Les systèmes de santé

Courrier des lecteurs
Un article publié dans le No 223 de l’Observateur de l’OCDE donne à penser que les français bénéficieraient du meilleur système de santé au monde: un système certes coûteux , mais très bon. Et la France serait immédiatement suivie par l’Italie, San Marin, Andorre, Malte et Singapour (d’après une étude de l’OMS).Selon quels critères? L’absence de maladies ou le pourcentage de guérisons? Non pas. Le bien-être mesuré par un faible taux de suicides, d’accidents ou d’alcoolisme? Non pas. Les principaux critères utilisés, outre la distribution plus ou moins équitable des soins, concernent la mortalité aux deux bouts de la vie et la satisfaction des usagers. Il est étonnant de retenir, au moins pour les pays développés, un critère aussi rudimentaire que la mortalité à un âge avancé: l’absence de mort est-il le meilleur critère de santé? Disons plutôt qu’il est le plus difficile à mesurer.Quant à la satisfaction des patients, là encore, il s’agit d’un indicateur qui n’indique pas grand chose. La preuve en est que la France compte 66% de satisfaits, alors que l’Italie – pourtant deuxième au classement de l’OMS- n’en compterait que 20 %. Les Italiens seraient-ils plus objectifs ou plus dubitatifs au sujet de leur santé que ne le sont les Français? A quand une analyse sérieuse de la santé (comme l’OCDE le fait pour l’éducation) ? Dépenses contre résultats, c’est-à-dire : faible proportion de cancers, de cirrhoses et autres maladies dues à l’alcoolisme, de maladies cardiovasculaires, de paralysies et traumatismes par accident de la route, de maladies mentales, de troubles du sommeil, de maladies nosocomiales (dues à l’hygiène douteuse de certains milieux hospitaliers), etc. Il ne suffit pas de croire être bien soigné pour que cela constitue un critère sérieux de mesure de la santé.Ariel Alexandre, Vence, France


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