Pour un avenir plus juste et intelligent

Secrétaire général de l’OCDE

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L’économie mondiale connaît sa cinquième année consécutive de croissance. L’expansion de la zone OCDE a bénéficié du dynamisme de grandes économies non membres, d’Asie en particulier. La mondialisation a aidé ces pays à relever leur niveau de vie et à réduire la pauvreté.
De fait, la participation de la Chine, de l’Inde et d’autres nations non membres de l’OCDE aux échanges économiques mondiaux s’est rapidement intensifiée : elles représentent aujourd’hui environ la moitié du PIB mondial (à parité de pouvoir d’achat), environ 40 % des exportations mondiales et près de la moitié de la consommation mondiale d’énergie. Ces pays investissent aussi massivement à l’étranger. En dépit de ses succès, il existe à travers le monde une méfiance, voire un rejet à l’égard de la mondialisation. La recrudescence de mesures protectionnistes et les difficultés du cycle de négociations commerciales de Doha en témoignent. Pour beaucoup, la mondialisation s’accompagne d’un creusement des inégalités, de précarité et d’insécurité de l’emploi. Nous sommes en outre confrontés à d’autres défis requérant des réponses globales : le changement climatique, la pauvreté endémique ou encore la raréfaction des ressources naturelles, dont l’eau et l’énergie.Il est primordial aujourd’hui de retrouver foi en la mondialisation. Dans cet objectif, nous devons surmonter certaines difficultés et garantir une répartition équitable des avantages de la mondialisation, tant à l’intérieur des pays qu’au niveau international. L’OCDE est bien placée pour contribuer à cet effort.Recueillir les fruits de la mondialisation demande une réallocation constante des ressources humaines et des capitaux entre les secteurs de nos économies, ce qui rend les réformes opportunes d’autant plus nécessaires. Il faut également améliorer le dialogue entre les pays et entre les gouvernements et leurs citoyens.Dans ce contexte, nous croyons en une articulation nouvelle entre croissance, innovation et équité, qui pourrait éclairer la voie à suivre. Ce seront les thèmes principaux de réunion du Conseil au niveau des Ministres et du Forum, qui se tiendront en parallèle au mois de mai.Depuis des siècles, l’innovation participe pleinement à la hausse du niveau de vie. Aujourd’hui, son impact sur la croissance est renforcé par la mondialisation. L’intensification de la concurrence et un plus large accès à de nouvelles idées et technologies sont au cœur de ce nouveau paradigme de l’innovation. Dans le même temps, l’apparition de nouveaux concurrents avive les pressions sur les pays de l’OCDE en faveur de l’ajustement et de l’innovation.En bref, l’innovation est un moteur essentiel de la compétitivité, du développement économique et du progrès social. La mondialisation elle-même est un produit de l’innovation. L’amélioration des communications, l’intégration financière, la connaissance et la connectivité à l’échelle mondiale ont rendu nos économies interdépendantes et contribué à leur enrichissement culturel grâce à l’intensification des échanges de biens, de services, d’idées, de valeurs et de compétences.L’innovation est également au cœur des stratégies d’entreprise : pour la multinationale comme pour la petite entreprise, elle peut faire ou défaire l’avantage compétitif. On estime que près de la moitié du PIB des États-Unis est lié à la propriété intellectuelle. Et compte tenu de la nécessité d’un effort en matière de R-D, de nombreux responsables politiques voient en l’association entre universités et entreprises un espace d’avenir. L’UE s’est fixé comme objectif de porter la R-D à 3 % du PIB à l’horizon 2010. Et la Chine, selon les estimations de l’OCDE, compte maintenant parmi les premiers investisseurs en R-D au monde. De nombreux citoyens s’inquiètent des éventuelles répercussions de la mondialisation sur le niveau de vie et la sécurité de l’emploi. Mais son impact réel dépend de la mise en œuvre de politiques avisées, par exemple la réduction des obstacles à la création d’entreprises ou la valorisation des compétences des travailleurs.Nous savons que l’innovation est essentielle pour trouver des solutions aux défis planétaires. Mais l’innovation peut aussi creuser les inégalités dans le monde, car elle est fortement concentrée dans un nombre restreint de pays prospères. Ceci influe sur la répartition mondiale des revenus et des opportunités. On connaît la fracture numérique, mais il y a également une fracture de l’innovation. Trop de gens sont privés des avantages qui y sont associés et risquent de s’en trouver marginalisés. L’aggravation des inégalités peut nuire à la mondialisation, mais l’accès à l’innovation est au contraire porteur d’espoir. L’innovation peut apporter des solutions aux défis du développement. Nous disposons du savoir-faire et de la technologie pour réussir.L’innovation a besoin de marchés ouverts pour prospérer, mais elle doit également s’assortir de politiques publiques novatrices. Le talent est un ingrédient indispensable à la réussite du processus. La fuite des cerveaux, qui peut être un mal tolérable pour les pays de l’OCDE, affaiblit excessivement les pays pauvres. Nous devons renforcer notre collaboration avec les économies en développement pour les aider à développer et améliorer leurs systèmes éducatifs, et à construire leur économie de sorte qu’elle puisse profiter des talents locaux.L’apport de technologie fait partie de l’équation. Le projet « un ordinateur portable par enfant » offre un exemple éloquent d’une initiative simple, mais d’une portée considérable.La relation dynamique entre innovation, croissance et équité peut être un vecteur essentiel de progrès humain. Transformer ce potentiel en réalité nous aidera à construire un avenir plus intelligent, plus prospère, et plus juste. ©L’Observateur de l’OCDE N°261, Mai 2007


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