Internet : les étudiants deviennent enseignants

Des étudiants estiment que leurs enseignants ne possèdent que rarement les compétences nécessaires requises pour naviguer sur Internet à l’école, sans parler de leur capacité à l’enseigner ou à l’utiliser comme outil d’apprentissage.

Dans leur grande majorité, les enseignants des pays de l'OCDE ne maîtrisent pas suffisamment les technologies de l'information et de la communication (TIC), et notamment l’Internet, pour s’en servir comme outil d’apprentissage. Telle était du moins la conclusion de 29 étudiants de pays de l’OCDE qui se sont réunis avec des décideurs et des experts de l’OCDE à Aix-en-Provence, France en décembre dernier.Les jeunes affirment que leurs enseignants n'ont pas été formés à travailler sur Internet et qu’ils ne possèdent que le strict minimum des compétences techniques nécessaires à son fonctionnement. Qui plus est, ils n’ont pratiquement aucune formation à l’utilisation pédagogique d’Internet appropriée à les aider à atteindre l’objectif d’apprentissage qu’ils se fixent. Ils ne sont donc pas en mesure de contrôler le processus d’apprentissage sur Internet, d’éviter les pièges et d’aider les élèves en difficulté.Les problèmes les plus fréquemment rencontrés par les étudiants ont trait à la sélection de l’information sur le web. Plusieurs élèves ont indiqué par exemple qu’ils se sont « servis d’Internet […] pour découvrir ultérieurement que les renseignements trouvés étaient dépassés ou inexacts ». Les enseignants ont du mal à aiguiller leurs élèves vers les sites les plus intéressants.A cela s'ajoute le fait que, lorsque les enseignants veulent utiliser Internet comme aide pédagogique dans leurs enseignements, ils se préparent comme s’il s’agissait d’utiliser simplement un autre média (comme l’audio ou la vidéo) pour un cours ordinaire ; ils appliquent dès lors des principes pédagogiques traditionnels à des méthodes novatrices de transmission du savoir. Le résultat est souvent médiocre : « si le professeur se contente d'utiliser Internet de façon improvisée, cela peut être très frustrant » affirmait-on à la table ronde. Parmi les conclusions des étudiants, on note que plus de temps doit être imparti à un cours s'appuyant sur les TIC qu’à un cours traditionnel. En effet, le temps de mise en place des élèves à leur poste de travail, la recherche infructueuse d'informations sur la Toile, les divers problèmes techniques qui surviennent régu-lièrement, provoquent des pertes de temps considérables, pouvant atteindre 20 à 30% de la durée du cours (et on ne peut attribuer toute cette perte de temps aux défaillances de la technologie).D'où l'importance pour l’enseignant de bien définir au préalable les objectifs à atteindre pendant un cours utilisant Internet, et de réfléchir à l’aide véritable que peuvent apporter les Cd-Rom ou Internet.L’utilisation d’Internet pose un autre défi : le partage du savoir. Tout d’abord entre élèves et enseignants : dans la mesure où de nombreux élèves possèdent souvent une connaissance plus approfondie des TIC que leurs enseignants – en particulier d’Internet - on pourrait imaginer qu’une coopération entre des élèves compétents et leurs enseignants puisse s’établir afin de garantir la réussite du cours. Mais il faut aussi qu’une coopération entre élèves s’organise au travers de groupes mélangeant un élève familier avec le fonctionnement d’Internet et la recherche de l’information, avec un autre élève bien moins compétent. C'est le travail de groupe bien organisé sur lequel les élèves de la table ronde ont fortement insisté. C’est aussi un moyen, ont-ils conclu, de contribuer à réduire la fracture numérique entre « les nantis » et « les démunis » en ordinateurs personnels. La solution à ce grave problème de formation peut paraître évidente – consacrer plus de moyens à la formation technique et pédagogique des enseignants aux TIC. Mais comment faire pour que des enseignants même formés acceptent vraiment de remettre en cause leurs pratiques péda-gogiques traditionnelles et commencent à utiliser les TIC de façon différente ? La réponse n’est pas simple. Mais une chose est certaine, qu’ils le veuillent ou non, les enseignants seront obligés de suivre l’exemple des employés d’autres secteurs de la société et accepter la nouvelle technologie comme étant un outil de base aussi universel que le crayon et le papier.© L’Observateur de l’OCDE, Nº224, Janvier 2001Référence• Centre pour la Recherche et l’Innovation dans l’Enseignement de l’OCDE (CERI) : Apprendre à l’aide des technologies de l’information et de la communication : le point de vue des élèves et des étudiants, Table ronde de l’OCDE, 8-9 décembre 2000 (Aix-en-Provence, France)


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