SANTÉ GÉNÉSIQUE

Objectif : Mettre les services de santé en matière de reproduction à la disposition de tous ceux qui en ont besoin d’ici 2015
La santé génésique a accompli d’importants progrès ces dernières années, mais l’augmentation du nombre de personnes en âge de procréer dans les pays pauvres exige que ces acquis soient préservés et consolidés au cours de la décennie qui vient. La qualité et l’éventail des services offerts font aujourd’hui l’objet d’une attention accrue ; on s’efforce notamment d’élargir la gamme des moyens de contraception proposés, afin de répondre aux besoins des femmes, des hommes et des adolescents.
Les services de santé en matière de reproduction couvrent la planification familiale, les soins pré- et postnatals, la prévention et le traitement des maladies sexuellement transmissibles, telles que le sida, et les initiatives visant à décourager les pratiques dangereuses pour les femmes que sont, par exemple, les mutilations génitales. Autant de services qui fournissent aux femmes et aux hommes, adultes ou adolescents, les connaissances indispensables pour protéger leur santé et celle de leurs familles. Ces services doivent être intégrés au réseau de soins primaires et la priorité doit leur être donnée dans les efforts de réforme et de décentralisation : ces impératifs sont de mieux en mieux compris.En 1989, la République islamique d’Iran a ainsi intégré dans son vaste système de soins primaires un programme national de planification familiale, qui a permis d’améliorer l’accès à la contraception et d’accroître les possibilités de choix en matière de méthodes contraceptives. Suite à la Conférence internationale du Caire (1994) sur la population et le développement (CIPD), ce programme a été étendu à d’autres éléments de la santé génésique. Cette stratégie a porté ses fruits : 73 % des femmes mariées âgées de 15 à 49 ans utilisaient des méthodes contraceptives en 1997, contre seulement 49 % en 1989.Mesurer l’accessibilité aux services de santé en matière de reproduction est loin d’être une tâche aisée. Il faut en effet prendre en compte non seulement la proximité des lieux où ces services sont dispensés, mais aussi les types de services proposés et leur coût, tout en déterminant dans quelle mesure les femmes se sentent libres d’utiliser les services existants.La question de la contraception illustre bien le problème. Si le recours à la contraception a partout progressé durant les années 1990, les pays d’Afrique, et en particulier les plus pauvres d’entre eux, accusent encore un net retard par rapport au reste du monde. Développer l’usage des contraceptifs est bien sûr une question d’accessibilité et d’information, mais cela passe aussi par la redéfinition des relations entre les sexes et de l’équilibre des forces au sein des couples. La santé génésique suppose en effet que les hommes adoptent un comportement sexuel responsable et soient respectueux des droits et de la santé de leur partenaire. L’équilibre des forces au sein des couples est souvent lié à la culture et aux traditions, et c’est pourquoi l’éducation a un rôle déterminant à jouer.Les problèmes des adolescentsAutre défi de taille : comment améliorer l’accès des adolescents à l’information et aux services sur la santé en matière de reproduction ? Plus de 1,1 milliard de personnes dans le monde ont aujourd’hui entre 10 et 19 ans, l’effectif le plus important jamais atteint par cette tranche d'âge. Bon nombre de ces adolescents ne sont pas scolarisés, n’ont accès ni au travail ni aux loisirs, et, pour beaucoup, vivent dans le plus complet dénuement. De plus, un grand nombre d’entre eux n’ont pas suffisamment conscience des dangers auxquels ils sont exposés, n’ont pas les moyens de se protéger eux-mêmes, et sont prêts à prendre des risques pouvant leur être fatals.Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 14 millions d’adolescentes accouchent chaque année. Une forte proportion de ces grossesses ne sont pas désirées et on estime que 4,4 millions d’adolescentes ont recours à l’avortement chaque année. De nombreux adolescents courent également un grave risque de contracter des maladies sexuellement transmissibles, dont le sida. Sur les 33,6 millions d’hommes, de femmes et d’enfants séropositifs ou atteints du sida fin 1999, 95 % vivent dans les pays en développement. Et plus de la moitié des nouveaux cas d’infection touchent des jeunes de 15 à 24 ans. Seuls des programmes nationaux efficaces et une aide internationale massive permettront de s’attaquer aux racines de la pandémie et de redonner espoir à des millions de personnes.Ce constat est à l’origine de l’objectif fixé par la CIPD +5 : d'ici 2005, donner à au moins 90 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans l’accès à l'information, à l'éducation et aux services nécessaires pour mieux se protéger contre le sida. Le but est de faire reculer les taux d’infection dans cette tranche d’âge dans le monde entier, et de les faire chuter de 25 % dans les pays les plus touchés. Pour y parvenir, il faut non seulement offrir un accès plus large à des services de qualité, mais aussi transformer profondément les relations et les comportements humains dans certains de leurs aspects les plus intimes, ainsi que les valeurs et les normes en vigueur. D’où l’importance cruciale des programmes d’éducation -- formels ou non -- et des campagnes d’information. Les comportements ne pourront cependant évoluer qu’avec l’appui des responsables politiques, religieux et locaux, ce qui implique qu’ils prennent conscience de la gravité de la situation. C’est là une dimension essentielle du défi à relever. RéférencesNations unies, 1995, Population et développement, volume 1, Programme d’action adopté lors de la Conférence internationale sur la population et le développement, le Caire, 5-13 septembre 1994. Nations unies, New York.Nations unies, 1999, « Principales mesures pour la poursuite de l'application du Programme d'action de la Conférence internationale sur la population et le développement », Rapport du Comité ad hoc plénier de la vingt et unième session extraordinaire de l’Assemblée générale. Nations unies, New York.Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), 1999, Rapport de l’enquête sur le terrain 1998 du FNUAP : Progress in the Implementation of the ICPD Programme of Action, Nations unies, New York.Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), 2000, Évaluation démographique du pays : République islamique d’Iran, FNUAP, Téhéran.*Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles du FNUAP.


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