Santé polonaise : secteur au bout de souffle

L’économie polonaise semble bien se porter, mais qu’en est-il de son système de santé ?
La mise en place d’un système de soins de santé efficace, équitable, accessible et attentif aux coûts est une tâche difficile pour tout pays, et plus encore pour ceux en transition. La Pologne s’efforce depuis plus d’une décennie de mettre en œuvre une réforme des soins de santé, et même si les progrès ont été lents et partiels, quelques changements importants ont été apportés ces dernières années. Pour que ces actions se révèlent efficaces, il faudrait qu’évoluent mentalités et habitudes, non seulement chez les praticiens mais aussi dans le public, et cela demande du temps.
Le système de santé que la Pologne a hérité en 1990 de l’ère du bloc soviétique offrait une couverture universelle et prévoyait un programme complet de prestations assurées par des établissements appartenant à l’Etat et gérés par celui-ci. Mais le système était excessivement centralisé, trop spécialisé et onéreux. Il était également mal géré. Des inégalités régionales sont apparues, en même temps que se restreignaient des ressources, par ailleurs mal affectées, et que se développait la pratique des dessous de table versés aux prestataires publics de soins. De plus en plus, les patients ont jugé la qualité des soins médiocre et le mécontentement de l’opinion est allé croissant.Plusieurs modifications ont été introduites au début des années 90, concernant surtout l’importance des soins primaires, et, le 1er janvier 1999, est entré en vigueur un nouveau régime général d’assurance-maladie obligatoire. Cette toute dernière initiative, qui se développe par l’intermédiaire des caisses régionales, dissocie les fonctions d’acheteur et de prestataire et souligne le rôle des médecins de famille, devrait donner une forte impulsion au processus de réforme, en dépit des difficultés financières initiales. Elle marque une conversion radicale à un système décentralisé fondé sur l’assurance. En outre, une loi globale sur les soins de santé est à l’étude; elle devrait résoudre quelques-uns des problèmes du nouveau régime, notamment son manque de clarté et de transparence. A Cracovie et dans d’autres régions polonaises, les expériences en cours de médecine familiale contribuent largement à améliorer l’image des généralistes et encouragent les patients à s’adresser à eux pour être orientés au sein du système de santé. Cependant, les efforts de réforme se résument jusqu’ici à des projets régionaux isolés et sans guère d’incidence sur le plan pris dans son ensemble. Pour atteindre l’objectif officiel de 50 pour cent de spécialistes et 50 pour cent de généralistes, il convient de développer le réseau de médecins de famille. Il faudra aussi accroître les capacités de formation à l’intention des praticiens confirmés mais aussi des jeunes médecins.


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