André Faber

Privilégier l'activité

Vice-President, Labor Affairs and Corporate Responsibility, United States Council for International Business

Les gouvernements doivent poursuivre les politiques d'emploi et les changements structurels qui encouragent la création d'entreprise, l'entrepreneuriat et l'innovation.

Grâce à la réaction rapide et importante des gouvernements face à la crise, de nombreux pays connaissent aujourd'hui des premiers signes de reprise. Cependant, de grandes incertitudes subsistent et le chômage augmente toujours dans de nombreux pays. Il a atteint 8,5 % dans la zone OCDE en juillet 2009, un record depuis la guerre, soit 15 millions de chômeurs en plus depuis le début de la crise, selon l'OCDE. Sans compter qu'en 2007, la zone OCDE avait connu son plus bas taux de chômage depuis 25 ans, à 5,6 %.

Pour que la reprise mondiale s'affermisse, les gouvernements doivent mener des actions coordonnées et cohérentes pour rétablir la confiance dans les marchés financiers et la disponibilité du capital. Les gouvernements doivent aussi veiller à ce que les règles du marché du travail et de la politique sociale soutiennent l'activité des entreprises, afin de conserver plus d'emplois et d'en créer de nouveaux.

En un mot, les politiques publiques doivent soutenir les entreprises. Les gouvernements doivent poursuivre les politiques d'emploi et les changements structurels qui encouragent la création d'entreprises, l'entrepreneuriat et l'innovation - seuls fondements durables de la création de richesse, d'emplois et de nouveaux biens et services. Les politiques de relance doivent en outre être ciblées, rapides et temporaires, l'objectif étant la reprise à long terme.

Les politiques de croissance de l'emploi doivent reposer sur cinq principes fondamentaux :

Il faut soutenir la création d'emplois. Des emplois peuvent être créés grâce à des mesures de relance et d'urgence de court terme, notamment dans le secteur public, mais il faut aussi continuer d'encourager l'activité entrepreneuriale, l'innovation et la création d'entreprises, les échanges et l'investissement. C'est là que réside la principale source d'emplois, et c'est la seule voie vers une création d'emplois durables.

Le protectionnisme ne résout rien. Malgré les difficultés actuelles, il faut que les marchés restent ouverts aux échanges et aux investissements internationaux. L'impact néfaste du protectionnisme sur l'emploi à long terme est clairement établi.

Faciliter l'activité des entreprises. Les gouvernements doivent promouvoir vigoureusement un environnement réglementaire qui favorise des entreprises robustes et une réduction des tracasseries et des coûts administratifs, qui stimule l'entrepreneuriat et la compétitivité et qui facilite l'accès au crédit. En un mot, il faut instaurer un climat favorable aux affaires.

Ériger les besoins des petites et moyennes entreprises en priorité. Leurs avantages en termes de dynamisme et de plus grande flexibilité sont souvent annulés par la faiblesse de leurs structures financières et de gestion, ce qui les rend particulièrement vulnérables au ralentissement actuel. Les plans de relance doivent impérativement faciliter le crédit pour les PME, et alléger la charge et le coût du respect de leurs obligations.

Préserver l'emploi plutôt que les emplois. Les gouvernements doivent veiller à ce que la législation et les institutions du marché du travail puissent effectivement faciliter le passage de la récession à la reprise. La protection de l'emploi suppose que les institutions du marché du travail offrent suffisamment de flexibilité pour qu'employeurs et salariés mettent en oeuvre des mesures justes et créatives aptes à maintenir l'emploi.

L'OCDE est exceptionnellement bien placée pour nourrir la réflexion sur les politiques de l'emploi et des systèmes de protection sociale. Son rôle de coordination des politiques de l'emploi au niveau mondial est aussi très important, notamment au G8, au G20, et avec l'OIT, la Banque mondiale et le FMI. Cette coordination mondiale a été décisive pour que l'emploi reste au coeur des préoccupations des gouvernements, et pour que ceux-ci oeuvrent de concert. Cela doit continuer.

Les entreprises sont fermement résolues à travailler avec l'OCDE et ses États membres pour faire repartir la croissance économique mondiale et rétablir la confiance dans nos marchés financiers, sur la base de cadres réglementaires sains et efficaces. C'est fondamental pour relever les défis de l'emploi et des politiques sociales.

Voir www.uscib.org

Le United States Council for International Business est membre du BIAC, le Comité consultatif économique et industriel auprès de l'OCDE. Voir www.biac.org

©L'Observateur de l'OCDE n° 274, octobre 2009




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