courantes sont autant d’indications de déséquilibres croissants de l’économie américaine. La croissance de la production devrait se situer autour de 3,5 % cette année et l’activité devrait se ralentir à environ 2 % en 2000.Actuellement minée par l’atonie des exportations et le manque de confiance des entrepreneurs, la croissance dans l’Union européenne devrait s’accélérer, portée par la relance de la consommation et la reprise graduelle des marchés d’exportations des pays en crise. En moyenne, elle pourrait être de 2 % cette année pour atteindre environ 2,5 % en 2000. Les situations conjoncturelles des différents pays de la zone euro continueront toutefois de diverger fortement. L’écart à la production potentielle devrait en effet nettement se réduire ou disparaître dans la plupart des pays tout en restant important en Allemagne et en Italie. Le taux de chômage dans l’Union européenne devrait atteindre les 10 %, soit le niveau le plus bas enregistré depuis la période précédant la récession du début des années 90.Au Japon, la récession s’est aggravée au cours des derniers mois de 1998, mais récemment, on a pu observer quelques signes positifs suggérant que la situation économique a cessé de se détériorer. Pour l’heure, la poursuite des restructurations dans les entreprises ne permettra pas une reprise de la demande interne en 1999 et le PIB réel pourrait décroître d’environ 1 % avant de se stabiliser en 2000.Les perspectives concernant le reste de la zone de l’OCDE sont mitigées. L’Australie, le Canada, la Grèce, la Hongrie, l’Islande, la Pologne et la Suède devraient continuer de connaître une croissance soutenue, bien que tendant légèrement à se ralentir dans certains cas. L’activité devrait se redresser en Corée et la reprise de l’économie néo-zélandaise, après la récession de l’an dernier, devrait s’affermir. En revanche, la Norvège, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Turquie ne connaîtront que peu ou pas de croissance cette année, et l’activité se ralentira au Danemark pour tomber bien en dessous de son taux potentiel.A l’extérieur de l’OCDE, les performances économiques ont été diverses et les perspectives à court terme ne sont guère encourageantes, même si une amélioration est prévue pour 2000. La situation semble s’être stabilisée dans les économies émergentes d’Asie mais la reprise dans la plupart des pays touchés par la crise ne devrait s’effectuer que graduellement au cours de l’année prochaine. En Chine, la croissance devrait ralentir quelque peu tout en demeurant élevée. Ailleurs, le Brésil enregistre une contraction de son PIB réel, ce qui devrait avoir des conséquences négatives pour le reste de l’Amérique latine, et en Russie, la production devrait continuer de chuter cette année. Pour l’instant, l’impact économique direct du conflit au Kosovo sur les pays voisins paraît limité, bien qu’il demeure certaines incertitudes. Des risques de nouvelles perturbations persistent dans certaines économies émergentes. La situation du Brésil pourrait s’aggraver de nouveau. Les conditions économiques de la Russie pourraient se détériorer davantage avec d’éventuelles répercussions sur les pays voisins. Et le ralentissement de l’économie chinoise pourrait être plus durable que prévu.Toute nouvelle turbulence sur les marchés financiers n’aurait que des effets limités sur la zone de l’OCDE dans son ensemble, dans la mesure où les institutions financières ont réduit leurs engagements à l’égard des marchés émergents. Les excédents de capacité industrielle et la faiblesse de la demande des marchés émergents continueront d’exercer des pressions à la baisse sur les prix mondiaux. C’est là l’un des principaux éléments expliquant les craintes largement exprimées, même si elles ne sont pas pleinement justifiées, d’une déflation mondiale.BibliographiePerspectives économiques de l'OCDE, juin 99


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