Ouverture, représentativité et pertinence

Secrétaire général de l’OCDE
La Réunion de 2008 du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres et le Forum, points culminants du calendrier de l’OCDE, ne pourraient avoir lieu à un moment plus opportun. Les questions que nous allons examiner et les réponses que nous nous efforcerons d’y apporter devraient préparer la voie à une meilleure économie mondiale.

Christine Lagarde, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Emploi de la France, pays hôte de l’Organisation, présidera cette réunion.
Nous accueillerons cette année les cinq pays candidats à l’adhésion (Chili, Estonie, Israël, Slovénie, Russie), de même que l’Afrique du Sud, le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Indonésie, partenaires dans notre programme d’engagement renforcé.Nous traversons une période compliquée. Les turbulences des marchés financiers, la débâcle des crédits à risque et la flambée des prix des produits de base ont ramené à la baisse nos prévisions de croissance depuis l’an dernier. Les prix des produits énergétiques et alimentaires se sont envolés, attisant les tensions inflationnistes. Le chômage est en hausse dans plusieurs pays, et le commerce mondial ralentit.C’est précisément dans ces moments que les gouvernements des pays de l’OCDE doivent garder la tête froide et se concentrer sur l’essentiel. Il est absolument indispensable de renforcer l’économie mondiale, et l’action résolue des gouvernements et des banques centrales commence à restaurer la confiance sur les marchés.Le principal défi, pour notre avenir à tous, est celui du changement climatique. Nous devons le relever sans tarder, et c’est la raison pour laquelle nous avons choisi l’économie du changement climatique comme thème principal de la réunion ministérielle cette année.L’OCDE se préoccupe du changement climatique depuis plus de 20 ans et elle est donc bien placée pour contribuer à la mise en place d’une base économique solide pour l’architecture de l’après-Kyoto.Les Perspectives de l’environnement de l’OCDE parues en 2008 contiennent un puissant message positif repris par les ministres de l’environnement lors de leur réunion en avril : grâce à de nouvelles politiques, nous pouvons surmonter le changement climatique tout en préservant la compétitivité économique.L’OCDE s’efforce de dégager un consensus sur les principales questions : les coûts de l’action et de l’inaction, l’élaboration de politiques promouvant l’innovation, l’adoption de technologies propres dans les secteurs de l’énergie et des transports et la définition d’actions pour les pays en développement. Les ministres de l’OCDE doivent profiter dès maintenant de ce terrain d’entente en recourant plus largement à des instruments économiques, notamment en donnant un prix au carbone, afin de stimuler une croissance efficiente et sobre en carbone.Nous allons aussi nous pencher sur la question des fonds d’investissement souverains. Leur taille, leur expansion et leur appartenance à des États ont pu faire craindre que leurs décisions soient motivées par des considérations politiques ou qu’ils ne ciblent des actifs sensibles du point de vue de la sécurité.À la demande de ses membres, l’OCDE a établi des lignes directrices et des pratiques exemplaires pour les pays destinataires de ces investissements, en complément des travaux réalisés par le FMI sur les fonds eux-mêmes.Nous avons examiné la question avec les pays de l’OCDE et des pays non membres, des partenaires sociaux et des responsables de fonds souverains. Au vu des règles d’investissement déjà bien établies, il en ressort que de nouvelles réglementations sur les fonds souverains ne paraissent pas nécessaires, et que les gouvernements devraient maintenir des régimes d’investissement ouverts et justes afin de rétablir la confiance entre les fonds souverains et les pays destinataires de leurs investissements. Avec leurs bonnes performances, ces fonds pourraient devenir un formidable facteur de développement.Cela soulève une autre question cruciale pour les ministres de l’OCDE cette année : une fois encore, les pauvres du monde sont en proie à de graves difficultés, dues cette fois au renchérissement des denrées alimentaires. Celui-ci affecte en effet particulièrement les pauvres des zones urbaines et les pays importateurs de produits alimentaires, notamment en Afrique. De nombreux facteurs sont en cause : mauvaises récoltes, forte demande, concurrence des biocombustibles et spéculation.Une aide humanitaire sera nécessaire, mais le protectionnisme commercial ne fera pas baisser les prix. Des échanges ouverts et accrus peuvent en revanche y contribuer, et sont indispensables pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement. Les membres doivent redoubler d’efforts afin d’assurer une conclusion favorable au cycle de négociations de Doha pour le développement. Une réduction de 50 % des tarifs douaniers et autres mesures faussant les échanges se traduirait par des gains de bien-être de plus de 40 milliards de dollars à l’échelle mondiale, principalement au profit des pays pauvres.Cette année, la réunion ministérielle est cruciale pour l’avenir de l’Organisation et l’approfondissement des réformes en cours. L’OCDE a besoin de ressources financières pour préserver sa capacité à long terme et renforcer sa réactivité et son impact, dans l’intérêt de ses membres. Il y aura toujours de nouveaux défis : inégalités, migrations, pauvreté, gouvernance, santé, rareté de certaines ressources dont l’eau douce. L’OCDE doit pouvoir les relever pour accomplir sa mission : contribuer à une meilleure économie mondiale. Notre organisation devient plus ouverte, représentative et pertinente et constitue une plate-forme de dialogue sur les questions mondiales. Cela exige une action multiple, incluant un investissement dans la qualité de nos travaux, des alliances stratégiques avec d’autres organisations et le renforcement des communications à tous les niveaux.Je ne doute pas que les discussions de la réunion ministérielle du Conseil de 2008 seront fructueuses. En menant des politiques appropriées, en mettant à profit notre expérience et en faisant preuve de détermination, nous pouvons relever les défis avec confiance et oeuvrer à un avenir meilleur pour tous.©L’Observateur de l’OCDE n° 267, mai-juin 2008


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