La crise et au-delà

Bâtir une économie mondiale plus forte, plus propre et plus juste
OCDE Observateur

Cette année, la Réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres, temps fort de l'agenda de l'organisation, s'est tenu dans une période de crise économique et financière sans précédent depuis des décennies.

« Il s'agit d'opérer un changement radical d'orientation des politiques, » a déclaré sans ambages le Premier ministre coréen Han Seung-soo, président de la Réunion ministérielle 2009, à propos d'une déclaration sur la croissance verte signée par les 30 pays de l'OCDE plus le Chili, l'Estonie, Israël et la Slovénie. Cette déclaration charge l'OCDE d'élaborer une Stratégie pour la croissance verte en intégrant les aspects économiques, environnementaux, technologiques, financiers et le développement. Un premier rapport sera présenté à la prochaine Réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des Ministres, en 2010.

Les ministres de 40 pays*, représentant 80 % de l'économie mondiale, ont participé à la réunion ministérielle pour débattre des moyens de rétablir la stabilité financière et une croissance viable à long terme. Le communiqué ministériel a abordé de nombreux sujets.** Convenant que des années de croissance mondiale déséquilibrée et de défaillances majeures du secteur financier, de la réglementation et du contrôle ont été des causes fondamentales de la crise, les ministres se sont dits déterminés à « mettre en oeuvre des réformes de nature à améliorer l'efficacité de la réglementation et à aider à prévenir de nouvelles crises financières. »

Évoquant les initiatives résolues en ce sens des gouvernements et des organes internationaux, les ministres ont souligné la nécessité qu'« une reprise équilibrée et durable » serve les populations en traitant « les dimensions sociales et humaines de la crise. »

Entretemps, « des réformes structurelles qui accroissent la flexibilité et la productivité de nos économies (...) seront essentielles pour remédier à la détérioration de nos budgets publics et au recul du niveau de vie provoqués par la crise », ont indiqué les ministres. Dans cette optique, la Stratégie pour l'innovation de l'OCDE, prévue pour 2010, « constituera une source importante d'orientations visant à stimuler la productivité, la compétitivité et la croissance. »

Les ministres ont souligné l'importance du développement pour une économie mondiale plus forte et plus équitable, et de prendre des mesures pour « atténuer les répercussions de la récession actuelle sur les pauvres et les personnes vulnérables dans le monde. » Ils ont réaffirmé leurs engagements sur le volume et l'efficacité de l'aide, la cohérence des politiques et le financement.

Concernant les échanges, les ministres ont appelé l'OCDE, en coopération avec l'OMC, à continuer de promouvoir une aide efficace pour le commerce au profit des pays en développement. Ils ont réaffirmé leur détermination à résister au protectionnisme, la liberté des échanges et des investissements étant essentielle à une croissance économique viable, en particulier pour des pays en développement.

Les ministres ont souligné l'urgence de conclure « un accord ambitieux, équilibré et complet » dans le cadre des négociations de Doha, et la nécessité, pour soutenir les échanges, que « des crédits à l'exportation, en particulier pour les marchés émergents et les pays en développement, soient disponibles. »

Ils ont affirmé leur ferme attachement « aux principes de probité, d'intégrité et de transparence » pour rétablir la confiance dans les marchés, et ont convenu de la nécessité d'élaborer un ensemble de normes et de processus communs concernant la conduite des entreprises et des établissements financiers internationaux.

Ils ont en outre appelé l'OCDE à intensifier ses travaux sur le gouvernement d'entreprise et la culture financière, et ont salué la mise à jour des Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales. Ils se sont également déclarés favorables à une action vigoureuse contre la corruption dans les transactions commerciales internationales, y compris grâce à la Convention anticorruption de l'OCDE.

Enfin, les ministres se sont félicités de l'adoption quasi-universelle des principes de transparence et d'échange effectif de renseignements fiscaux élaborés par l'OCDE, et ils ont salué le rôle de l'OCDE en la matière sur la scène internationale (voir En bref, page 5). RJC

Voir le communiqué complet sur www.oecd.org/forum2009-fr

*Les 30 pays membres de l'OCDE, ainsi que cinq pays candidats à l'adhésion - Le Chili, L'Estonie, Israël, la Russie et la Slovénie - et cinq grandes économies avec lesquelles l'OCDE met en oeuvre une stratégie « d'engagement renforcé » - l'Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l'Inde et l'Indonésie. La réunion était co-présidée par le Danemark, futur hôte de la conférence de l'ONU sur le changement climatique en décembre, le Royaume-Uni, qui présidait alors le G20, et l'Italie, qui présidait le G8.

**Outre les pays membres de l'OCDE, les cinq pays candidats à l'adhésion ont participé au communiqué. L'Argentine et Hong Kong, Chine ont souscrit aux conclusions sur les échanges.

©L'Observateur de l'OCDE n° 274, octobre 2009




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