La ruée vers l'or

Local Development Benefits from Staging Global Events
Deux événements sportifs majeurs se déroulent cet été : les Jeux Olympiques de Pékin et le championnat d’Europe de football en Autriche et en Suisse. Les décideurs s’interrogeront moins sur le nombre de médailles récoltées sur les terrains et sur les pistes que sur le fait de savoir si ce genre de manifestations aide ou nuit aux villes qui les accueillent.
La réponse est rarement univoque. Ces événements peuvent être des opérations risquées, et les grosses dépenses nécessaires pour les accueillir ne les rendent accessibles qu’à une petite poignée de villes mondiales. Même les grandes villes peuvent trouver le fardeau lourd à porter, comme lors des JO de 1976 qui ont laissé Montréal avec des équipements dispendieux dont elle n’avait pas l’usage, et une grosse facture à payer.Pourtant, la compétition pour accueillir l’événement est aussi intense que pour l’événement lui-même. Il suffit de se souvenir du combat de titans qui a opposé Paris et Londres pour les Jeux Olympiques de 2012. L’organisation des Jeux en Chine cette année a engagé le pays dans l’un de ses programmes de construction les plus ambitieux depuis l’édification de la Grande Muraille il y a deux millénaires, avec un investissement massif de 20 milliards de dollars en infrastructures et améliorations environnementales. Dans le domaine du football, L’Afrique du Sud espère que le fait d’être le premier pays africain à accueillir la Coupe du monde en 2010 lui apportera une bonne image et stimulera son économie.Il n’y a pas que le sport : les sommets de l’OMC, la conférence de Bali sur le changement climatique ou les grandes fashion weeks à Paris ou Tokyo sont également des événements majeurs. Héberger un tel événement n’est pas toujours un cadeau, et le fait même de concourir pour accueillir les Jeux ou des événements similaires est un exercice coûteux.Mais, selon le rapport Local Development Benefits from Staging Global Events, les revenus ne sont pas l’unique objectif : il s’agit aussi d’innover et de développer la communauté locale. L’organisation d’un événement peut créer une solidarité et une motivation commune, établir la confiance, attirer de la publicité, etc. Par exemple, Kiev a profité du concours de l’Eurovision en 2005 pour promouvoir l’identité européenne ukrainienne.Il y a des avantages à long terme qui rendent l’événement profitable. Par exemple Turin, en 2006, a utilisé les Jeux Olympiques d’hiver pour abandonner son image de ville industrielle au profit de celle de bouillonnante capitale culturelle. Elle attire maintenant davantage d’événements internationaux, dont l’Universiade d’hiver 2007. L’accueil d’un événement majeur n’est pas qu’amusant, il y a un risque de perdre de l’argent, mais aussi des enjeux politiques. Les mesures de sécurité augmentent les coûts, surtout quand l’événement attire des protestations, comme la conférence de l’OMC à Seattle en 1999 ou les bagarres autour du passage de la flamme olympique en 2008.Il reste bien sûr possible de faire des bénéfices. Le gouvernement écossais a évalué le coût du sommet du G8 tenu à Édimbourg en 2005 à 60 millions de livres, mais la valeur de la couverture médiatique mondiale était estimée à 66 millions.ISBN 9789264042063, version française à paraître.©L’Observateur de l’OCDE n° 267, mai-juin 2008


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