Vers un avenir durable

En ce début du XXIe siècle, le bilan de l’effort collectif mené par nos gouvernements pour promouvoir un développement durable à l'échelle planétaire n’est guère satisfaisant. Malgré les progrès réalisés dans certains domaines, nous n'avons pas été en mesure d’inverser les tendances préoccupantes du développement mondial. Un trop grand nombre d’hommes et de femmes vivent encore dans le dénuement le plus total, et dans beaucoup de régions, l'eau, la terre et les autres ressources naturelles sont exploitées bien au-delà du tolérable.

Dans les pays riches, l'amélioration du rendement de l'énergie et de l'utilisation des ressources n'a souvent pas été suffisante pour compenser l'augmentation de la consommation. Si les investissements privés se sont fortement accrus dans le monde en développement, c’est seulement au profit d'un très petit nombre de pays. Qui plus est, l'aide publique au développement a diminué. Les Chefs d'État qui se réuniront en Afrique du sud en 2002, lors du Sommet mondial sur le développement durable, ne pourront que reconnaître la médiocrité des progrès réalisés depuis la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement (CNUCED), qui s'est tenue à Rio de Janeiro en 1992. Il est par conséquent capital de ranimer l'enthousiasme et de réaffirmer la volonté politique qui s'étaient exprimés à Rio.Nous avons de bonnes raisons pour nous sentir encouragés. L'expérience montre que la croissance et le développement durable sont compatibles. La nécessité de faire évoluer les choses est désormais bien comprise. Nous savons que la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales doit reposer sur une gestion durable des ressources naturelles et des écosystèmes, et que la consommation de ressources naturelles et l’exploitation de l'environnement doivent, partout, être découplées du rythme de l'expansion économique. Nous devons disposer de mécanismes plus efficaces pour diffuser rapidement des technologies moins polluantes et un partenariat fondé sur la confiance doit être instauré entre le Nord et le Sud pour assurer un développement durable d’un point de vue économique, social et environnemental.Tout indique que la croissance économique et démographique mondiale continuera de mettre la nature à rude épreuve pendant encore de longues années. Les problèmes environnementaux sont légion. La dégradation des sols est un problème majeur dans les pays riches comme dans les pays pauvres. La pollution et la surexploitation des stocks de poisson continuent de dégrader nos mers et nos océans. De graves dangers menacent le climat, la couche d'ozone et la diversité biologique, sans compter la diffusion des produits chimiques dangereux, le déboisement, la dégradation des terres arables, la désertification, le manque d'eau ou les multiples menaces qui pèsent sur la santé humaine.Comment pourrions-nous continuer à ce rythme, en sachant que la population mondiale augmentera de 50 % au cours des 50 prochaines années ? Il est impératif d'agir au niveau mondial pour corriger les modes de production et de consommation non-durables auxquels nous nous sommes habitués.L'attention que nous portons à la nature et à l'environnement doit être intégrée aux politiques industrielles, agricoles et forestières, aux politiques de l'énergie et des transports, à la politique de la ville et aux stratégies de développement régional. Les forces du marché doivent, elles aussi, être mises au service du développement durable. L'internalisation des coûts (c'est-à-dire l'application du principe pollueur-payeur), les écotaxes, la suppression progressive des subventions nuisibles à l'environnement et les aides en faveur des technologies peu polluantes : autant d'éléments essentiels que doivent intégrer les politiques économiques de demain.Les pays industrialisés sont en grande partie responsables de l'état actuel de la planète. C’est pourquoi la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des Ministres des 16 et 17 mai 2001 revêt une importance si particulière. Je suis fier que le Danemark ait l'honneur de présider cette rencontre qui, pour dire les choses de but en blanc, nous assigne la responsabilité historique de formuler des recommandations propres à guider notre réflexion et notre action pendant les années à venir. Nous devons notamment établir des liens indissociables entre le développement durable et la politique commerciale, ainsi qu’avec les politiques liées à la technologie et à la nouvelle économie. C’est de chacun de nos actes que dépend le développement durable, comme le souligneront certainement les débats du Forum 2001 de l'OCDE, organisé parallèlement à la réunion ministérielle. Les travaux de l'OCDE sur le développement durable aideront les nations industrialisées à mettre en place de nouveaux cadres d'action et à assurer la transition vers le développement durable. Dans un premier temps, nous devrions sérieusement envisager d’intégrer le développement durable dans nos exercices d'examens économiques. Dans cette optique, nos pays doivent définir de concert un ensemble d'indicateurs de base permettant de mesurer les progrès du découplage de la croissance économique et de l'exploitation de l'environnement et des ressources naturelles. Cela aiderait grandement à faire évoluer la réflexion de nos dirigeants dans la perspective du Sommet mondial sur le développement durable.Notre principale mission est de rendre la lutte contre la pauvreté et l'inégalité solidaire de l'utilisation durable des ressources naturelles et des écosystèmes. Et nous devons le faire en veillant à ce que chaque pays puisse développer et améliorer le bien-être de sa population sans se lancer tête baissée dans une course à l'exploitation des ressources. Si les politiques des échanges et des investissements, les politiques environnementales et sociales se soutiennent mutuellement, un grand pas est déjà fait sur la voie du développement durable. Les pays de l'OCDE doivent donc renforcer cette cohérence, aussi bien au plan interne que lors des négociations internationales.L'expérience nationale et internationale du Danemark en matière d'environnement démontre qu'on ne réalise de progrès qu'avec le concours actif de tous les citoyens. C'est la raison pour laquelle le Danemark défend si ardemment la Convention d'Århus signée en 1998 entre la CEE et l'ONU sur l'accès à l'information, la participation du public au processus décisionnel et l'accès à la justice en matière d'environnement. La transparence et la participation de l'opinion doivent être au coeur des efforts que nous déployons pour réaliser le développement durable et concilier les besoins de l'homme et de la nature.Le développement durable peut être assimilé à une cible mouvante. Il ne suffit pas d'adapter les politiques et les recommandations aux réalités d'aujourd'hui. Nous devons anticiper le changement et être prêts à relever les défis de demain. Mon voeu le plus cher est que la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des Ministres soit le reflet de cette ambition.


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