Le gouvernement électronique : l'approche britannique

Le gouvernement électronique est au cœur du programme du gouvernement britannique, indique Lucian Hudson, Webmaster General.

Le volume des dépenses liées au commerce électronique a augmenté au Royaume-Uni de 350 % l’an dernier. A l’évidence, malgré les doléances actuelles à la suite de la forte chute du NASDAQ, il ne s’agit pas seulement d’un phénomène de mode mais d’une révolution qui provoque des changements fondamentaux. Les entreprises, les particuliers, de même que le gouvernement en subissent les effets.

En septembre 2000, le Premier ministre britannique Tony Blair, a lancé « UK online », une campagne visant à faire de ce pays l’une des principales économies fondées sur le savoir dans le monde et à veiller à ce que toute personne au Royaume-Uni qui le souhaite ait accès à Internet.

Le gouvernement est déterminé. De fait, mon rôle en qualité de Directeur des communications électroniques au sein de l’Office of the e-Envoy, qui est rattaché au Secrétariat général du gouvernement, traduit fort bien cette détermination. En bref, nous sommes chargés de mener la campagne visant à faire du Royaume-Uni l’une des principales économies fondées sur le savoir dans le monde.

Les gouvernements ont un rôle essentiel à jouer. Il n’entend par là je ne sais quelle notion dépassée d’intervention de l’état mais un rôle qui complète celui du marché et répond aux attentes des consommateurs, des citoyens.

Les mots-clés sont ceux d’accès, de compétences, de confiance pour l’utilisation d’Internet. Nous estimons que le marché assurera un accès à Internet depuis le domicile à environ 60 % à 70 % de la population d’ici à 2003. Cela laisse subsister une minorité importante qui pourrait être exclue de la révolution d’Internet. Cette fracture numérique risque d’exacerber les problèmes d’exclusion sociale. Notre objectif est de parvenir à assurer un accès universel à Internet d’ici à 2005.

À cette fin, nous avons lancé des initiatives pour promouvoir l’accès à partir du domicile, sur le lieu de travail et au sein de la communauté. Nous sommes en train de mettre en place au Royaume-Uni un réseau de près de 6 000 centres en ligne qui permettront à la population d’avoir accès à Internet et de se familiariser avec les TIC.

Les pouvoirs publics doivent aussi assurer les conditions de marché appropriées pour permettre au commerce électronique de se développer. Pour nous, cela implique de procéder à un réexamen du cadre réglementaire et législatif afin de supprimer tous les obstacles au commerce électronique. Nous nous sommes engagés à faire du Royaume-Uni le meilleur endroit au monde pour se livrer au commerce électronique d’ici à 2002.

Nous ciblons également les aides sur les entreprises afin d’aider le Royaume-Uni à développer une communauté d’entreprises concurrentielles et dynamiques qui mettent pleinement à profit les possibilités qu’offre le commerce électronique. La campagne « UK online for business » du Ministère du commerce et de l’industrie permettra d’accroître les aides et les conseils fournis aux petites entreprises. Cette campagne d’un montant de 25 millions de livres sterling visera à faire en sorte que toutes les entreprises mesurent les avantages du commerce électronique.

Le développement d’Internet a conduit les consommateurs à exiger davantage des fournisseurs de services. À une époque où l’on peut effectuer des opérations bancaires en ligne 24 heures sur 24, les gens sont beaucoup moins disposés à tolérer de la part des pouvoirs publics des retards de caractère bureaucratique.

Notre objectif est de parvenir à ce que tous les services gouvernementaux soient accessibles en ligne d’ici à 2005 au plus tard. Nous avons déjà réalisé des progrès notables à cet égard. De fait, 33 % des services gouvernementaux sont déjà en ligne. Il est possible d’avoir accès à des conseils en matière de santé, de transmettre sa déclaration d’impôt et d’avoir accès aux conseils du Foreign Office pour les voyages à l’étranger. D’ici à 2002, 70 % des services seront disponibles en ligne, notamment l’enregistrement de la TVA et la réservation directe de rendez-vous à l’hôpital avec des praticiens généralistes. En 2005, tous les services seront proposés en ligne, notamment les demandes de prestations sociales, les demandes de passeport et l’accès aux dossiers médicaux des patients. Nous nous efforçons d’atteindre cet objectif aussi rapidement que possible, mais certains secteurs nécessitent des investissements importants avant que l’on puisse proposer des services en ligne.

Nous nous employons aussi à faire en sorte que les services gouvernementaux prennent une forme qui soit bien davantage déterminée par les besoins des citoyens. Une bonne analogie pour illustrer ce point est celle du fourmilier contemplant son prochain repas. Le fourmilier ne voit pas des centaines et des milliers de fourmis lorsqu’il s’approche d’une fourmilière mais une masse de fourmis prêtes à être aspirées.

Actuellement, le public tend à considérer l’administration publique de la même façon. Il ne voit pas les différents départements qui fournissent des services mais une masse qu’ils dénomment « administration ». Il faut en tenir compte et répondre en présentant des services au public d’une manière qui lui soit utile. En d’autres termes, ce sont ceux qui sont les plus proches du public visé par le site Web qui devraient décider de son contenu.

A l’heure actuelle, nos services sont organisés et assurés dans le cadre de silos départementaux, ce qui fait que pour tout événement marquant de leur vie, les gens doivent traiter avec un certain nombre d’organismes séparément.

Par exemple, si quelqu’un perd son emploi, il lui faut traiter séparément avec le service de l’emploi, la sécurité sociale, le fisc et probablement la collectivité locale dont il relève.

Ce type de bureaucratie est de plus en plus inacceptable. Les gens ne devraient pas être obligés de savoir qui fait quoi. Actuellement, nous nous employons à relier les services publics. Le nouveau portail à l’intention des citoyens au Royaume-Uni www.ukonline.gov.uk sera organisé autour d’événements spécifiques de la vie comme un déménagement. Cela signifie que l’information ne sera communiquée qu’une fois et qu’elle sera ensuite transmise aux organismes concernés.

En fait, le point d’accès pour les citoyens ne doit pas être forcément un portail ou un site Web gouvernemental. Assurément, nous permettrons aux gens qui le souhaitent d’avoir accès directement aux services gouvernementaux mais pour de nombreuses activités, ce que les gens souhaitent réellement, c’est un ensemble de services fournis par les secteurs privé et public et le point d’accès mis en place par les pouvoirs publics le permettra.

Si une personne déménage, elle peut souhaiter avoir accès aux bases de données de l’état ou des collectivités locales sur les titres fonciers et les restrictions en matière d’utilisation du sol, mais il lui faut traiter avec des agents immobiliers et des juristes du secteur privé. Nous prévoyons de concéder des licences pour le point d’accès mis en place par les pouvoirs publics afin que les entreprises du secteur privé puissent proposer l’ensemble des services que les gens souhaitent. Ces changements sont à opérer maintenant mais l’Internet a évolué rapidement au cours de ces dernières années. Nous devons être prêts à réfléchir de manière stratégique à ce que nous voulons pour l’avenir. Les nouvelles technologies continueront à se développer à un rythme rapide. Il nous faut être prêt et disposé à apporter les solutions qui s’imposent.




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