Réduire les turbulences

Secrétaire général de l’OCDE
Si, comme l’a écrit Shakespeare, le monde entier est une scène, le titre de la pièce en ce début 2008 pourrait être « L’orage se prépare ». Avec une économie américaine flirtant avec la récession, une zone euro perdant de sa vigueur avec une monnaie forte, un baril de pétrole proche de 100 dollars, des prix mondiaux atteignant des niveaux records pour les produits alimentaires et les matières premières et un changement climatique qui s’aggrave, il semble bien que nous entrions dans une zone de turbulences.
L’OCDE n'est pas là pour dire : « Attachez vos ceintures ! » – beaucoup le font déjà – mais pour présenter des scénarios, déterminer les bonnes pratiques et élaborer des solutions novatrices, de manière à réduire les turbulences et à assurer un atterrissage en douceur.Pour inverser ces tendances négatives, il faudra un degré extraordinaire de coopération multilatérale et énormément de créativité. Nous pouvons faire la différence et l’OCDE apporte déjà une contribution précieuse.Nos pays membres nous ont confié un grand nombre de mandats importants et il nous faudra beaucoup de travail, de talent et de coordination pour les mettre en oeuvre. En 2008, l’OCDE devra faire avancer ces initiatives en consolidant son rôle de pivot de la mondialisation.Nos succès de 2007 me permettent de constater avec satisfaction que l’organisation sait s’adapter à un monde en constante mutation avec une flexibilité et à un rythme tout à fait remarquables.Prenons l’exemple des discussions avec le Chili, l’Estonie, Israël, la Russie et la Slovénie. Les feuilles de route pour l’adhésion ont déjà été transmises aux capitales des pays candidats et les missions de démarrage ont déjà commencé.Notre processus d’« engagement renforcé » avec cinq des grandes économies émergentes – Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde et Indonésie – a aussi pris sont élan, ces pays participant de plus en plus aux travaux de l’OCDE.Cette « ouverture » historique donne à l’OCDE un nouveau poids et une nouvelle importance dans les affaires mondiales.D’autres initiatives témoignent de cette OCDE plus dynamique et plus pertinente, parmi lesquelles la création de l’Unité de soutien au processus de Heiligendamm afin de faciliter le dialogue du G8 avec les grands acteurs mondiaux émergents, et le Partenariat pour une gouvernance démocratique, qui aidera les nouvelles démocraties et les États fragiles à renforcer leurs capacités. Notre collaboration dans le domaine du développement avec les autres organisations internationales comme la Banque mondiale, l’OMC, le PNUD et les banques régionales de développement n’a jamais été aussi étroite.Dans le domaine de l’économie politique de la réforme, nous aidons des pays aussi divers que le Mexique, la Hongrie et la France à créer les conditions nécessaires à une croissance durable et renforcée. Notre enquête PISA sur les performances des élèves est devenue une référence internationale pour l’amélioration des systèmes éducatifs, ce modèle étant maintenant aussi utilisé pour les adultes. Dans le secteur de la santé, nous attirons l’attention du monde entier sur les maladies infectieuses négligées. À la Conférence des Nations unies sur le changement climatique de Bali en décembre, nous avons démontré notre capacité à proposer des solutions novatrices et à éclairer la voie pour relever ce qui sera le défi mondial majeur de ce siècle. Nous poursuivrons nos efforts en avril lors de notre réunion ministérielle consacrée à l’environnement, et à nouveau en juin, lors de notre réunion du Conseil au niveau des ministres, qui s’intéressera à l’économie du changement climatique.En attendant, la mise en oeuvre de la Stratégie de l’OCDE pour l’innovation progresse, pour aider nos membres à améliorer leurs performances économiques en investissant dans la recherche, les nouveaux produits à valeur ajoutée et les nouvelles activités qui s’offrent aux entreprises. Une solide économie mondiale nécessite également des mesures pour renforcer les infrastructures, dont Internet, encore en pleine évolution. C’est précisément l’avenir d’Internet qui sera au centre d’une importante réunion ministérielle à laquelle les pays membres participeront en Corée en juin prochain.Nos travaux doivent également avancer dans de nombreux autres domaines, notamment les migrations, le travail, la gouvernance, la concurrence, les échanges et l’agriculture. Mais les défis que nous avons à relever ne sont pas uniquement d’ordre externe. Nous sommes également engagés dans un processus de réforme interne, pour renforcer les bases institutionnelles de l’OCDE. Notre statut du personnel et financier, y compris nos mécanismes d’audit, notre budget et notre politique des ressources humaines, tout cela doit être réexaminé pour que l’OCDE puisse progresser et être à la hauteur des nouveaux défis.Ce début d’année marque également l’ouverture de notre très moderne centre de conférence à Paris, expression concrète du nouveau chapitre qui s’ouvre dans l’histoire de cette institution.En effet, l’OCDE n’est pas un simple groupe de fonctionnaires internationaux, d’économistes ou de diplomates : nous sommes une équipe multiculturelle convaincue qu’une nouvelle réalité est possible. Comme l’aurait dit Woodrow Wilson : « Nous sommes là pour que le monde puisse vivre plus pleinement, avec une vision plus large et un meilleur sens de l’espérance et de l’accomplissement. Nous sommes là pour enrichir le monde, et nous nous appauvrissons si nous oublions cette mission ».L’OCDE a pour tâche d’aider à transformer notre monde en l’améliorant. En travaillant durement et talentueusement, grâce à l’engagement de nos pays membres, nous pourrons faire face à l’orage qui s’annonce et bâtir pour chacun un avenir meilleur.©L’Observateur de l’OCDE n° 264/265, décembre 2007-janvier 2008


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