En bref- mars 2008

Perspectives assombries ; Le transport s’attaque au CO2 ; Revers pour le développement ; Brèves : Compétences des adultes, Wikigender, Élargissement du Centre de développement, Pensions ; Alourdissement fiscal ; L’affaire du Liechtenstein ; Économie ; Verbatim ; Les promesses de l’Est ; Visite brésilienne ; Best of…
Perspectives assombries
Le transport s’attaque au CO2
Revers pour le Développement
Brèves
Alourdissement fiscal
L’affaire du Liechtenstein
Économie
Verbatim
Les promesses de l’Est
Visite brésilienne
Best of…
Perspectives assombriesL’inflation aux États-Unis et en Europe a atteint des niveaux inconfortables, alors que les économies ralentissent, selon la dernière évaluation intérimaire de l’OCDE sur les prévisions à moyen terme pour les économies du G7.Lors d’une conférence de presse le 20 mars 2008, Jørgen Elmeskov, directeur par intérim du Département des Affaires économiques, a indiqué que les turbulences sur les marchés financiers allaient se poursuivre, et que les perspectives de croissance mondiale s’étaient affaiblies depuis les Perspectives économiques de l’OCDE de décembre 2007.M. Elmeskov distingue trois ensembles de facteurs dont les effets perdurent. Premièrement, l’économie réelle n’est pas à l’abri des bouleversements financiers, et la baisse des actions et des prix de l’immobilier, notamment aux États-Unis, bride la demande. Deuxièmement, le cycle mondial de l’immobilier s’est retourné et affecte l’investissement résidentiel, et donc le PIB. Enfin, les revenus réels des ménages se contractent avec la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, malgré l’effet compensateur de l’appréciation de la monnaie en Europe et au Japon.L’économie américaine évolue maintenant essentiellement à l’écart, voire est en train de se contracter, selon M. Elmeskov. La décélération a été moins abrupte dans la zone euro mais la croissance devrait y rester faible. Au Japon, le rythme de la croissance sous-jacente se ralentit également. Par ailleurs, l’inflation dépasse les « niveaux de confort » dans de nombreuses économies, traduisant les prix élevés de l’énergie et de l’alimentation.M. Elmeskov a décrit un contexte politique plutôt incertain. Les prix du pétrole et d’autres matières premières pourraient continuer à augmenter, malgré une activité à la baisse. Et l’étendue exacte des turbulences financières et de leurs conséquences est encore mal connue. Cependant, les compromis à court terme entre l’inflation et le niveau de production ont pu changer ces dernières années, jetant un doute sur la manière dont la croissance morose modérera les pressions inflationnistes.Selon M. Elmeskov, un stimulus serait davantage nécessaire aux États-Unis qu’en Europe ou au Japon, et les autorités américaines ont déjà réagi énergiquement et sur plusieurs plans. Dans la zone euro, les stabilisateurs fiscaux automatiques fourniront davantage de soutien que dans d’autres régions, tandis qu’il ne reste qu’une marge de manoeuvre limitée pour répondre à un ralentissement supplémentaire au Japon.Pour les données et plus de détails, voir www.oecd.org/economie. Les prochaines Perspectives économiques de l’OCDE seront publiées en juin.
Le transport s’attaque au CO2La Chancelière allemande Angela Merkel prononcera une allocution lors du premier Forum international des transports sur le changement climatique et les transports, à Leipzig du 28 au 30 mai. Le nouveau Forum international des transports, organisme mondial remplaçant la Conférence européenne des ministres des Transports, rassemblera des ministres, hommes politiques, dirigeants d’entreprises, chercheurs et représentants de la société civile venant du monde entier pour discuter de la manière de réduire l’impact du transport sur le réchauffement climatique. Le Forum dressera la liste des stratégies et mesures qui doivent être mises en place, aux niveaux national et international, pour réduire les émissions mondiales. « La participation de la Chancelière souligne le défi énorme que représente le réchauffement planétaire pour le secteur des transports », a déclaré Jack Short, Secrétaire général du FIT. Voir Transport et énergie: Le défi du changement climatique.Revers pour le DéveloppementL’aide publique au développement (APD) totale provenant des 22 membres du Comité d’aide au développement (CAD, qui représente environ 90 % de l’aide au développement bilatérale totale) a chuté de 8,4 % en termes réels en 2007, à 103,7 milliards de dollars, soit 0,28 % du RNB total, contre 0,31 % en 2006. Cette baisse reflète des allègements de dette préalables pour l’Irak et le Nigeria. La plupart des donneurs devraient maintenant augmenter leur aide pour pouvoir atteindre leurs engagements en 2010, préviennent les experts. Voir www.oecd.org/cad.BrèvesL’OCDE a lancé un nouveau projet pour évaluer les compétences et connaissances des adultes. Sur le modèle du PISA qui évalue avec succès les élèves de 15 ans, le Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) se focalisera sur les compétences cognitives et acquises au travail. Comme PISA, il s’agira d’une première dans les études internationales. Voir www.oecd.org/els/emploi/peica.Wikigender (www.wikigender.org) a démarré (voir l’article sur Wikigender).Quatre nouveaux membres ont rejoint le Centre de développement de l’OCDE. L’Égypte, Israël et le Vietnam sont devenus membres le 18 mars, et la Pologne, ancien membre, a renouvelé son adhésion. Le Centre compte maintenant 32 membres. Voir la vidéo sur www.oecd.org/dev-fr.Sur les pensions, les pays de l’OCDE sont convenus de renforcer leurs engagements de libéralisation pour créer une nouvelle norme exigeante en matière d’échanges internationaux de services d’assurance et de pension privée. Pour plus d’informations, voir www.oecd.org/daf/assurance.Alourdissement fiscalDepuis quelques années, les ménages avec enfants en Australie, Hongrie, Irlande et Nouvelle-Zélande paient moins d’impôts en pourcentage de leur revenu, grâce à des mesures fiscales favorables aux familles, mais les salariés d’autres pays de l’OCDE, dont la Corée, la Grèce, l’Islande et le Mexique, sont plus fortement taxés car leur taux d’imposition augmente proportionnellement à leur salaire, sans que leur tranche fiscale ne soit ajustée. Ce phénomène « d’alourdissement automatique » de la fiscalité affecte notamment les salaires indexés sur l’inflation.En outre, les titulaires de bas salaires peuvent en définitive payer plus d’impôts si les allégements fiscaux ciblés, comme les prestations ou crédits d’impôt liés à l’exercice d’un emploi, ne tiennent pas compte de l’inflation. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la part des impôts et des cotisations de sécurité sociale en pourcentage des coûts totaux du travail a légèrement baissé pour la plupart des niveaux de rémunération entre 2000 et 2006, selon la dernière édition de la publication annuelle de l’OCDE, Les impôts sur les salaires.Dans de nombreux pays de l’OCDE, la rémunération moyenne à plein temps a considérablement progressé entre 2000 et 2006, la dernière année pour laquelle on dispose de données comparables, puisque neuf pays – Corée, Grèce, Hongrie, Islande, Mexique, Portugal, République slovaque, République tchèque et Turquie – ont enregistré des hausses nominales supérieures à 40 %.Pour plus d’informations et de graphiques, voir www.oecd.org/ctp/impotssalaires. Commandez OCDE (2008), Les impôts sur les salaires 2006-2007 sur www.oecd.org/librairie, ISBN 9789264042124.L’affaire du Liechtenstein« Des réglementations excessives en matière de secret bancaire et l’insuffisance des échanges de renseignements concernant la fraude fiscale pratiquée par des étrangers constituent des vestiges d’un passé révolu et n’ont pas leur place dans les relations entre des sociétés démocratiques », a répondu le Secrétaire-général de l’OCDE Angel Gurría aux révélations de vastes fraudes fiscales de citoyens allemands par le biais du Liechtenstein. Largement relayées dans les médias ces dernières semaines, ces révélations ont suscité des enquêtes, dans d’autres pays également. Le Liechtenstein est l’un des trois derniers pays à figurer sur la liste de l’OCDE des paradis fiscaux non coopératifs, avec l’Andorre et Monaco. Établie en 2002, la liste comprenait initialement sept pays, dont quatre se sont depuis engagés à travailler avec l’OCDE et ses partenaires pour améliorer leur transparence. La liste a pour but de pointer les juridictions qui ne se conforment pas aux bonnes pratiques en matière d’échange de renseignements fiscaux et de transparence bancaire, et légalisent ainsi l’évasion fiscale de certains clients.« Tant qu’il existe des centres financiers qui refusent de coopérer dans le cadre des échanges bilatéraux de renseignements fiscaux et qui ne répondent pas aux normes internationales en matière de transparence, les résidents d’autres pays continueront à être tentés de continuer à échapper à leurs obligations fiscales », a déclaré M. Gurría.Pour plus de détails, voir www.oecd.org/fiscalite.ÉconomieLes derniers indicateurs composites avancés confirment le ralentissement économique dans la zone OCDE. L’indicateur pour la zone OCDE chute de 0,2 point en janvier, et perd 2,4 points par rapport à janvier 2007. Les dernières données indiquent également un possible recul en Chine et en Inde, ainsi qu’une expansion au Brésil et en Russie. L’indicateur composite avancé de l’OCDE, conçu pour signaler à l’avance les variations de l’activité économique, comprend de nombreux indicateurs : permis de construire, carnets de commandes, taux d’intérêt à long terme et indicateurs de confiance.La croissance du PIB a ralenti dans la zone OCDE, augmentant de 0,5 % au quatrième trimestre 2007, contre 0,9 % au trimestre précédent. La hausse du PIB américain était de 0,2 % au quatrième trimestre, soit bien moins que les 1,2 % enregistrés au troisième trimestre 2007. Le PIB japonais a augmenté de 0,9 %, contre 0,3 % au trimestre précédent. Pour la zone euro, la hausse du PIB était de 0,4 %, en baisse par rapport aux 0,8 % du troisième trimestre. La plus forte croissance annuelle a été enregistrée au Royaume- Uni (2,9 %), et la plus basse, en Allemagne et au Japon (1,8 %).L’inflation s’accentue alors que la hausse annuelle des prix à la consommation était de 3,5 % en janvier 2008, contre 3,4 % en décembre 2007. La hausse mensuelle était de 0,2 % en janvier, stable par rapport à décembre. Hors prix de l’alimentation et de l’énergie, les prix à la consommation ont subi une hausse annuelle de 2 % en janvier, contre 2,1 % en décembre. Les prix de l’énergie ont augmenté de 13,7 % sur un an en janvier, contre 12 % en décembre. La hausse annuelle des prix de l’alimentation était de 5,1 % en janvier, et de 4,9 % en décembre.L’indice des prix à la consommation (IHPC) a connu une hausse annuelle de 3,2 % en janvier dans la zone euro et de 4,3 % aux États-Unis, tandis que ce chiffre n’était que de 0,7 % au Japon. Les prix de l’alimentation ont fortement augmenté dans certains pays : 12 % en République tchèque, 13,7 % en Hongrie. Les prix de l’énergie ont connu une hausse de 18 à 20 % en Finlande, Grèce, Norvège et aux États-Unis.Le chômage était à 5,5 % dans la zone OCDE en janvier 2008, stable par rapport au mois précédent et en baisse de 0,3 point de pourcentage sur un an. Ce taux était de 7,8 % en France, en baisse de 0,1 point sur un mois, et de 0,9 point sur un an.La croissance du commerce de produits dans les pays du G7, corrigée des variations saisonnières, était de 2,6 % pour les exportations, et de 2,2 % pour les importations au troisième trimestre 2007, soit la plus forte croissance trimestrielle depuis 2005.VerbatimSur le Liechtenstein…
« L’évasion fiscale est le deuxième plus vieux métier du monde, et au moins aussi difficile à contrôler. »
Mike Warburton, Grant Thornton, The Independent, 5 mars 2008, traduction de L’Observateur de l’OCDE.… l’éducation…
« Plus de diplômés, moins d’alphabétisation : ce n’est pas une formule gagnante. »
The Gazette, Canada, 2 mars 2008, traduction de L’Observateur de l’OCDE.…et la banque
« Aucun secteur ne met autant de talent à privatiser les gains et à collectiviser les pertes. »
Martin Wolf, économiste du Financial Times cité dans le Guardian, 23 janvier 2008, traduction de L’Observateur de l’OCDE.Les promesses de l’EstLes investissements étrangers ont atteint des niveaux records dans les pays de l’OCDE. C’est particulièrement manifeste dans les pays d’Europe de l’Est, où les économies de l’OCDE, relativement fermées aux investissements étrangers il y a 15 ans, sont aujourd’hui parmi les plus dynamiques de la zone OCDE. Selon la dernière édition de Investment News, l’investissement direct étranger (IDE) vers la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie a augmenté en moyenne de 23 % par an pendant la dernière décennie. Restés très dynamiques, les flux de capitaux vers ces pays sont fortement liés au boom du secteur automobile, en particulier manufacturier et d’assemblage.Les États-Unis, qui génèrent 229 milliards de dollars de flux d’IDE, demeurent le premier investisseur à l’étranger, suivis de la France avec 152 milliards. De janvier 2007 à septembre 2007, les flux totaux nets de capitaux vers l’étranger issus de la zone OCDE ont atteint 359 milliards USD, le plus haut niveau jamais atteint. Près des deux tiers proviennent de la France, l’Allemagne, le Japon, le Luxembourg, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.Pour plus de données, voir Investment News n° 6, mars 2008 (en anglais uniquement), sur www.oecd.org/daf/ investissement.Visite brésilienneGuido Mantega, le ministre des Finances du Brésil, s’est rendu au siège de l’OCDE en février 2008.Le Brésil est l’un des cinq grand pays émergents non-membres avec lesquels les 30 pays-membres de l’OCDE mènent un programme « d’engagement », qui inclut également la Chine, l’Inde, l’Indonésie et l’Afrique du Sud (voir En bref, n° 264/265, décembre 2007-janvier 2008, www.observateurocde.org/enbref). L’OCDE travaille avec le Brésil depuis longtemps déjà, ce qui a donné lieu à plusieurs rapports : voir www.oecd.org/bresil.Best of…La lutte contre de nombreux problèmes environnementaux a beaucoup progressé dans les pays de l’OCDE (…). Est-ce pour autant suffisant et ces pays sont-ils vraiment sur la voie d’un développement écologiquement viable ? La réponse est malheureusement « non ».
Joke Waller-Hunter, « Environnement : des paroles aux actes », n° 226/227, été 2001.


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