Table ronde sur la crise de l’emploi

Ce que font les gouvernements

Des ministres de l'emploi de nombreux pays se réunissent à l'OCDE les 28 et 29 septembre pour faire face à la crise. Dans cette huitième table ronde ministérielle de L'Observateur de l'OCDE, nous avons demandé à six représentants, du Canada (pays co-Président), de l'Italie (pays co-Président), de la Suède (pays vice‑Président), de la France et de la Nouvelle-Zélande, ainsi que du Chili - candidat à l'adhésion à l'OCDE - de répondre à la question suivante : quelles nouvelles mesures mettez-vous en œuvre pour améliorer la situation de l'emploi dans votre pays ?

CANADA ; ITALIE ; SUEDE ; FRANCE ; NOUVELLE-ZELANDE ; CHILI 

CANADA

Une base solide

©Canwest News Service
Diane Finley, Ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences du Canada, co-Présidente de la réunion 2009 des ministres du travail et de l'emploi de l'OCDE

La réunion ministérielle de l'OCDE sur l'emploi arrive à point nommé. Des signes encourageants de reprise économique émergent à l'horizon, mais nous avons encore beaucoup à faire. Nous devons continuer à relever les défis actuels de notre marché du travail, tout en gardant en tête nos objectifs à plus long terme.

Le Canada a eu de la chance. Nous avons été le dernier pays du G8 à subir l'impact de la récession. Nous avions - et avons toujours - un système bancaire solide, ainsi qu'une inflation faible et stable. Face à la récession, nous avons mis en place un cadre budgétaire efficace. Nous bénéficions d'une main‑d'œuvre variée, hautement qualifiée, compétente et mobile. Néanmoins, un grand nombre de communautés, d'entreprises et de travailleurs ont été durement affectés par le ralentissement.

Le gouvernement du Canada a réagi rapidement. En janvier, nous avons lancé le Plan d'action économique du Canada, destiné à protéger les emplois canadiens par une relance sans précédent de l'économie. Conformément à la Réévaluation de la Stratégie de l'OCDE pour l'emploi, ce plan répond aux besoins des travailleurs en combinant diverses mesures de court terme, tout en contribuant aux objectifs économiques à long terme. Ainsi, la Stratégie en matière de compétences et de transition a mobilisé d'importants financements en faveur d'initiatives qui aideront les travailleurs canadiens et leurs familles tant à affronter la tempête économique qu'à bénéficier d'aides au revenu, à la formation et au développement de leurs compétences.

Des  formations permettent aux travailleurs licenciés après avoir exercé longtemps le même type d'emploi de mettre à jour leurs compétences. Des mesures d'accompagnement visent à préserver l'emploi des travailleurs âgés. De même, de nouvelles ressources permettent une reconnaissance plus rapide des qualifications des nouveaux arrivants au Canada, afin d'accélérer leur entrée sur le marché du travail. Nous avons également mis en place des mesures d'incitation pour permettre aux travailleurs d'achever leur formation professionnelle. Des aides ciblées et des dispositifs de développement des compétences sont offerts aux groupes vulnérables et sous‑représentés afin d'améliorer leur intégration au marché du travail. Pour les jeunes, nous avons accru les financements pour les emplois d'été, afin d'offrir plus de postes aux étudiants, et nous avons créé de nouvelles opportunités de stages. Pour relancer l'économie, le taux des cotisations d'assurance‑emploi, payées par les employeurs et les travailleurs, a été maintenu au même taux en 2010 qu'en 2009.

Notre Plan d'action met en œuvre les engagements du Canada dans le cadre du G20 et les recommandations de l'OCDE en faveur d'interventions rapides, ciblées et temporaires, afin de remettre l'économie sur les rails.

Je suis sûre que les mesures que nous mettons en œuvre permettront au Canada de sortir de cette récession plus fort et plus compétitif que jamais.

Voir www.actionplan.gc.ca/fra

ITALIE

Vers une société cohésive et dynamique

Maurizio Sacconi, Ministre du Travail, co-Président de la réunion 2009 des ministres du travail et de l'emploi de l'OCDE

« Les gens d'abord » est le précepte qui régit toutes les politiques italiennes et la mise en œuvre des actions internationales définies lors du Sommet social de Rome « G8+ » pour empêcher le gaspillage du capital humain et préserver l'emploi.

Le gouvernement s'est fixé trois grands principes pour affronter la crise économique, atténuer son impact sur le marché du travail et rétablir la confiance : maintenir des finances publiques stables et saines, éviter l'effondrement du crédit pour les entreprises, et garantir le revenu des travailleurs tout en maintenant leur employabilité.

Pour préserver l'emploi et la cohésion sociale, nous avons renforcé toutes les mesures visant à empêcher les licenciements, économiques ou autres, en soutenant les salariés comme les entreprises. La Cassa Integrazione Guadagni (Fonds d'indemnisation des licenciements) est le principal pilier de ce dispositif. Elle allège le coût des licenciements pour les entreprises en difficulté et soutient les travailleurs susceptibles de perdre une partie de leur revenu. Ce pilier du système italien de sécurité sociale a été renforcé et élargi à toutes les catégories de travailleurs et à tous les secteurs, en particulier les PME.

Le gouvernement et les régions ont conclu un accord important au printemps 2009 pour affronter la crise de l'emploi. Il met l'accent sur le rôle combiné des mesures de formation professionnelle et d'indemnisation du chômage. C'est un bon exemple de mesures passives-actives fondée sur une conception de prestations sociales favorisant l'activité. Environ 9 milliards d'euros ont été mobilisés à cet effet pour 2009‑2010.

Ces mesures ont réussi à enrayer l'impact négatif de la crise économique. L'utilisation croissante de la Cassa Integrazione élargie, l'adoption d'horaires flexibles dans les entreprises et une plus grande adaptabilité des contrats de travail ont aidé à atténuer les effets de la crise sur l'emploi. Fin juillet, environ 800 000 travailleurs avaient bénéficié de ces mesures et occupaient toujours un emploi.

Bien que les premiers signes de reprise économique se manifestent et que le point de retournement ait été atteint sur le marché du travail à l'échelle mondiale, il est indispensable de préserver le capital humain et de favoriser une reprise économique durable. L'Italie maintient son engagement de faire passer « les gens d'abord » pour améliorer la situation de l'emploi et rétablir la confiance en l'avenir.

Cet été, le gouvernement italien a publié un livre blanc sur l'avenir du système de protection sociale. L'objectif est de bâtir un nouveau système de protection sociale reposant sur la viabilité financière, mais aussi sur les nouvelles opportunités qui nous permettront de construire une société heureuse, active et dynamique. Une société donnant toute sa valeur à la vie est fondamentale pour assurer la cohésion sociale et la croissance économique.

Voir www.lavoro.gov.it


SUEDE

Développer les politiques actives

©Ministère suédois de l'EmploiSven Otto Littorin, Ministre de l'Emploi et vice‑Président de la réunion 2009 des ministres du travail et de l'emploi des pays de l'OCDE

Lorsqu'il est entré en fonction en 2006, le gouvernement suédois a lancé un vaste programme de réformes structurelles. Ce programme reste d'actualité, malgré la récente crise économique. Le gouvernement tient particulièrement à poursuivre sa politique de l'emploi axée sur l'accroissement de l'offre et de la demande, sa réduction des impôts sur les personnes physiques et sur les sociétés, ainsi que son action pour faciliter l'entrée sur le marché du travail et pour élargir les opportunités de son système éducatif. L'objectif de ce programme est d'améliorer les conditions nécessaires à un niveau de croissance et d'emploi durable et élevé, indispensable pour relever les défis du vieillissement de la population.

Mais la Suède, comme de nombreux pays, a été durement touchée par la crise économique. Les perspectives d'emploi sont faibles et le chômage augmente rapidement. Pour empêcher un chômage persistant et soutenir le taux d'activité, il est primordial que les travailleurs qui perdent actuellement leur emploi conservent un lien avec le marché du travail. C'est pourquoi le gouvernement a accru les ressources consacrées à la politique active du marché du travail. Ainsi, les services publics de l'emploi ont été chargés de développer ses activités d'accompagnement et d'élargir l'accès aux programmes d'aide au retour à l'emploi, en particulier par l'amélioration concrète des compétences.

Pour aider les chômeurs de longue durée à se réinsérer sur le marché du travail, le gouvernement a récemment doublé une déduction de charges de sécurité sociale qui existait déjà et qui concerne les chômeurs indemnisés pendant une longue période.

Le projet de budget pour 2010 présenté le 21 septembre comporte de nouvelles mesures dans le même esprit que celles mentionnées ci-dessus.

Voir www.sweden.gov.se


FRANCE

Objectif jeunes

©Gouvernement français Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse

Dans les tableaux comparatifs de l'OCDE, la France se situe souvent dans une honnête moyenne. Le taux d'activité des jeunes de moins de 25 ans fait exception, la France ayant l'un des moins bons niveaux, loin de la moyenne. C'est le reflet d'un problème profond. Tout se passe comme si la France savait donner confiance aux adultes pour faire des enfants, mais n'avait pas suffisamment confiance en elle-même pour trouver une juste place pour chaque jeune dans le monde du travail.

C'est pour renverser cet état de fait que le gouvernement français a engagé une démarche en profondeur, en élaborant une politique transversale en faveur de la jeunesse. Pendant quatre mois, une commission réunissant l'ensemble des acteurs du domaine a travaillé sur des pistes qui puissent définir une nouvelle stratégie.

Le premier pilier de cette stratégie concerne le rapprochement entre le système éducatif et l'entreprise, entre la formation et l'insertion professionnelle. En prenant en compte dans l'évaluation des élèves l'ensemble des compétences, y compris extra-scolaires, en réformant le mode d'orientation des élèves, en développant les formations par alternance avec des périodes dans les entreprises, et en créant un mécanisme de pré-embauche.

Le deuxième pilier concerne l'accompagnement du jeune dans son parcours. Cela passe par une obligation de formation jusqu'à 18 ans, prolongeant l'obligation scolaire qui va jusqu'à 16 ans, et par la création de plate-formes dédiées à la prévention du « décrochage » et à la possibilité de donner une seconde chance ou une autre orientation à des jeunes en difficulté.

Le troisième pilier est relatif aux incitations et aux ressources des jeunes : amélioration des aides aux étudiants, renforcement des moyens pour suivre les jeunes en difficulté, et expérimentation de mécanismes de soutien aux revenus, inspirés de l'expérience d'autre pays.

Le quatrième pilier est celui de la citoyenneté, en reconnaissant aux jeunes dès leur majorité l'ensemble des droits d'une citoyenneté pleine et entière et en créant un service civique volontaire, rémunéré, permettant de mieux valoriser l'engagement au service d'une cause d'intérêt général.

Ce programme ambitieux devra être suivi sur plusieurs années et comportera des réformes profondes. Et nous suivrons la place de la France dans les tableaux de l'OCDE, en espérant que nous rejoindrons ainsi  les pays qui ont su faire de leur jeunesse une priorité politique. Peut-être qu'un jour, dans les forums de l'OCDE, on pourra étudier la transformation opérée en France autour des années 2010 et en tirer des enseignements utiles à d'autre.

Voir www.jeunesse-vie-associative.gouv.fr

NOUVELLE-ZELANDE

Réduire les coûts des entreprises

©Droits réservésPaula Bennett, Ministre du Développement social et de l'Emploi

Lorsque la récession a atteint la Nouvelle-Zélande, notre économie était forte et notre taux de chômage plus bas que jamais, avec toutefois une certaine dépendance aux prestations sociales de longue durée. Le gouvernement est entré en fonction à la fin de l'année dernière, alors même que les premiers effets de la crise se faisaient sentir. Notre première préoccupation a été d'atténuer l'impact des pertes d'emplois, tout en prenant des mesures de long terme pour améliorer l'employabilité et la productivité.

Avec notre problème de dépendance à l'égard des prestations sociales, nous craignions que la récession n'accroisse les rangs des demandeurs de prestations et n'aggrave leur déconnexion d'avec le marché du travail. C'est pourquoi nous avons adopté une démarche privilégiant le travail, en favorisant autant que possible l'accès à l'emploi plutôt qu'aux prestations sociales, et en aidant les entreprises à conserver leurs salariés et à créer des emplois.

Plutôt que de créer des emplois dans les structures publiques, nous avons choisi de développer l'emploi par la relance budgétaire et les subventions salariales. Nous avons d'emblée pris des mesures de réduction des coûts des entreprises et d'allègements de leur réglementation et de leurs charges administratives.

Nous avons organisé un « Sommet pour l'emploi » avec les entreprises, les syndicats et les responsables locaux pour réfléchir aux moyens d'endiguer la vague menaçante du chômage. Cela a abouti, entre autres, à un « Programme d'aide à l'emploi », qui permet aux entreprises en difficulté temporaire de réduire les licenciements en mettant en chômage partiel leur personnel un jour toutes les deux semaines. Nous accordons une aide financière aux salariés qui acceptent de réduire leurs horaires de travail pour éviter le licenciement de collègues.

Pour ceux qui perdent leur emploi, le programme « Redémarrer » fournit une aide à la recherche d'un emploi pouvant aller jusqu'à 16 semaines de prestations supplémentaires pour l'allocation logement et les allocations familiales. Nous concentrons à présent nos efforts sur les 16-24 ans, les plus exposés, à long terme, par l'absence d'activité scolaire ou professionnelle. Notre initiative la plus récente consiste à mettre à la disposition des employeurs des jeunes travailleurs subventionnés inscrits au chômage pour qu'ils acquièrent six mois d'expérience professionnelle, cette mesure se doublant d'une augmentation des offres de formation et d'éducation.

Voir www.dol.govt.nz


CHILI

Une approche structurelle
 ©Gouvernement chilien
Claudia Serrano Madrid, Ministre de l'Emploi et de la Sécurité sociale

 La crise mondiale a porté un rude coup à l'activité économique et a eu de graves conséquences, y compris pour l'emploi. Pour reprendre le dessus, nous devons mettre en œuvre une vision plus large, en nous attaquant aux problèmes immédiats, mais surtout en promouvant des mesures durables aptes à résoudre les problèmes structurels du marché du travail, à encourager l' « employabilité » - en particulier des jeunes et des femmes - et à améliorer les aides aux chômeurs.

Dans ce but, nous avons engagé un plan de relance budgétaire de 4 milliards de dollars, soit 2,8 % de notre PIB. Combiné à une politique monétaire anticyclique et à des taux d'intérêt et d'inflation historiquement bas, ce plan de relance devrait stimuler l'activité économique en encourageant l'investissement, la consommation et en facilitant le crédit.

De même, le gouvernement, les salariés et les employeurs ont signé en juillet un accord national pour protéger l'emploi et promouvoir la formation professionnelle. Portant sur une période d'un an, l'accord prévoit des mesures innovantes, comme un programme de formation professionnelle qui permet aux salariés de conserver leur emploi pendant une période de formation de cinq mois, ou encore une incitation fiscale aux employeurs qui gardent leurs salariés pendant les périodes de formation.

Parmi nos mesures de long terme figure la Subvention pour l'emploi des jeunes, mise en place en juillet. Elle favorise l'entrée des 18-24 ans sur le marché du travail, en améliorant leur rémunération et leur employabilité future, et en encourageant les employeurs à les embaucher. Le salarié perçoit deux tiers de l'aide, l'employeur un tiers.

Davantage de travailleurs bénéficient d'une assurance chômage, et un Système de certification des compétences professionnelles a été créé.  

Notre principal défi est de développer des politiques efficaces contre la crise économique mondiale et qui améliorent la situation de notre marché du travail.

Voir www.mintrab.gob.cl    

 

©L'Observateur de l'OCDE n° 274, septembre 2009

 

 

 

 

 

 

 

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