Le malaise est profond face à la mondialisation

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OCDE Observateur
Moderated by Shirley Williams
Tous les acteurs économiques en sont conscients, le malaise est profond face à la mondialisation dont les nombreuses implications requièrent dialogue et coopération entre les forces à l’oeuvre, soit les représentants de la société civile, les organisations internationales et les gouvernements. D’autres formes de coopération s’instaurent, augurant d’un nouveau partenariat. C’est même l’un des fondements sur lesquels les Nations Unies s’efforcent de bâtir leur nouvelle architecture en poursuivant leur « révolution calme », a souligné son vice - secrétaire générale, Louise Fléchette : en témoigne d’ailleurs le rapport « 2000 : un monde meilleur pour tous » qui a mobilisé ensemble et pour la première fois quatre agences : l’organisation des Nations Unies, l’Organisation de coopération et de développement économiques, le Fonds monétaire international et le groupe de la Banque mondiale.Les objectifs de développement requièrent des partenariats forts avec les ONG et le secteur privé, à condition de forger de véritables stratégies pour le développement et non de simples alliances de convenance, a précisé Louise Fléchette. La première responsabilité incombe aux gouvernements des pays de l’OCDE comme par exemple l’allégement de la dette des pays les plus pauvres ou une aide au développement plus efficace. Il appartient aux autres acteurs que sont les organisations non gouvernementales et les entreprises de jouer un rôle spécifique. Ensemble, car les organisations non gouvernementales ont appris à travailler avec le secteur privé.La réflexion engagée par l’alliance entre économie et solidarité, développement et durabilité, mais aussi éthique et rentabilité ne déclenche pas pour Guy Hascoet, secrétaire d’Etat français à l’économie solidaire, un nouveau modèle économique mais une nouvelle vision économique. Cette nouvelle vision s’appuie, selon lui, sur une analyse qu’il appelle « l’illusion libérale » et qui s’est heurtée à son propre credo, l’efficacité. L’accroissement considérable du capitalisme financier au détriment du capitalisme industriel a fait basculer l’économie dans la dictature de l’instantanéité, estime-t-il encore. De son côté, la puissance publique ne sait pas et ne peut pas prendre en compte la totalité des besoins des populations. Il faudrait reconnaître la pluralité des démarches économiques et organiser leur complémentarité. De développement équitable et éthique, Pierre Sané, secrétaire général d’Amnesty International, en fait son cheval de bataille pour le XXI ème siècle. Pour ce faire, il demande aux entreprises de protéger et encourager le respect des droits de l’homme en développant des codes de conduite. Amnesty a engagé le dialogue avec les entreprises afin de les convaincre de jouer ce rôle en vertu des cinq principes suivants : la moralité, la légitimité des droits humains, le respect des règles de droit, la responsabilité du pouvoir et le droit du travail. Pierre Sané préconise que les entreprises entrent en contact avec les gouvernements locaux afin de travailler à l’élaboration d’un système de justice garantissant l’égalité devant la loi. Pourquoi ne pas faire du respect du droit de l’homme un élément essentiel de la nouvelle architecture de la mondialisation, a-t-il proposé.Sir Robert Wilson, directeur exécutif de Rio Tinto, une multinationale impliquée dans l’extraction minière, n’est pas certain que ce concept entre dans la vocation des entreprises, même si elles sont conscientes de leurs responsabilités sociales. Mais, indéniablement, leurs valeurs vont changer pour tenir compte des aspirations de la société. Cependant, pour Sir Robert, il ne leur appartient pas de s’immiscer dans les affaires politiques ou de procéder à des dons en faveur de partis politiques mais de se préoccuper du respect des droits de leurs employés. En revanche, Pierre Sané, estime qu’il est un mythe de penser que les entreprises ne participent pas à la vie politique.


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