Nouvelle société, nouvelle gouvernance

L’entrée dans la « société de la connaissance » ne se manifeste pas seulement dans la sphère économique et professionnelle. On voit aussi apparaître une profonde modification dans l’approche qu’ont nos concitoyens des questions scientifiques et techniques. Non que leur intérêt pour ces questions se soit émoussé, bien au contraire, mais ils sont maintenant beaucoup moins demandeurs d’une pure connaissance des faits, des phénomènes, des théories, que d’une réflexion partagée sur les impacts des nouvelles connaissances et des nouvelles techniques sur leur propre vie.

C’est ainsi que les questions qu’ils se posent et qu’ils posent relèvent dans leur très grande majorité de trois grandes thématiques : la biologie (santé, nourriture, génétique, …), l’environnement global (évolution du climat, partage des ressources, …), et les nouvelles technologies (impacts sur les métiers, l’emploi, …). En résumé, leurs questions concernent leur vie, privée et professionnelle, et l’avenir de leurs descendants.Notons d’ailleurs que ce mouvement de questionnement procède non seulement d’une évolution générale des esprits et des représentations, mais également du développement de la science (de la techno-science) elle-même, qui aborde désormais des questions de plus en plus complexes, donc disputées, incertaines et qui rend maintenant publique sa propre incertitude.Cette évolution dans le rapport « science – technique – société » réhabilite la « connaissance profane » ; c’est ainsi par exemple que l’on voit se développer dans le domaine médical la « cogestion » de la maladie par les patients et leurs proches. Mais cette évolution n’a pas que des aspects positifs, car elle implique aussi une certaine « privatisation » des connaissances et un recul de la connaissance partagée, donc, paradoxalement, un rétrécissement de l’espace public. Le mécanisme des médias modernes contribue au manque de recul et de cohérence. Se crée ainsi un nouveau contexte socio-culturel dans lequel toutes les opinions se valent, toutes les interprétations sont également valables, et toutes les revendications – éventuellement contradictoires – sont justifiées. Ce mouvement rend donc obsolète le mode de gouvernance traditionnel des sociétés démocratiques, notamment pour les questions qui impliquent une forte composante scientifique et technique, et des enjeux affectifs (énergie, déchets, environnement, alimentation …). Le savoir et le rôle des « experts » sont contestés ; dans le triangle de relations « décideurs – médias – opinion publique » apparaissent des boucles d’instabilité. Il y a sans doute là un enjeu majeur pour nos sociétés qui se veulent tout à la fois avancées techniquement, ouvertes et démocratiques : ne sacrifier, ni le progrès, ni la démocratie. Il nous faudra donc bâtir une nouvelle gouvernance pour cette société nouvelle. Le Forum 2001 de l'OCDE constitue un premier pas en ce sens puisqu'il permet au monde politique, aux médias et à la société civile d'échanger leurs vues sur des questions comme le développement durable et la nouvelle économie. C'est sur ce type de dialogues publics que la nouvelle gouvernance s'érigera.*La Cité des Sciences et de l’Industrie accueille le Forum 2001 de l’OCDE.


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