Énergie : le statu quo

Perspectives énergétiques mondiales : évaluer les approvisionnements d’aujourd’hui pour nourrir la croissance de demain (World Energy Outlook: Assessing Today’s Supplies to Fuel Tomorrow’s Growth)
OCDE Observateur
Lors de la grande panne d’électricité survenue dans une bonne part de la Californie l’an dernier pour cause de pénurie, les pays et entreprises qui investissaient dans l’éolien et le solaire ont dû être gagnés par une certaine exaltation. En effet, une fois le courant rétabli, les experts en énergie auguraient hardiment que les bénéfices de l’industrie solaire doubleraient à l’horizon 2005. Or, la dernière parution de World Energy Outlook prévoit pour les énergies alternatives, une part relativement faible dans la panoplie énergétique mondiale des deux décennies à venir.
Le défi à relever si l’on veut développer les énergies renouvelables tient, en partie, au fait que les réserves de pétrole, de gaz, de charbon et d’uranium sont largement suffisantes pour faire face à la demande dans les prochaines décennies, même au prix d’investissements massifs dans les infrastructures de production et de transport. En outre, comparées aux combustibles fossiles, les énergies renouvelables sont encore chères : si le coût de la bioénergie avoisine celui du charbon ou du gaz, l’énergie éolienne coûte le double et l’énergie solaire est 20 fois plus onéreuse.L’hydraulique est la source d’électricité d’origine renouvelable de loin la plus importante dans les pays de Énergie : le statu quol’OCDE : en 1999, elle représentait 14 % de la production électrique totale de la zone OCDE et 87 % de son électricité d’origine renouvelable. À l’avenir, l’accroissement prévu de la production hydroélectrique interviendra dans les pays en développement à hauteur de 80 %, dont les trois quarts en Chine et en Amérique latine.Chose étonnante, l’intensité énergétique mondiale – c’est-à-dire le rapport de la demande d’énergie primaire au PIB – devrait, selon les prévisions, diminuer de 1,1 % par an d’ici à 2020 ; le pétrole devrait rester prédominant dans le dosage des sources d’énergie primaire utilisées avec une part de 40 % en 2020, presque identique à celle d’aujourd’hui. Et ce malgré la prévision figurant dans World Energy Outlook, selon laquelle les émissions de CO2 liées à l’énergie seront encore trop élevées en 2010 pour pouvoir respecter les engagements pris aux termes du Protocole de Kyoto. D’autres technologies à l’étude ou au stade du développement pourraient modifier radicalement le panorama des approvisionnements à long terme. À l’heure actuelle, les recherches sur les nouvelles technologies sont axées sur la production et l’utilisation de l’hydrogène, celui-ci pouvant être obtenu à l’état pur à partir d’eau à l’aide de capteurs solaires ou d’aérogénérateurs.


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