©Pascal Lauener/Reuters

De la crise à la reprise

Bâtir une économie plus forte, plus saine et plus juste

L'économie mondiale est aujourd'hui confrontée à des difficultés d'une ampleur inédite depuis au moins un demi-siècle.

La crise financière mondiale, qui a commencé avec l'effondrement du marché des prêts hypothécaires à risque, a déjà eu de profondes répercussions sur les économies du monde entier : la contraction de la production industrielle, du volume des échanges et de l'investissement international est de plus en plus prononcée. Le chômage est important dans de nombreux pays et atteint parfois des taux à deux chiffres.

Il est donc crucial que nous nous attaquions sans tarder à la crise financière et économique actuelle, tout en l'empêchant de se transformer en crise sociale.

Face à ces défis financiers, économiques et sociaux, la communauté mondiale fait tout son possible pour réformer un système financier défaillant et pour stimuler l'économie réelle. Le récent sommet du G20 à Londres a joué un rôle central, en réunissant à la fois des pays développés et des pays émergents pour mettre en place des actions concertées contre cette crise. L'OCDE participe à cet effort mondial en fournissant à ses membres et à d'autres pays des analyses de fond ainsi que les moyens d'un dialogue politique constructif, afin de les aider à surmonter les turbulences économiques actuelles et à remettre l'économie mondiale sur une trajectoire de croissance et de développement à long terme.

La réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres (RCM), qui se tiendra les 24 et 25 juin, sera sans doute l'une des plus déterminantes depuis la création de l'OCDE à partir de 1960. Elle constituera un lien important entre deux sommets majeurs, le sommet du G20 en avril et le sommet du G8 en juillet. Dans ce contexte crucial, les ministres des pays membres de l'OCDE ainsi que les ministres invités des pays non membres échangeront et exposeront leurs réponses stratégiques, leurs réflexions et leurs visions pour l'avenir, sur le thème « De la crise à la reprise : pour une économie mondiale plus forte, plus saine et plus juste ». Présidée cette année par la Corée, qui a acquis une certaine expérience en surmontant la crise asiatique il y a à peine une décennie, la RCM 2009 sera centrée sur quatre thèmes spécifiques.

Avant tout, les ministres examineront et esquisseront des stratégies d'action en vue de trouver le chemin de la reprise après la crise économique actuelle. Nos discussions porteront sur les carences systémiques de la réglementation, du contrôle, du gouvernement d'entreprise et de la gestion des risques dans le secteur financier, ainsi que sur les programmes de relance visant à stimuler l'économie réelle. La réunion abordera aussi les politiques de concurrence, d'innovation et de sortie de crise et s'efforcera de trouver de meilleures voies vers une économie mondiale plus vigoureuse.

Les réponses socio-économiques constitueront un deuxième pilier des débats. Si la montée du chômage est une préoccupation majeure au niveau national, la crise économique freine également la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ce qui pèse lourdement sur la communauté mondiale. Pour bâtir une économie plus juste, les ministres devront accorder une attention particulière aux questions sociales intérieures, notamment au chômage, aux risques de troubles sociaux et à la viabilité des systèmes de retraites, tout en continuant à promouvoir les efforts mondiaux pour aider les pays en développement à atteindre les OMD.

Troisièmement, malgré la gravité de la situation économique actuelle, nous ne devons pas perdre de vue le long terme, au-delà de la crise. Lorsque nous élaborons et mettons en oeuvre nos politiques économiques, nous devons nous rappeler que l'humanité affronte les défis environnementaux les plus graves de notre époque, en tout premier lieu le réchauffement planétaire. De fait, un nouveau paradigme de croissance et de développement sera absolument indispensable pour lutter contre le changement climatique. Il est encourageant de constater que le projet politique d'une « croissance verte et sobre en carbone » gagne du terrain dans le monde entier. Lors de la réunion du Conseil, les ministres devraient s'entendre sur des mesures substantielles permettant de concrétiser une nouvelle vision pour une économie plus propre.

Enfin, durant ces trois dernières décennies, la libéralisation des échanges et des investissements, vecteur essentiel de la mondialisation, a été bénéfique pour la plupart des pays, la part du lion revenant aux économies émergentes. Cette année, pour la première fois depuis 25 ans, le commerce mondial régresse. En temps de crise, les décideurs publics sont davantage enclins à envisager des mesures protectionnistes. Mais l'histoire nous enseigne que le protectionnisme est la pire des options en période de crise. Lors de la réunion de l'OCDE, nous réaffirmerons notre détermination à combattre le protectionnisme, en accord avec les conclusions du G20, et nous chercherons à renforcer encore la libéralisation du commerce et de l'investissement. Maintenir l'ouverture des marchés est le moyen le plus important et le plus efficace pour sortir de cette crise et éviter les dangers d'une « démondialisation ».

J'espère qu'à l'issue de la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau ministériel de 2009, nous serons pleinement conscients de l'urgence de ranimer l'économie mondiale, mais aussi d'apporter un nouveau souffle à l'Organisation. Les ministres réexamineront le rôle de l'OCDE dans l'élaboration des politiques et la coopération à l'échelle internationale et redéfiniront l'orientation des activités de l'OCDE. L'OCDE doit aussi repenser ses méthodes de travail afin d'accroître la pertinence et l'impact de ses propositions auprès des décideurs publics et de mieux servir l'intérêt public. Je tiens à souligner que l'OCDE aura besoin de l'appui et de l'impulsion politique de ses pays membres pour améliorer sa visibilité et réaliser pleinement ce qui constitue sa raison d'être.

Pour finir, je tiens à souligner une fois de plus notre engagement pour une économie mondiale plus forte, plus saine et plus juste. C'est un honneur que de présider la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres à l'une des périodes les plus pressantes et les plus difficiles de notre époque, et je me félicite de travailler en étroite concertation avec les autres ministres, certain que nous accomplirons notre mission avec ardeur et efficacité.

Voir www.pmo.go.kr

Voir aussi le site de la réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres : www.oecd.org/mcm2009-fr

Consulter les travaux de l'OCDE sur la Corée : www.oecd.org/coree

© L'Observateur de l'OCDE, juin 2009

 




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