Responsabiliser les multinationales

OCDE Observateur

Les petites et moyennes entreprises ont beau être à la mode dans les politiques du développement, le rôle potentiel des multinationales ne doit pas être négligé pour autant. Il est avéré que ces dernières ont une influence positive sur l'emploi et les salaires, et qu'elles améliorent l'intégration des fournisseurs locaux dans les marchés internationaux, ainsi que leur savoir-faire, leur niveau technologique et leur productivité.

Cependant, certaines grandes sociétés investissent ou co-investissent dans des pays où la pauvreté est endémique et les droits de l'homme bafoués. Certaines d'entre elles admettent qu'elles n'ont pas pu améliorer les conditions de travail locales.

Beaucoup pensent que les multinationales devraient contribuer davantage au développement et au bien-être des pays où elles investissent. Comment les y encourager ? La crise a mis l'accent sur cette question, incitant les décideurs politiques à examiner les instruments disponibles.

Les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales en font partie. Ces standards, auxquels souscrivent de nombreux États, ont également été adoptés par de nombreuses entreprises dans le monde en tant que gage de responsabilité, de respect des droits de l'homme et de développement durable. Cependant, leur dernière révision date de 2000, et une nouvelle mise à jour pourrait, comme les ministres de l'OCDE l'ont suggéré en juin, « améliorer leur pertinence et clarifier les responsabilités du secteur privé ». Tous les membres de l'OCDE, ainsi qu'une douzaine d'autres pays, adhèrent à ces principes directeurs ; au moment où nous écrivons, le Maroc prévoit d'en devenir le 42ème signataire. Lors du 8ème Forum mondial sur l'investissement international des 7 et 8 décembre, une réunion spéciale sur les Principes directeurs à l'intention des multinationales doit définir certains domaines d'action. Selon John Evans, secrétaire général de la Commission syndicale consultative auprès de l'OCDE (TUAC), la priorité à court terme est de créer des emplois, et, à moyen terme, « d'établir un nouveau modèle économique mondial, afin de contrecarrer la crise qui a submergé sans distinction les pays développés et en développement. » Comme il l'explique à l'OCDE, la participation des pays du MENA est cruciale : « La priorité consiste à assurer un investissement durable, qui réponde aux objectifs de développement social, environnemental et économique. Le TUAC est convaincu que les Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales sont l'un des instruments les plus efficaces pour le développement durable. »

Les Principes directeurs sont des recommendations destinées à améliorer le comportement des entreprises. Ils visent non seulement à protéger les droits des travailleurs et l'environnement dans le cadre de l'investissement international, mais également à cultiver la bonne gouvernance grâce à des dispositions sur la corruption, la transparence et la divulgation d'informations. Bien que ces dispositions ne soient pas juridiquement contraignantes, toutes les multinationales qui siègent dans des pays adhérents sont censées s'y conformer. Et les gouvernements adhérents sont tenus d'en assurer le respect.

Les syndicats du monde entier utilisent ces principes directeurs avec certains succès récents. « Nous avons tâché de développer des partenariats avec des syndicats de la région MENA, indique John Martin. Il s'agit désormais d'assurer un meilleur respect des Principes directeurs de l'OCDE par les entreprises qui investissent dans la région MENA. »    RJC


Voir www.oecd.org/daf/investissement/principesdirecteurs

Voir également www.tuac.org

Hijzen, Alexander et Paul Swaim (2008), « Les multinationales favorisent-elles les salaires et les conditions de travail ? », L'Observateur de l'OCDE n° 269, octobre.

©L'Observateur de l'OCDE n° 275, novembre 2009 




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