La valeur des réformes

Dominique Strauss-Kahn ©OCDE

L’écart de productivité et de performance économique entre les États-Unis et l’Europe a suscité beaucoup de débats ces dernières années, mais la plupart des experts semblent s’accorder sur un point : le manque de progrès dans la réforme des marchés du travail et des produits n’a pas aidé la cause européenne.
C’est un refrain qui revient constamment dans la série de l’OCDE Objectif croissance (voir page 25), et le thème des Réformes structurelles en Europe a également fait l’objet d’une conférence à haut niveau organisée conjointement par l’OCDE et le FMI à Paris en mars. Dominique Strauss- Kahn, directeur général du FMI, était l’un des principaux intervenants aux côtés d’Angel Gurría, secrétaire général de l’OCDE. Le commissaire européen Joaquín Almunia et le ministre de l’Emploi suédois, Svan Otto Litorin, étaient également présents. Voici un court extrait du discours de M. Strauss-Kahn.« Le moment peut paraître mal choisi pour une conférence sur les réformes structurelles. Nous traversons une crise financière qui aura de lourdes conséquences économiques pour un grand nombre de pays et il semblerait donc que nous ayons des problèmes plus urgents à régler.Mais c’est en fait le bon moment de parler des réformes structurelles, parce qu’elles ont d’importantes répercussions sur ce que sera l’Europe lorsqu’elle sortira de la crise financière, et parce qu’il est vital pour le succès du modèle européen de mobiliser le public en faveur des réformes.Comme je l’ai indiqué auparavant, le modèle européen repose sur la volonté d’instaurer un monde de justice bâti autour de l’irréductibilité de la dignité humaine. Ce modèle exige : que nous respections les droits de l’homme ; que nous accordions une grande importance à la culture comme vecteur du développement humain ; que nous établissions un équilibre entre la prospérité économique, la justice sociale et la protection de l’environnement ; que nous favorisions le multilatéralisme.La question fondamentale est celle de savoir si les réformes structurelles – du type de celles qu’a évoquées Angel Gurría – sont compatibles avec ce modèle. Je crois qu’elles sont généralement conformes aux valeurs et au modèle européens, et qu’elles peuvent en plus tout à fait les conforter, pour deux raisons. Premièrement, nous pourrons plus facilement concrétiser les valeurs qui sont les nôtres dans un environnement de croissance économique. Angel [Gurría] a expliqué très clairement comment les réformes structurelles peuvent aider l’Europe à être compétitive sur les marchés mondiaux et à s’assurer une forte croissance. Deuxièmement, les réformes structurelles peuvent contribuer à créer de nouvelles possibilités pour les citoyens européens, ce qui vient appuyer cette fois encore les valeurs européennes. Nos populations, et plus particulièrement nos jeunes, ne veulent pas seulement être protégées contre l’échec ; elles veulent aussi avoir la possibilité de réussir. […]Nous voyons clairement les effets positifs de ces réformes. Mais nous devons également reconnaître les réticences que la réforme structurelle suscite dans le public. On ne peut pas imposer dans ce domaine ; il faut persuader. […] En définitive, au fur et à mesure que nous avançons, ne perdons pas de vue l’ultime enjeu. Le modèle européen est le produit de nombreuses années d’efforts passionnés des citoyens d’Europe. Il mérite tout autant de passions et d’efforts pour le préserver. Ce n’est pas un modèle statique : en Europe, les gouvernements et les institutions doivent apprendre du reste du monde et s’adapter à ses évolutions, comme le font déjà les citoyens européens. Mais l’Europe peut aussi beaucoup donner au reste du monde si nous restons attachés aux principes de justice et de dignité humaine et si, pour les réformes, nous gardons toujours à l’esprit ces valeurs. »Le discours complet de M. Strauss-Kahn est disponible (en anglais uniquement) sur www.oecd.org/discours. Pour plus d’informations, contactez le Département des Affaires économiques de l’OCDE à reformineurope@oecd.org.Voir aussi l'article "Comptez les heures".
©L’Observateur de l’OCDE n°266, Mars 2008


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