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Vous souvenez-vous des industries manufacturières ? Pour certains responsables tournés vers l’avenir, elles sont faciles à oublier. Après tout, le secteur industriel est en déclin dans la zone OCDE en termes de PIB et d’emploi. Toutefois, selon Les mutations du secteur manufacturier dans les pays de l’OCDE, un document de travail de l’OCDE, il y a de nombreuses raisons de prendre ce sujet au sérieux, notamment à cause de son rôle dans l’innovation technologique.
En effet, la majeure partie des dépenses des entreprises en recherche et développement se fait toujours dans le secteur manufacturier, bien que cette partie soit fortement concentrée dans un petit nombre d’industries et d’entreprises. Par exemple, au Canada, aux États-Unis, en Finlande, en Irlande et au Royaume-Uni, plus de 60 % de la R-D industrielle est attribuable aux industries de haute technologie. En Allemagne, au Japon, en République tchèque et dans d’autres pays, les industries de moyenne à haute technologie représentent une grande partie du total. Ensemble, ces deux groupes représentent de 80 % à 90 % de la totalité de la R-D du secteur industriel dans la plupart des pays de l’OCDE.Toutefois, les auteurs soulignent le déclin de l’importance de la R-D industrielle, pour diverses raisons, notamment l’augmentation des dépenses de R-D dans le secteur des services et l’externalisation de la R-D vers des laboratoires spécialisés. De plus, la R-D industrielle a diminué avec l’éclatement de la bulle Internet en 2000.Selon ce document, le secteur industriel est largement à l’origine de la domination des pays de l’OCDE dans l’innovation mondiale. Le document examine la R-D des industries manufacturières et la façon dont elle est convertie en innovations brevetables. Les données sur les principales innovations enregistrées dans les trois principaux bureaux des brevets – US Patent and Trademark Office, Office japonais des brevets et Office européen des brevets – montrent que des pays comme la Chine et la Fédération de Russie ont d’importantes dépenses de R-D, mais détiennent relativement peu de brevets « triadiques ». Ces pays sont encore principalement orientés vers l’imitation. D’autres, comme le Japon, l’Allemagne, la Suisse, la Suède et les Pays-Bas, déposent plus de brevets. Ce sont les innovateurs.Le paradoxe du secteur industriel est le suivant : il est en déclin relatif en termes de valeur ajoutée et d’emploi, mais continue à enregistrer une bonne croissance, nourrie par la vigueur de la demande de produits.Alors pourquoi une baisse de l’emploi ? L’expansion des services en est une raison structurelle évidente. Toutefois, les auteurs soulignent que dans les pays du G7 – qui comptent pour environ 70 % de l’emploi industriel dans l’OCDE – la plupart des pertes d’emploi ont concerné deux secteurs d’activités, le textile et la métallurgie. Dans des secteurs comme l’alimentation, les produits chimiques et l’automobile, les emplois sont restés assez stables dans les pays du G7.Supposer que l’emploi du secteur industriel a basculé vers les industries de haute technologie est une erreur fréquente. C’était le cas dans les années 80, mais plus maintenant. En réalité, l’industrie pharmaceutique est la seule dans l’OCDE à avoir connu une hausse de l’emploi au cours de la dernière décennie. Des activités pointues comme l’informatique et l’aérospatiale ont connu une forte baisse de l’emploi.L’emploi industriel n’a pas non plus décliné à cause des délocalisations hors de l’OCDE. Il est vrai que le nombre de travailleurs dans les industries de transformation est beaucoup plus élevé dans les pays non membres de l’OCDE. Mais les estimations montrent que l’emploi industriel a également diminué dans les grandes économies émergentes comme le Brésil, la Chine et la Russie.En fin de compte, la raison principale de la baisse des emplois industriels est la hausse rapide de la productivité, réalisée par la restructuration des entreprises inefficaces ou le redéploiement des compétences, des connaissances, de la technologie. Dans la zone OCDE, les taux annuels moyens de croissance de la productivité dans les industries étaient entre 2 % et 4 %, largement au-dessus de la croissance de la productivité globale de l’économie. Comme le montre le secteur industriel, l’innovation ne se résume pas seulement à de nouveaux produits, mais également à de nouvelles et meilleures façons de faire des choses anciennes. RJCDirk Pilat, Agnès Cimper, Karsten Olsen et Colin Webb (2006), Les mutations du secteur manufacturier dans les pays de l’OCDE, Document de travail du STI 2006/9, est disponible sur www.oecd.org/sti-fr, dans la rubrique Publications et Documents, Documents de travail.©L’Observateur de l’OCDE N°261, Mai 2007


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