Relever les défis mondiaux liés au développement

Les pays en développement ont obtenu des avancées remarquables, aux plans économique et social, depuis une trentaine d’années. L’espérance de vie y est passée de 41 à 62 ans, les taux de mortalité infantile ont baissé de 50 % et les taux de scolarisation dans le primaire ont doublé. Cela dit, un habitant sur quatre du monde en développement vit encore dans une extrême pauvreté, fléau qui touche plus particulièrement les femmes et les filles.

La réduction de moitié, pour 2015, du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté reste compromise par des conflits violents et les pressions grandissantes qui s’exercent sur l’environnement.

L’OCDE a élaboré trois ensembles de lignes directrices afin de fournir aux organismes d’aide des conseils pratiques pour orienter leur action dans les domaines de la lutte contre la pauvreté, du développement durable et de la prévention des conflits. Ces lignes directrices visent à améliorer la cohérence des politiques dans des domaines aussi importants que l’allégement de la dette, les échanges, l’investissement, l’agriculture, l’environnement, les migrations, la recherche médicale, la sécurité et les ventes d’armes.

Elles soulignent l’importance de la bonne gestion des affaires publiques et de saines politiques économiques en favorisant un renforcement des moyens d’expression des pauvres et des groupes marginalisés, la participation et le respect des règles démocratiques, la concurrence sur les marchés, l’efficience des institutions et une gestion macro-économique prudente.

Parmi les objectifs clés sont l’amélioration de l’égalité entre les sexes, la mise en place de stratégies de croissance favorables aux pauvres, qui aient des retombées directes substantielles pour les pauvres, y compris les groupes ethniques et sociaux marginalisés. L’élaboration de dispositifs d’assistance et de dialogue fondés sur des analyses solides, des mécanismes efficaces de suivi et d’évaluation et la consultation à tous les niveaux sont aussi importants, tout comme la constitution de larges partenariats entre les donneurs et les gouvernements des pays partenaires, et avec la société civile, y compris les ONG et le secteur privé.

Il se dégage au sein de la communauté internationale un net consensus autour de l’objectif pluridimensionnel qu’est la réduction de la pauvreté dans le monde en développement. Les Lignes directrices du CAD pour la réduction de la pauvreté mettent en évidence des avancées, au sein des organismes de coopération pour le développement, sur un certain nombre de plans, notamment un accord sur des approches communes pour appréhender ce que recouvre la pauvreté, la mesurer et cibler l’action sur cette dernière en collaboration avec les partenaires dans les pays en développement .

Afin de favoriser l’appropriation et la durabilité, les organismes de coopération pour le développement redoubleront d’efforts pour coordonner leur aide de caractère général et leur aide-projet dans le cadre de programmes sectoriels définis par les pays. Priorité sera notamment donnée au renforcement des capacités, à la réforme des institutions et à la participation étendue des acteurs locaux. Pour obtenir une réduction de la pauvreté, il est capital d’instaurer une croissance rapide à laquelle les pauvres participent pleinement. Cela implique des mesures visant notamment à améliorer l’accès à l’éduc-ation, au crédit et à la terre, y compris pour les femmes et les filles.

Le développement durable suppose l’intégration des objectifs économiques, sociaux et environnementaux selon des modalités permettant de maximiser aujourd’hui le bien-être de la collectivité sans compromettre la capacité des générations futures de subvenir à leurs besoins. Les Orientations pratiques du CAD pour la coopération en matière de développement concernant les stratégies de développement durable recensent les stratégies qui mènent au succès, lesquelles ont notamment pour caractéristiques de : •favoriser la convergence entre les différentes stratégies en place dans un pays. Cela est essentiel pour éviter les contradictions entre les cadres régissant l’orientation de l’action dans les différents domaines, les doubles emplois et une surtension des capacités de développe-ment. Ce qui est important c’est l’intégration sur le fonds, non les étiquettes ou l’élaboration de nouvelles stratégies supplémentaires ; •encourager les processus participatifs et le recours à des outils analytiques. C’est le meilleur moyen d’assurer un suivi des évolutions sociales, économiques et environnementales, de définir les objectifs prioritaires de l’action des pouvoirs publics, de faire en sorte que les attentes restent réalistes et de mesurer les progrès accomplis. Les groupes marginalisés et les entreprises doivent être associés à l’action engagée dans ce sens.

Travailler dans une région ravagée par la guerre soulève des problèmes majeurs pour les organismes de coopération pour le développement. Le document intitulé Contribuer à prévenir les conflits violents : orientations à l’intention des partenaires extérieurs est un complément aux lignes directrices du CAD sur Les conflits, la paix et la coopération pour le développement à l’aube du XXIe siècle parues en 1997. Parmi les principes fondamentaux devant étayer les efforts de prévention des conflits violents figurent les suivants : •Reconnaître le potentiel, mais aussi les limites, de l’influence que peut exercer la communauté internationale sur les situations de conflit violent, et adopter une attitude constructive tendant à favoriser la paix et à décourager la violence.

•Aider les sociétés concernées à régler les déchirants problèmes de justice et de réconciliation, et soutenir les initiatives de paix, y compris celles émanant des organisations de femmes et des groupes marginalisés.

•Encourager le partenariat avec la société civile. Le rôle que peuvent jouer les entreprises – nationales et internationales – a jusqu’ici été relativement négligé. Or, les entreprises ont des moyens de contribuer à prévenir la violence et d'éviter de l’alimenter.

•Tenir compte de l’économie politique de la guerre, laquelle autorise des actes de corruption et de délinquance et est source d’intérêts acquis qui en incitent certains à souhaiter l’éclatement et la perpétuation des conflits violents.




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