Investir en Russie

Il est nécessaire que la Russie intensifie ses efforts pour attirer l’investissement direct étranger (IDE) à la suite des mesures qu’elle a prises récemment pour rendre le rouble totalement convertible. Cela renforcerait son économie et réduirait sa dépendance à l’égard des recettes pétrolières et gazières, selon des analystes de l’OCDE.
Un nouvel Examen de l’OCDE des politiques de l’investissement – Fédération de Russie : pour une politique de l’investissement plus transparente (2006), analyse l’évolution du cadre réglementaire de l’investissement en Russie au cours des dernières années. Cette étude constate que si l’IDE a progressé au cours des deux dernières années, la Russie attire relativement peu d’investissements par rapport aux pays de l’OCDE ou à d’autres économies émergentes, compte tenu de sa taille et de son niveau de développement. L’IDE en Russie a atteint 14,6 milliards de dollars US en 2005, mais il était au-dessous de 3 % du PIB, chiffre inférieur par exemple aux 4,9 % observés pour la Pologne.Le 1er juillet 2006, la Russie a supprimé tous les contrôles des changes applicables au rouble, le rendant totalement convertible. Bien que cette mesure soit positive, et conforme aux recommandations formulées par l’Examen de l’OCDE des politiques de l’investissement de 2004, elle devra, selon les experts de l’OCDE, être accompagnée d’autres mesures pour avoir une incidence durable.Une part importante des flux d’investissements étrangers enregistrés jusqu’à présent provient probablement d’actifs russes détenus à l’étranger et réinvestis en Russie, plutôt que d’investisseurs étrangers apportant des capitaux nouveaux dans l’économie russe, selon l’OCDE. C’est ainsi qu’en 2005, 28 % de l’IDE provenait de Chypre.Pour concrétiser pleinement son potentiel en matière d’investissement, compte tenu de ses ressources naturelles, de son vaste marché intérieur et de ses salaires relativement faibles, il est nécessaire que la Russie mette fin aux restrictions auxquelles doivent faire face les étrangers désireux d’investir dans des entreprises. Malgré des progrès notables, les obstacles restent importants dans certains secteurs, notamment ceux de l’énergie, des assurances et des transports, et l’étude de l’OCDE préconise leur réduction.La corruption est toujours un problème majeur en Russie, et une amélioration de la transparence des politiques suivies est nécessaire. L’obtention des permis de travail prend du temps, de même que l’enregistrement de terrains ou de biens immobiliers. La durée de ces procédures devrait être réduite. Par ailleurs, de nouvelles réglementations sont souvent instaurées sans consultation préalable des entreprises, ce qui accentue le manque de prévisibilité.La nouvelle législation relative aux zones économiques spéciales et aux « concessions » adoptée par le Parlement russe en 2005 constitue une mesure positive, selon le rapport, mais il est nécessaire d’appliquer ces réglementations, notamment pour les concessions, d’une manière transparente et non discriminatoire afin qu’elles permettent d’attirer de nouveaux investisseurs étrangers. Un projet de loi sur les secteurs stratégiques, qui devrait être examiné par le Parlement russe en décembre 2006, constituera un révélateur de la volonté de transparence du gouvernement, notamment dans le secteur de l’énergie. L’OCDE recommande que ce projet de loi sur les secteurs stratégiques définisse avec précision les secteurs concernés et limite le champ d’application des restrictions aux prises de contrôle étrangères sur des entreprises nationales.L’Examen de l’OCDE des politiques de l’investissement – Fédération de Russie : pour une politique de l’investissement plus transparente (2006), sera disponible prochainement sur  SourceOCDE ou www.ocdelibrairie.org .Contacter Blanka.Kalinova@oecd.org , division de l’Investissement de l’OCDE. L'Observateur de l'OCDE N° 256, juillet 2006


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