Diriger par l’exemple

La Déclaration de l’OCDE sur l’investissement international et les Principes directeurs à l’intention des entreprises multinationales ont été adoptés en 1976. Depuis lors, ils expriment les attentes des pays signataires et de leurs citoyens sur la manière dont les sociétés internationales devraient mener leurs activités et leurs relations avec les gouvernements. Le but de la Déclaration de l’OCDE, dont les Principes directeurs font partie intégrante, est d’améliorer le climat de l’investissement direct étranger. Parallèlement, elle encourage les entreprises multinationales à respecter de bonnes pratiques et à apporter une contribution positive en matière économique, sociale et environnementale dans les pays où elles sont présentes.

D’emblée, les entreprises mondiales ont vu dans ces Principes directeurs un moyen de mettre en lumière les systèmes de gestion solides qu’elles ont mis en place au fil des années. La qualité de ces systèmes légitime les activités des entreprises dans le monde entier et les Principes directeurs offrent aux sociétés l’occasion de diffuser ces normes à l’échelle internationale. Ce constat n’a rien perdu de sa force.Si les Principes directeurs concernaient à l’origine un nombre relativement restreint de pays et d’entreprises multinationales, ce sont aujourd’hui 33 pays, à l’OCDE et ailleurs, et des milliers de sociétés qui s’identifient à leur message. De toute évidence, l’auditoire auquel les pouvoirs publics s’adressent est plus vaste, plus diversifié et géographiquement plus dispersé qu’ils ne l’imaginaient à l’origine. Et, de surcroît, il reflète un éventail de normes culturelles plus étendu.Ces réalités complexes, nous y sommes heureusement confrontés tous les jours en tant qu’hommes d’affaires. Nous savons assez bien ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Les plus grandes et les plus solidement établies des sociétés multinationales s’efforcent continuellement de faire preuve des qualités de direction qui sont le fondement même d’une entreprise bien gérée. Les considérations des Principes directeurs sur les systèmes de gestion sont au coeur même de cet effort : elles décrivent comment les dirigeants et les salariés de la société interagissent les uns avec les autres, mais aussi avec leurs actionnaires et leurs créanciers, leurs clients et leurs fournisseurs, leurs communautés et leurs gouvernements, ainsi qu’avec l’environnement lui-même.Depuis 25 ans, les Principes directeurs initiaux ont été largement intégrés dans la gestion des principales entreprises multinationales. Mais la dynamique mondiale du marché s’est accélérée et les modèles d’entreprise n’ont cessé d’évoluer, et de la même façon les attentes des gouvernements et des citoyens ont changé. D’où l’importance de réexaminer les Principes pour les ajuster au monde d’aujourd’hui. Les milieux d’affaires ont activement participé à ce processus. Dans l’ensemble, les systèmes de gestion des entreprises de premier plan sont en mesure de relever le défi de ces nouveaux Principes directeurs. Cela n’a rien de surprenant dans la mesure où une conduite appropriée est un gage de croissance durable de l’entreprise.Pour ces entreprises, cependant, le véritable défi est d’offrir un exemple vibrant de ces pratiques qui montre la voie à suivre à une population d’opérateurs et d’investisseurs internationaux beaucoup plus nombreuse et toujours croissante. Les Principes directeurs ont un rôle utile à jouer à cet égard.L’adhésion à ces Principes, qui sont le fruit d’un large accord, s’est toujours faite sur une base volontaire, et ce n’est pas sans raison. Nous ne vivons pas dans un monde de clones où des prescriptions uniques conviendraient à tout un chacun. La quête de diversité politique d’épanouissement personnel se porte mieux que jamais. Une véritable entreprise citoyenne est une entreprise qui s’adapte aux coutumes locales et respecte les lois et règlements dans chacun de ses domaines d’activité. Cela peut nous amener à traiter avec des centaines d’administrations nationales, provinciales et municipales. Mais cela ne nous empêche pas pour autant d’appliquer nos systèmes de gestion partout. C’est ce que nous faisons, et c’est ce que nous continuerons à faire.Les pouvoirs publics ont demandé aux entreprises de prendre les devants pour mettre en oeuvre les Principes directeurs et il leur appartient aussi de le faire clairement comprendre à leurs citoyens. La mise en oeuvre des Principes doit progresser, tout en s’accompagnant d’une reconnaissance complète de la diversité et de la complexité du marché planétaire. Les processus et procédures mis en place à cet effet doivent faire preuve d’une intégrité et d’une discipline sans faille et ne doivent tolérer aucun abus. La bonne foi de toutes les parties est indispensable à la mise en oeuvre des Principes. Mais n’oublions pas le rôle primordial joué par le secteur privé pour créer de la richesse et diffuser la prospérité au profit de tous les citoyens de la société. Dans les pays en voie de développement, l’investissement direct étranger est une composante essentielle de la croissance et un passeport pour le marché mondial. Il n’est donc pas surprenant que nombre de ces pays libéralisent rapidement leurs régimes d’investissement. De l’avis général, les nouveaux investissements suscitent de précieuses créations d’emplois, mais s’accompagnent également d’une importation massive de systèmes de gestion modernes, de savoir-faire, de technologies et de compétences. Les meilleures pratiques italiennes sont ainsi diffusées en Suède et le meilleur de la Suède se transmet aux États-Unis ou à l’Égypte, le processus se poursuivant de la sorte dans le monde entier. Nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres et beaucoup à apporter à l’économie mondiale. Telles sont précisément les questions abordées par les Principes directeurs.Toute amélioration liée à l’activité des entreprises – fruit de négociation ou recommandation – apportée au cadre de politique publique d’un pays constitue à l’évidence un ingrédient essentiel de la croissance économique mondiale. Les entreprises attendent beaucoup de l’État, mais les citoyens ne devraient pas s’attendre à ce que le secteur privé assume le rôle des pouvoirs publics.Un investissement moderne et efficient a des retombées positives sur la productivité du pays d’accueil et élève le niveau de vie. Si une entreprise, nouvellement créée ou modernisée, considère le monde entier comme son marché, au lieu de se cantonner à un village, une ville ou même une région, elle peut apporter de précieux apports financiers au pays hôte à travers des clients de marchés extérieurs jusque-là inexplorés.Lorsqu’ils analysent la dynamique de la croissance dans le monde, les économistes de l’OCDE s’accordent pour considérer qu’un de ces éléments essentiels est l’absorption de technologie dans les systèmes, les procédés et les activités de l’économie tout entière. Les gouvernements prenant conscience de cette mutation fondamentale, on peut s’attendre à ce qu’une prochaine vague massive d’investissements technologiques dans les pays en développement et développés donne une nouvelle impulsion à la croissance mondiale.Nous vivons de plus en plus dans un monde global. L’économie d’Internet ouvre toutes les frontières nationales et commence à instaurer partout les mêmes conditions de marché. De telles perspectives sont stimulantes aussi bien pour l’État que pour les entreprises. Une nouvelle vague d’investissements peut créer de la richesse et des emplois dans le monde entier, et réduire ainsi la pauvreté, les déséquilibres régionaux et le chômage. Elle créera un véritable réseau d’informations entre tous les êtres humains et aidera à construire une société du savoir où l’intelligence et les compétences seront la ressource stratégique. C’est en gardant ces objectifs à l’esprit qu’il faut mettre en oeuvre les Principes directeurs.© L’Observateur de l’OCDE, Nº225, Mars 2001


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